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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 17:56

Du 14 au 28 avril 2008 trois professeurs du Lycée Paul Eluard, dont le photographe Nicolas Urlacher, emmènent une classe d’un lycée de Saint-Denis en reportage le long de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis : de San Diego à Tijuana en passant par Mexicali, les élèves sont invités à réfléchir sur le thème de "la frontière, lieu de rencontre et/ou de conflit". Historiens ou journalistes en herbe, les élèves sont invités à jouer les reporters pendant une quinzaine de jours. CultureCie publiera certains de leurs tout premiers reportages.

Antécédents positifs : post-conflit en Irlande du Nord…

En 2006-2007, M. Jean-Pierre Aurières, professeur d'histoire, M. Cayrel, professeur d'anglais et Nicolas Urlacher, professeur d’espagnol, avaient déjà élaboré un projet pédagogique avec une classe de 1ère ES du Lycée Paul Eluard de Saint-Denis (93). Pendant un an, les élèves avaient réfléchi sur le thème "Vivre après le conflit". Un travail croisé sur toute l'année avait été effectué dans les différentes matières sur les thèmes de la réconciliation, de la paix et de la démocratie en étudiant des cas concrets comme la Colombie, le Rwanda, l'ex Yougoslavie et de l'Irlande du Nord.

Le travail s’était conclu par un voyage d'étude avec cette classe en Irlande du Nord, région engagée dans un processus de paix depuis quelques années. Ce voyage intervenait une semaine avant que les deux camps historiquement ennemis ne siègent ensemble pour la première fois au Parlement de Belfast.

A Belfast et Derry, les élèves ont rencontré nombre de personnalités engagées dans le processus de paix, dont des ex-prisonniers républicains et loyalistes, ayant écopé de lourdes peines de prisons puis ayant été relâchés lors du processus de paix. « Ces personnalités leur ont fait découvrir les différents théâtres du conflit récent, et leur ont fait partagé leur vision et leur engagement dans le processus de réconciliation, confient les professeurs. A la fin du voyage nous avons eu le grand privilège d'être reçus par John Hume, Prix Nobel de la Paix, sur le campus de l'Université de Derry. Une heure de conférence pour les élèves sur son engagement pour la paix, la nécessité du dialogue et de la tolérance. Un échange passionnant s'est engagé entre cet homme hors pair et nos élèves, manifestement impressionnés par ce moment historique. »

Le projet a permis aux élèves de s'ouvrir à d'autres problématiques, de réfléchir sur des concepts nouveaux, qui étaient au demeurant très vagues pour eux. Il a suscité des échanges très enrichissants entre les intervenants et eux-mêmes. « Très souvent nos interlocuteurs ont été favorablement surpris par la qualité de leur écoute et de leurs questions, confient encore les professeurs porteurs du projet. Quant au voyage c'est un truisme que de dire qu'il forme la jeunesse ; mais dans ce cas-là cet aphorisme fut d'une totale pertinence. Transportés dans un milieu très différent de leur milieu habituel nos élèves ont très vite trouvé leurs marques. Ils nous ont étonnés par la maturité de leurs réflexions et la qualité des questions posées. »

Au retour de cette première expérience, une journaliste du Journal de Saint-Denis avait recueilli les impressions enthousiastes des élèves et une exposition de photos avait concrétisé les acquis. Avant le voyage, une petite formation à la prise de vue avait été effectuée par Nicolas Urlacher, professeur d’espagnol au lycée et photographe indépendant par ailleurs. L’équipe avait fourni de petits appareils numériques aux élèves afin que ces reporters en herbe puissent eux aussi laisser une trace personnelle lors de l'exposition. Devant ce bilan très positif, élèves et professeurs entendaient bien renouveler l’expérience.

La frontière mexicaine vue par une nouvelle classe…

Après bien des efforts pour arriver à récolter les fonds nécessaires au renouvellement d’une telle expérience, cette année, 30 élèves de la classe de 1ère ES1 du Lycée Paul Euard de Saint-Denis effectueront un nouveau voyage d'étude : cette fois, ce sera le long de la frontière qui sépare le Mexique des Etats-Unis, entre San Diego et Tijuana, du 14 au 26 avril 2008.

Avant le voyage, les élèves ont abordé le thème de la frontière de manière transversale, avec leurs différents professeurs. Lieu de rencontres, d'échanges et de séparation, le thème est riche en problématiques. Ils ont étudié au préalable les cas des frontières américano-mexicaine, chyprio-turque, la frontière Timor-Indonésie, l'espace méditerranéen et enfin l'interface israélo-palestinienne. Des personnes extérieures, spécialistes de ces questions et de ces zones géographiques, sont intervenues en classe en plus des trois professeurs d'anglais (Martin Cayrel), d'histoire-géographie (Jean-Pierre Aurières) et d'espagnol (Nicolas Urlacher) qui sont toujours les organisateurs du projet et les accompagnateurs et responsables du voyage.

Les élèves ont également été préalablement formés à une approche journalistique des réalités qu'ils vont appréhender : après une formation à la prise de vue photographique et à la post production des images faites, ils ont assisté à des ateliers de sensibilisation à la prise de note journalistique et à l'écriture d'articles, et ont enfin appris à créer un blog, qui sera mis en ligne pendant le voyage et alimenté chaque soir par les photos et comptes-rendus quotidiens.

