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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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24 avril 2007 2 24 /04 /avril /2007 20:12

Nous connaissons tous cet homme élégant, au parler unique et aux manières délicates, réalisateur d’une des meilleures émissions télévisées sur le cinéma dans les années quatre vingt. Cet homme issu d’une des familles les plus célèbres de  France, cet homme qui paraissait au moins une fois par semaine sur notre petit écran, cet homme qui fréquentait depuis l’enfance la meilleure société, cet homme est un homme seul. Il se raconte dans «  la mauvaise vie ».

Enfant aimé et gâté, il ne s’est jamais senti fort. Hypersensible, il vivait un départ comme un abandon, un regard comme une promesse, il souffrait de tout et par tous, tout le temps. Adolescent, il suit ses grands frères, admiratif mais de plus en plus captif de sa propre personnalité qu’il sent différente et aussi gênante que son émotivité. Jeune homme, il vivra sa seule  histoire d’amour qui le rendra définitivement solitaire. Adulte, il parviendra à une véritable réussite professionnelle, et s’il est entouré de milles stars, il restera malgré tout, pour Une, le fan idiot et terriblement touchant.

En 2005, il nous livre tous ses terribles secrets avec une élégante impudeur et par une très belle écriture. En refermant son livre, on a envie de le prendre dans ses bras, de lui téléphoner pour lui donner rendez-vous et d’être certain que si on le faisait, il viendrait !

De très, très belles confessions.


Extraits choisis...

« Le truc le plus moche qui est enraciné au cœur de cette histoire c’est le mépris ; celui du garçon pour celui qui le paye, celui du type qui paye à l’égard du garçon, celui des gens pour ce genre de transaction qui paraît déplaisante à presque tout le monde. On peut fanfaronner en rappelant que c’est une pratique qui remonte à la nuit des temps, invoquer légèrement la commodité et le plaisir, ça ne sert à rien de faire  le malin, les avantages restent pervers : le mépris protège le garçon qui se croit indemne, il flatte le désir de puissance du client, il permet à chacun de rejouer indéfiniment tous les rôles de l’humiliation et de la honte. Le vieux qui paye, c’est dégoûtant, le jeune qui paye c’est encore pire : il se dérobe à des risques de son âge en usant de l’arme déloyale de l’argent ; faussaire en séduction, trafiquant de sentiments, tricheur de l’amour… » (page 163)

 « On sait que le charme ne s’explique pas, on pourrait en aligner toutes les nuances sans épuiser les raisons de l’emprise qu’exerçait le sien sur les êtres. La liberté et l’intelligence, le talent et l’élégance, la profondeur et l’impertinence, toutes ces clés peuvent servir pour approcher des personnalités moins singulières mais l’essentiel leur échappe quand il s’agit d’elle. On pourrait tout mettre sans se tromper, ce serait encore un problème d’une grande complexité que d’ajuster l’ensemble, distrayant comme les jeux de société ne le sont plus, angoissant comme tout ce qui résiste à l’analyse, impossible à résoudre; elle nous a laissé des centaines de pistes où l’on a tout loisir de s’égarer gaiement, il n’empêche qu’elle est partie avec la solution… Je l’admirais et j’étais aussi intimidé par elle, deux attitudes qu’elle récusait en se moquant de moi gentiment, qui me paralysaient moins lorsque je me retrouvais en sa présence, fasciné par la verve, l’humour, la vivacité, cet entrelacs de vie et de poésie qui donnaient l’impression que tout scintillait autour d’elle, moi compris… » (page 261)

Infos...

Sortie: septembre 2006 chez Pocket
6,60 euros

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Published by Laurence Schmitt - dans Biographies & Autobiographies
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