Armée de tous ces préparatifs, la classe est invitée à réfléchir, sur place, à trois problèmes particuliers relevant du thème de la frontière : la problématique de l'immigration d’une part, le passage de la frontière et la clandestinité ; l’aspect économico-social de la frontière avec l'accord de libre échange (NAFTA) et enfin les identités culturelles existant de part et d'autre de la frontière.

Si le parcours de ce voyage de classe peu commun garde une grande place à l’improviste, les élèves connaissent déjà quelques-unes de leurs escales : la visite d’un centre d'accueil pour les candidats à l'immigration, la Casa del Migrante, est prévue à Tijuana, ainsi qu’une longue marche le long de différents points sensibles de la frontière à Tijuana : Mexicali et Tecate. Ils passeront du poste frontière de Tijuana à San Diego à pied, puis rencontreront divers acteurs vivant au quotidien à la frontière. D’abord la Border Patrol, chargée de surveiller la frontière du côté américain, puis diverses associations : les « Minutemen », association de nationalistes américains surveillant la frontière de manière volontaire, pour alerter la patrouille s'ils localisent des clandestins, puis les « Border's Angels », association qui, entre autres, pose des réserves d'eau sur les points de passage des migrants dans le désert afin que ceux-ci survivent aux conditions climatiques qui peuvent être mortelles. Nos reporters en herbe rencontreront enfin des travailleurs de "maquiladoras", et des membres de l'association « Support Committee for Maquiladora Workers » avant de visiter une école de San Diego et une de Tijuana puis, enfin, le Chicano Park.

Une initiative courageuse, que nous suivrons de près dès le 14 avril.

Actualité & politique sur CultureCie...

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10 mars 2008 1 10 /03 /mars /2008 16:35

Entre scandales et silences, « Salade Maison » fait rage : le documentaire de l’égyptienne Nadia Kamel revisite le passé d’une famille multi-ethnique pour raconter l’identité d’un enfant. Pas évident, quand on n’a pas envie de raconter de salades aux enfants ni aux spectateurs, de revenir sur les traces d’une famille d’exilés, où islam et judaïsme cohabitent pour former une diaspora désunie. S'agit-il d'un documentaire engagé ? Dans sa fresque familiale, Nadia Kamel pose des questions politiques très anciennes, mais de manière nouvelle. CultureCie a voulu revenir, pour l’occasion, sur les mythes et les réalités qui sous-tendent un débat… vieux comme Virgile !

Melting-pot : Virgile & l’Amérique !

Pas si simple en effet de dresser le portrait d'une
« salade maison », et d’ailleurs pas si nouveau : « Salade maison », métaphore culinaire et familiale, fait explicitement écho au « melting pot », et plus précisément au « salad bowl » qui caractériserait l’identité américaine : le multiculturalisme. Mais bien avant le « melting pot », il existait une autre métaphore culinaire : celle de Virgile, « color est e pluribus unus ». Il s’agissait déjà de cuisine : de plantes, d’huile d’olive, le mélange formant un « moretum », une boule de fromage qui a changé de couleur car elle a été teintée par les herbes ! Miracle : « la multitude des couleurs se fond en une seule », tel est ce que dit Virgile.

Nadia Kamel ne remue pas qu’un passé familial avec ce documentaire : elle remue les questions politiques centrales qui traversent toute l’histoire de la pensée, et l’histoire de nos nations. L’identité d’un enfant, comme l’identité d’une nation, est une définition difficile, et soulève des questions fondatrices.

L’expression « melting pot » ou « salad bowl » remonte en effet au véritable sens de la devise « E Pluribus Unum » et, ironie d’une histoire trop souvent oubliée, l’Amérique, elle aussi, a dû choisir, comme le disait Horace Kallen , entre la « Kultur Klux Klan et le pluralisme culturel »* . Car oui, il y a eu des campagnes d’américanisation à 100% dans les années 20 aux Etats-Unis, comme il y a eu « l’assimilation » durant la colonisation.

La question du pluralisme est celle des guerres de religion et des « contractualistes »… celle de Hobbes, de Rousseau, mais aussi celle de Kant. Autrement dit, c’est une question centrale dans la pensée des Lumières, une question aussi, qui a donné naissance à nos nations telles qu’elles existent aujourd’hui.

Des « modèles » ?

Au vingtième siècle, on a assisté au renouveau de ce débat, en particulier aux Etats-Unis. Les « communautariens », qui se réclament d’Aristote, s’opposent alors aux « libertariens », qui se rangent derrière Kant, avec toujours la même question de fond : comment organiser au mieux la coexistence entre différentes religions, différentes cultures, différentes ethnies ? Faut-il donner le primat aux ethnies et aux communautés, ou bien à un universel, dans lequel tout le monde puisse se reconnaître ? La première solution peut mener à l’anarchie ; la deuxième risque de faire des exclus…

Et ces questions remuent encore les pays occidentaux : la pensée du pluralisme, qui a modelé nos régimes libéraux et alimenté les débats philosophiques fondateurs des nations occidentales, fait encore couler beaucoup d’encre. L’ « affirmative action » est finalement encore très jeune, et la question du voile, qui a remué la laïcité française ces dernières années et a poussé le modèle français à se réinterroger sur ses fondements et ses buts, en témoigne.

Le titre même du documentaire de Nadia Kamel invite à penser un multiculturalisme sémite et à mettre en place une coexistence politique viable entre les différentes ethnies qui composent les peuples des pays du Moyen Orient. La réponse des extrêmes, évidemment, n’est pas satisfaisante. Mais celle de l’occident non plus : le modèle occidental est pensé sur le modèle d’une stricte séparation entre le public et le religieux, séparation rendue possible dès lors que l’on accepte de reléguer le religieux à la sphère privée. Comment pourrait-on l’appliquer dans une région faite de nations fragiles, et caractérisée par la présence d’Israël - un pays défini par la religion ?

Surtout, l’alternative occidentale est possible, historiquement, dès lors que le modèle de l’empire est cassé pour accéder à ce que nous avons appelé la « modernité » : la nation. Dans sa « Raison des nations », Pierre Manent rappelait qu’ « au terme du processus des nations chrétiennes, la forme politique avait changé de définition – d’empire elle était devenue nation -, et la forme religieuse, de substance, ou substantif, était devenue attribut ou adjectif. »  Or, ajoute-t-il « l’islam n’a pas connu une telle transformation ou une transformation analogue. » Et de conclure : « Objectivité abrupte de l’islam, pente subjective de l’Occident. Des deux côtés, on est à la recherche de ce qui manque, à la recherche de son contraire ou de son complément. »* Aucun modèle ne pourra jamais être parfait, reste qu'à l'évidence, un modèle oriental reste à inventer, et c'est, sans doute, ce que commence à faire Nadia Kamel en faisant face aux intrications - familiales - mutuelles d'Israël et d'un pays arabe: l'Egypte.

Exils : belle humanité universelle… mais à quel corps politique ?

Le documentaire de Nadia Kamel a pour but de répondre a des questions enfantines : celles d’une identité. Il s’agit d’un enfant, pas vraiment apatride, mais muni d'un passeport de courtoisie, ne lui permettant pas de jouir de toutes les libertés d'un pays qui ne le reconnaît qu'à moitié. C'est finalement un passeport écran, une liberté d'apparence. En France, une palestinienne confie qu'un passeport lui a bien été délivré: à la ligne "nationalité", il est inscrit "apatride": la Palestine n'est pas reconnu comme un Etat.
Sans patrie ou avec une demie-patrie, une demie-reconnaissance, que sommes-nous ? Sans Etat ou reconnus "à demi", que sommes-nous ? Malgré leurs défauts et leurs guerres, les nations constituent bien un corps politique dans lequel il est possible d’établir des règles, de s’entendre, de… remédier à l’état de nature ! Suffirait-il que nous adhérions tous aux mêmes principes humanistes pour nous entendre ? Pas si sûr, et quelle identité ces principes peuvent-ils nous donner ? Sans forme politique, sans « cité », sans nation… pas de passeport, pas de patrie, demi-passeport, demie-patrie... demie-identité, pas d’identité ?

Dans la pensée juive, on trouvera bien des éléments pour soutenir le contraire : dans un entretien mémorable accordé à Antoine Spire sur France Culture, et depuis devenu un livre, George Steiner soutient que l’identité juive est justement fondée sur la diaspora. S’il ne s’agit absolument pas de stigmatiser l’Etat d’Israël, le philosophe juif revient en effet sur cette identité vive et vivante du peuple juif et précise que cette absence de corps politique, avec lequel la pensée juive a vécu pendant des siècles, peut, en soi, conférer une identité à un peuple, pour lequel la religion est alors automatiquement reléguée au privé : un peuple qui s’intègre à différentes nations, à différents corps politiques, son identité n’étant pas définie politiquement mais seulement de manière spirituelle. Mais évidemment, pour qu’une telle intégration soit possible, il faut que les corps politiques dans lesquels s’intègre la diaspora… soient ouverts, autrement dit qu’ils ne privent pas ces individus d’identité politique ! L’histoire est allée dans le sens de la création de l’Etat d’Israël, et pour cause, ces chapitres sont bien connus… Autrement dit, et pour revenir à notre analogie, si Nadia Kamel est en mesure de répondre aux questions de son neveu et si cet enfant n’est évidemment pas sans identité historique et spirituelle, il reste muni d'un passeport fantoche !

La salade de Nadia Kamel : pour la possibilité d’identités plurielles avec passeports !

Une « salade maison », c’est peut-être ce que l’on donne à manger aux enfants en se débrouillant, « avec les moyens du bord », quand on n’a pas d’autres choix en bref. Mais là encore, ce serait bien simple si nous n’étions que des carottes et des feuilles de salade ou des morceaux de gruyère ! « La métaphore du salad bowl, si familière aujourd’hui, est inepte en réalité, explique Denis Lacorne dans sa « Crise de l’identité américaine », parce qu’elle n’est pas soutenue par une véritable « théorie du saladier ». Aucune nation distincte ne peut surgir d’un mélange ethnoculturel qui refuserait toute forme d’assimilation ou d’intégration. »* Nadia Kamel ne refuse pas, elle, toute forme d’intégration ou d’assimilation : elle a l’air de réclamer un peu plus d’ouverture de la part de certains pays qui, eux, n’acceptent aucune forme de mélange et ne laissent donc aucune porte ouverte à l’assimilation ou l’intégration, si ce n'est une porte fantoche.

Il s’agit d’identité… donc inévitablement de politique. Si le documentaire est engagé, c’est l’existence du multiculturalisme qu’il défend, y compris le multiculturalisme alliant des cultures ou des nations en guerre : à lire la phrase de Mahmoud Darwich, qui accompagne l’affiche du film sur le blog de Nadia Kamel, il est clair qu’il s’agit de défendre une conception ouverte de l’identité. « L’identité est ce que nous laissons derrière nous, pas ce dont on hérite. C’est ce qu’on invente, pas ce dont on se souvient. » Tant qu’il y aura des pays pour ne pas partager ce point de vue… il y aura des enfants munis de passeports et privés de nationalités, tel est ce que nous dit en filigrane la réalisatrice. Nadia Kamel propose en effet d’inventer, et elle prône le multiculturalisme contre l’assimilationnisme, la vérité contre le mensonge, le possible contre le radical.

On salue son courage et son engagement. Son documentaire n’a pas fini de faire couler de l’encre. Reste à espérer qu’il ouvrira la voie à davantage de tolérance. A en juger par les dernières nouvelles d’Egypte, il faudra bien du temps : si le documentaire remporte un accueil chaleureux du public… il menace en même temps la réalisatrice d’être rayée du syndicat des réalisateurs égyptiens. « L’auteur exige d’être reconnu comme libre parce qu’il est l’auteur d’une création libre », écrivait Sartre dans un texte méconnu, intitulé « La Responsabilité de l’écrivain ». Les libertés individuelles que sont les spectateurs ne suffisent pas à laisser un auteur libre ; pour être libre, l’auteur est condamné à vivre dans un espace-temps qui reconnaît les libertés individuelles : les différences, celles de la pensée et du sang, celles que doit reconnaître… une démocratie. Nadia Kamel sera-t-elle en mesure d’exercer son métier en toute liberté dans son pays, ou celui-ci va-t-elle la condamner à l’exil ?

Notes...

* « Horace Kallen était le premier penseur du multiculturalisme américain et sa philosophie stimulante, mais traversée de contradictions et inachevée, contenait en germe tous les débats multiculturels des années 1980-1990. » in Denis Lacorne,
« La Crise de l’identité américaine, 1997
*
« Horace Kallen, Culture and Democracy », cité dans Denis Lacorne, « La Crise de l’identité américaine », 1997
* Pierre Manent,
« La Raison des nations », Gallimard, 2006.
* Il ne s’agit pas ici pour nous de défendre telle ou telle conception de telle ou telle religion ou de défendre le primat d’un modèle sur un autre, mais juste d’apporter des éléments qui soient en mesure de replacer le débat dans l’histoire, et de l’alimenter.
*
Denis Lacorne, « La Crise de l’identité américaine », 1997

undefinedA noter…

"Salata Baladi" / "Salade maison" de Nadia Kamel
Documentaire
Egypte, 2007
105 minutes

Le blog de Nadia Kamel (anglais et arabe)

Mention spéciale pour la musique du film par Kamilya Jubran


"Salade maison" sur CultureCie...

Le film & la critique

L'interview de Nadia Kamel, réalisatrice de « Salade maison »

La bio de Nadia Kamel

A voir aussi sur CultureCie...

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 03:33
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Depuis quelques mois déjà, « Best seller consulting » fait sa pub sur le web : envoi de tracts virtuels sur myspace, recrutement éventuel d’auteurs, bombardement de messages chez Viadeo et j’en passe… Ce que c'est ? Et bien le service est dans le titre: du conseil pour faire de son roman un best-seller ! Zoom sur ce nouveau monde de Mickey à la « philosophie » et au  business bien particulier.

Leur pitch…

BEST-SELLER-CONSULTING-COMMUNICATION.jpg« Chez Best Seller Consulting, nous bénéficions d’un réseau de maisons d’édition partenaires (Editions De Anima, Editions Passerelle, Editions Sombre Bohème, Editions Ibis Rouge, Editions Le Passager Clandestin, Editions Bolorées…) de libraires partenaires ( Libraire L’inattendu, Libraire l’Une et l’autre, Librairie Shangaï…) et d’un agent littéraire partenaire qui gère la carrière d’auteurs français et anglais.

Ce réseau de professionnels du livre est international et s’étend sur 4 pays ; la France, le Canada, la Suisse et la Belgique. Notre agence permet désormais à l’auteur francophone de se confronter directement au monde de l’édition en le recommandant à ses principaux acteurs . Passer par Best Seller Consulting permet à un auteur de se retrouver dans la situation d’un écrivain reconnu. Vous êtes désormais présenté directement aux libraires, aux directeurs littéraires et à un agent littéraire professionnel avec l’assurance d’être lu.

En somme, le rêve de chaque auteur ! »

Nos doutes…

De quoi s’agit-il exactement ? « Best seller consulting » cible les écrivains refusés par les maisons d’édition, mais s’adresse aux auteurs en général évidemment, pour leur proposer différents « packages » : du graphisme, de la présentation, éventuellement du conseil, c’est selon… car évidemment il y a plusieurs offres. Les « packs » sont vendus entre 129 et 289 euros, le plus cher garantissant évidemment un maximum de chance de transformer son manuscrit en « best seller » !

Voilà donc l’agence, qui est aussi un magazine virtuel et réel, qui propose à ceux qui ne savent pas se vendre de le faire pour eux : écriture d’une lettre d’argumentaire, liste ciblée de maisons d’éditions, mise en page et couverture, le tout pour une somme finalement dérisoire puisqu’il s’agit de « réaliser son rêve » ! Avec des librairies et des agents littéraires partenaires, « Best seller consulting » compte bien faire de ses auteurs des stars.

Pour ça, il faut évidemment que la presse parle d’eux, la solution est toute trouvée : « Best seller consulting » est aussi un magazine ! « Depuis le 20 décembre 2007, nous lançons un nouveau magazine mensuel spécialement réservé aux auteurs qui souhaitent publier leurs oeuvres "Le Magazine Best Seller Consulting". Chaque mois, nous chroniquerons les manuscrits de nos auteurs qui auront souscrits à nos Packs comme dans les magazines littéraires de grande audience.  Votre renommée va rapidement monter en flèche grâce à notre magazine qui sera envoyé à tous nos partenaires éditeurs, libraires, agents littéraires, à nos lecteurs et  à nos auteurs dans plus de 10 pays à travers le monde. »

On se demande bien comment une telle agence de « consulting » a pu voir le jour dans le pays de l’exception culturelle ! On se demande aussi comment ils pourraient trouver des partenaires sérieux… voyez-vous Gallimard partenaire d’un tel projet vous ? Peut-être naïvement, on imagine qu’au lieu de propulser des auteurs, ça va décrédibiliser certaines maisons d’éditions. On a du mal à imaginer un succès national ou mondial partant d'une telle démarche, qui prend ouvertement le public et les auteurs pour des moutons. Et on espère, évidemment, que ces charlatans qui prennent des auteurs pour des cons et qui réduisent la littérature à la renommée n’auront pas le succès attendu. Car si ça marche, on sera en mesure de se demander : l’édition d’un livre et son succès auprès du public se réduisent-ils à un chèque de 300 euros ?

Envie de voir de plus près...

www.bestseller-consulting.com

www.myspace.com/bestsellerconsulting

 

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22 novembre 2007 4 22 /11 /novembre /2007 04:30
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« Des jours vont venir qui passeront sur moi, longs et sans désirs, et ma curiosité se fera douce comme une veilleuse dans la chambre d'un convalescent. Je m'approfondirai dans les secrets de ma conscience tumultueuse. Toute ma soif va-t-elle enfin s'apaiser, et pour combien de temps ?

Une pensée de bon nirvana amollit déjà mon cœur : le désert que j'ai traversé était celui de mes désirs. Quand ma volonté se réveillera, il me semble qu'elle voudra des choses nouvelles et que je ne me rappellerai plus rien des souffrances du passé. » Isabelle Eberhardt


« Je suis au bras des ombres, seule… », ta douce voix murmure à mon oreille cette citation de Paul Eluard, plongé aux entrailles du songe et dans un bienheureux anéantissement, tu attends maintenant l’univers entier.

Ô beauté, j’ai suivi ton étoile et tes yeux se livrent au vertige. Silence nu, la maladie brûle en toi et la voilà qui danse dans ton sang fluide. Rêve sous tes paupières que le ciel a rougies, ton visage rit au ciel vide et l’insouciance de ton enfance glisse vers l'horizon. La vision se précise, balayant la douteuse existence de ton corps.
Tu trembles encore, obstinément, alors qu’un fleuve surgit de ton corps… eau chaude et cristallisée... et le silence vibre dans ton enveloppe, abîme insondé… ta voix s’est éteinte… la mer parle pour toi.

J’écoute tes va-et-vient avec le vent, ta danse comme un tango, tes vagues jusqu'aux roches qui suspendent en éclats vierges l'écume, et l’odeur de ton souffle m’évoque tes mémoires, senteurs bleues des vents chauds du sud.

Ta parole est ce feu secret dans l'infinie de la vie où le silence nous traverse par des éclairs de pensées, elle se situe dans un présent absolu qui s’invente pas à pas, soit l’audace et la fragilité même du vivant. Cordon ombilical du merveilleux, tu cherches l'essence ou la sève du sens, énergie de la nuit au désir de lumière comme un ultime appel à toujours plus de vie, cette essence démoniaque de l'angoisse qu'il te faut brûler pour te réveiller.

Je continue à chercher le sommeil à la surface ombreuse de ta nuit, il y a du merveilleux à voir en allant voir derrière tes yeux…et de l'infini à caresser dans ta céleste chaleur, c’est pourquoi je peux tout oublier sauf que le monde était plus beau par ta présence, et mes mots tentent désespérément de caresser l’écriture de ton île et tes soifs invisibles… nous ne sommes que les naufragés de nos impossibles dans la plaie ouverte du temps…

Chaque jour, je pense à tes réparties fantaisistes, ta vivacité et ta sagacité qui me rappellent le goût merveilleux de l'innocence et du bonheur. Une atmosphère de légèreté heureuse où s'épanouit ta féminité qui prend corps et s'évapore avec délice dans des gestes empreints d'inattendu et d'une poésie certaine. Surprenante, spontanée, logique et superbe de simplicité, tu m’irradiais.

Nous sourions, nous rions, nous éclations de rire. Je t'entendais respirer, j’écoutais ta voix, je suivais tes pérégrinations, ta pensée… et je rêvais à mon tour de voir l’essentiel dans l’infime. En un mot, nous partagions, le temps de quelques instants un bonheur et un plaisir certains. Un enchantement… et maintenant une Absence ! Ta fulgurance illuminée connaît peut-être aujourd’hui l'infini du cosmos…

Post-Scriptum...

Merci à S.A.S. la Princesse Stéphanie de Monaco, représentante spéciale de l’OnuSida, et aux membres de l’association « Fight Aids Monaco », porteurs d'élan et d'espoir pour leurs engagements auprès des personnes séropositives. Ils apportent écoute et soutien et organisent des évènements caritatifs pour récolter des fonds afin de les redistribuer pour la recherche contre le VIH, le financement de projets sociaux et les aides directes aux malades.
Qu’ils soient assurés de mon admiration et de mon plus profond respect.

A noter...

Pour mieux connaître et éventuellement faire un don, n’hésitez pas : www.fightaidsmonaco.com


Morad El Hattab sur CultureCie...

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9 septembre 2007 7 09 /09 /septembre /2007 04:58

Le photographe Fabrice Malzieu revient de Grèce. Il a accepté de prêter à CultureCie son coup de foudre de l'été: un cliché d'amoureux pris à Sifnos. Il nous raconte son image.


Il m’a fallu trois jours pour trouver Apollonia; elle s’appelle comme la ville où elle est née. Apollonia vend les produits de sa ferme.

La première fois, elle faisait la gueule, j’arrivais tard… mais elle m’a laissé prendre les quelques tomates et les trois aubergines dédaignées par les athéniennes qui m’avaient précédé. Je lui ai soutiré un sac de feta souple comme un nuage, un "kilo" d’huile dans une bouteille en plastique, une poignée de piments arc-en-ciel, des herbes en vrac, des figues… Elle a pesé tout ensemble, avec les tomates, mais pas l’huile, et m’a lancé "Deca Epta": je n’ai pas moufté, j’ai payé en faisant l’appoint… et je suis revenu le lendemain et jusqu’à la fin. Zorba, ma mère, que c’était bon !

Le dernier jour, j’arrivais plein de sel, à l’heure chaude, pour mettre la main, une fois encore, sur trois fois rien. Giorgos, l’époux de la reine, avec qui j’avais déjà copiné m’a fait asseoir: c’est un homme qui sait ralentir le temps…

Elle, habituée maintenant à son client sans horaires, a saisi le seau et clopiné jusqu’au champ sous le cagnard : Giorgos n’a bougé que pour m’entraîner dans la remise d’où l’on a tiré une carafe à boire. Assis de nouveau : "des enfants ? ta femme ? ton métier ?"… j’ai sorti le Rollei* de mon sac et l’on s’est tout de suite compris: l’image inversée dans le dépoli ne l’étonnait pas plus que çà, "kali mera" et oui, le monde est beau là-dedans, le monde est beau en ce moment, et ce vin est un pur délice. D’or clair, il n’a que la fraîcheur de la barrique mais pour lui çà suffit, et la résine fouette gentiment sa rondeur.

Un coup, deux coups sifflés, on a fait une photo, de lui, sérieux comme un pope, et puis il m’a dit : va porter le seau d’Apollonia! J’ai posé le Rollei et j’ai ramené la belle à mon bras droit, le gauche lesté avec de quoi tenir jusqu’à Cythère. Elle s’est assise près de son homme, on a rebu, il s’est penché vers elle, l’enveloppant de son bras gauche, face à moi, pour une autre photo, dans le même axe …

Amants sans honte, devant témoin mais seuls au monde, ils me laissent pendre leur pose amoureuse, et m’oublient. Je me retire avec mes provisions en laissant un billet sur la balance : cette fois on n’a pas compté. Bonne sieste. Adieu. Je pars demain…

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"Tu es ma déesse de toute éternité : sur ta joue d’enfant je caressais déjà notre avenir, et dès le commencement du monde j’ai gardé l’œil sur ton épaule ambrée et guetté sur ta hanche le carrare que dévoilait le vent… par accident ?"...
"De quand date notre premier regard, de quand mon premier chant d’amour ? De quand nos premiers combats à l’issue desquels, défait par ta résolution, j’allai plonger dans l’aigue-marine comme au fond de tes yeux… Retrouver la sagesse et, secrètement, l’aiguillon de broussailles interdites, sur des oursins que je t’offrais à manger pour nous réconcilier ?"...
"Est-ce bien toi, ce soir, dans cette autre vie, dont je sens le souffle sur mes lèvres, que j’entends respirer dans mon cou ? Est-ce de ta tignasse que ma bouche est pleine dans notre étreinte ? Comment savoir dans cette nuit où je crains d’être encore captif de mes démons si tu es là enfin, bien là, envoyée par les dieux pour libérer mon corps de sa prison ?"...
"Mon amour, notre amour a tant d’années et mon plaisir est entier quand je suis les sillons de ton corps comme autant de sentiers de notre île Magnifique : ils en ont les teintes et les odeurs ; les parcourir, c’est être l’eau qui les dévale en jetant au ciel ses "haillons d’argent", ou le vent qui les remonte et dépose sur la résine des fleurs de sel."...

Le Grec, ce n’est pas si facile à comprendre, même en musique, mais on peut inventer… ce que le saoulographe de rencontre, bilingue approximatif n’a su traduire.
Seul sur scène depuis longtemps, le chanteur arrive au bout de son répertoire : il coupe le micro. Dans la nuit américaine, un peu laiteuse maintenant, les couples silencieux quittent la terrasse d’Adonis. Quant à ceux qui m’accompagnaient, ils sont partis depuis longtemps.

La mâche du « pucho » - autrement dit ce qu’il reste d’un bon cigare longtemps après qu’il a roulé dans le caniveau - me tient encore aux lèvres, et j’ai su éviter l’alcool. Dans le jour qui monte sur la ville bleu blanc rose, l’œil encore frais et le désir à fleur, je reconnais cet instant un peu rare, où – qu’on soit seul ou avec un être dont la compagnie va de soi - la vie paraît simple.
Il est temps d’aller nager.
---


* Diminutif de Rolleiflex, vieille boîte à photographier, caméra de brocante, tous terrains, de la quincaillerie loin du High Tech, et dont le viseur, placé sur le haut de la chambre, permet de cadrer un portrait sans avoir l’oeil collé au boîtier: c’est un merveilleux dispositif pour garder le contact direct, franc du collier avec qui on shoot.


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Published by Fabrice Malzieu - dans La Tribune de CultureCie
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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 00:00

 

« Mission Possible », une association créée en 2002, remporte un succès considérable en aidant des enfants en difficultés scolaires. Partant du constat de l’effondrement du lien social, le programme aide parents et enfants à surmonter leurs difficultés. Un lieu de rencontre où est mise en œuvre une pédagogie exigeante et bienveillante. Morad El Hattab est allé rencontrer l’équipe et les participants.

"Kiffant"

 

Avec M., 18 ans, habitant du 19ème arrondissement de Paris, je conversais sur la crise des banlieues et la violence de certains jeunes. Grâce à lui, j’ai fait une rencontre qui, peut-être, peut redonner l’espoir et l’envie à certains de se mobiliser en faveur de la jeunesse de notre pays.

« Tu sais Morad, si on s’était occupé de nous lorsqu’on était petit, on n’en serait pas là. Il y a une action ici qui suscite le respect et une lueur d’espoir. Elle est le fait d’une association, Mission Possible, qui nous fait kiffer. Celle qui l’a créée est une femme courageuse, qui n’a pas été soutenue, une juge qui est venue vers nous pour proposer d’aider nos petits frères. Ma parole Morad, on a de l’admiration pour elle, ils ont de la chance les petits… Tu sais, cette France là, Morad je la respecte, j’ai envie de tout lui donner ».

J’ai été voir. J’ai rencontré Madame Claude Beau, sa fondatrice, qui en est la présidente. Elle fut notamment juge des enfants pendant douze ans et spécialiste de la justice de proximité. Elle a donné beaucoup d’elle-même pour éviter que la répression ne prenne le pas sur l’éducation.

L’accueil est chaleureux. Elle me fait visiter les lieux. Le cadre est agréable et quasiment familial, joliment aménagé. La cuisine est hospitalière et Mme E. y attend les enfants, qui doivent  sortir de l’école, en préparant le goûter : ils sont accueillis tous les soirs entre 16h30 et 19h. Elle m’explique que les enfants qui viennent ont entre six et douze ans et qu’ils sont orientés par l’Education Nationale car ils sont en « voie de décrochage » : problèmes familiaux, scolaires, comportementaux.

D., éducatrice, m’explique que les enfants trouvent ici une équipe pluridisciplinaire compétente, disponible et engagée, qui met en œuvre une réponse socio-éducative globale pour réconcilier les enfants avec eux-mêmes, et avec la société. Ils bénéficient d’activités individuelles et collectives qui s’appuient notamment sur le jeu et la découverte. Ce  programme oriente leur formidable énergie vers l’apprentissage des règles, la découverte, la création, autant d’éléments culturels qui font qu’ils aiment apprendre et entreprendre. Il agit sur tous les paramètres de développement de l’enfant pour créer de la cohérence éducative.

Evidemment, un tel programme n’aurait pas de tels résultats s’il ne demandait pas aux parents de s’investir. Ceux-ci participent à différents ateliers et à l’organisation du goûter collectif, qui est un moment « d’éducation alimentaire ». Les parents bénéficient également de groupes de paroles où sont abordées les questions qu’eux-mêmes choisissent de soulever collectivement. Ils y trouvent enfin la formation et l’information dont ils ont besoin pour exercer au mieux leur fonction parentale.

Depuis sa création en 2002, cinquante enfants et leurs parents ont bénéficié de ce programme, construit avec méthode et précision. « C’est une association qui aide les enfants à retrouver le calme et la joie de vivre », me dit une maman. « Mon enfant est heureux d’y venir. Il a retrouvé confiance en lui, comme tous les enfants qui y viennent et ses résultats scolaires sont en nette progression. Quant à moi, comme tous les parents, je me sens chez moi dans ce lieu, je peux y venir à tout moment, et cela me rassure. Je rencontre une équipe compétente et bienveillante. Je me sens moins seule, ma vie est plus facile.»

« Aujourd’hui, confie la Présidente de l’association, la qualité de l’action est reconnue. Elle est de plus en plus sollicitée car elle répond à un impérieux besoin : ce n’est pas seulement une mobilisation pour les enfants en difficultés scolaires, c’est aussi une action de proximité plus large, ouverte aux  habitants. »

Quand je lui demande ce qui l’a conduite à créer cette action de prévention précoce, Mme Beau répond en des termes politiques : « il y avait un enjeu de justice sociale. Il fallait créer quelque chose qui soit à la fois plus conforme à nos valeurs républicaines et à notre devoir d’avenir. Les enfants qui viennent vers nous sont intelligents et pleins de ressources. Il ne faut pas attendre qu’ils aient creusé l’écart pour intervenir. »

L’action de Mme Claude Beau apporte un remarquable renouveau dans le travail social. Sa mobilisation, très construite, méthodique, a le souci de l’efficience et repose sur un principe fondamental : le rejet de tout déterminisme pessimiste que certains voudraient voir peser sur les enfants en difficultés. Mais la pédagogie de la présidente est aussi bienveillante qu’exigeante et ce qui la pousse à l’action répond d’abord à son réalisme : elle fait une analyse sans complaisance des risques qu’encourt notre pays s’il ne se résout pas à agir rapidement. A entendre M. dire qu’il a « envie de tout donner à cette France là », il fait nul doute que ce programme mérite de s’étendre à d’autres quartiers.

Plus de flexibilité et plus de confiance

Une rencontre qui fait réfléchir sur les actions gouvernementales. Après avoir rencontré de nombreux acteurs qui dénoncent la lourdeur du dispositif public proposé et le peu de valeur ajoutée pour les enfants, on regrette que les politiques ne s’inspirent pas davantage de telles associations pour réformer un système peu efficace.

Aujourd’hui, c'est une équipe pluridisciplinaire dirigée par la mairie "dans le cadre de la caisse des écoles", et composée par elle, qui prend la décision d'orientation des enfants. Une procédure promue par la Délégation Interministérielle de la ville. Une politique pensée par Jean-Louis Borloo, dont ne nous doutons pas de la bonne foi, mais dont nous doutons de l’efficience. Une fois repérés, les enfants sont orientés mais le dispositif est cloisonné et cloisonnant : d’une part, ces enfants sont catalogués en échec scolaire et il leur est impossible de faire marche arrière. D’autre part, l’action n’est souvent orientée que sur l’un des domaines où l’enfant se trouve en difficultés.

Au contraire, « Mission Possible » est une structure associative souple. Composée d'habitants et d'acteurs éducatifs, l’association indépendante agit à la demande des parents, sur les conseils des enseignants. Ceux-ci assurent ensemble, avec les parents qui adhèrent à leur tour, la mise en œuvre du projet éducatif global pour l'enfant de bout en bout. Un projet éducatif global, mais pensé au cas par cas. Evidemment, et ceci n’est pas un détail, l'espace est ouvert aux heures de la vie locale et non aux heures de bureau, les parents peuvent y venir à tout moment, les enfants aussi. "En un lieu, une équipe, une action". C'est le principe de la cohérence, de la clarté et de la proximité.

L'association appartient aux bénéficiaires qui en sont membres, et ils trouvent là des informations et des formations qui leurs sont nécessaires pour surmonter leurs difficultés et développer leurs aptitudes individuelles et sociales. C'est un projet de développement social qui est très travaillé et qui change le rapport des individus à l'Etat, toujours sur le mode du contrat. L'Etat donne aux familles et aux enfants des moyens pour se construire et en contrepartie, les bénéficiaires entreprennent, s'engagent, se responsabilisent et se qualifient, tant sur le plan individuel que collectif, afin de construire un avenir commun.

Ils apportent à leur tour à leur quartier leur savoir, leur réconfort, leur solidarité... Les habitants peuvent fréquenter l'espace, venir organiser un goûter, une fête collective, venir se ressourcer ou trouver une écoute, un conseil, une aide.

Ce sont deux logiques radicalement différentes qui sont à l’oeuvre. Ici, ce sont les bénéficiaires à qui l'ont fait confiance pour réussir, tandis que là ce sont les équipes éducatives composées de professionnels choisis par la mairie qui font de "la réussite éducative" dans des locaux publics réservés. D'un côté, il y a une injonction aux professionnels de la réussite éducative ; de l'autre, il y a le pari de la confiance et de l'émancipation. Plus de confiance, plus de flexibilité, deux mots qui procèdent d’une même demande : l’indépendance. Pour l’indépendance, certains ont besoin d’aide, et non pas d’assistance. Si ce projet se développe, ce qui est à souhaiter, des millions d'enfants et de parents pourraient peut-être retrouver l'espoir et le dynamisme nécessaires à la vitalité de notre pays.

A noter... 

Mission Possible
6-10, rue Labois Rouillon
75019 Paris
01.40.05.05.39

Site : www.missionpossible.asso.fr

Contact : mission.possible@free.fr

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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 00:01

Le lundi 6 novembre 2006 se tenait un concert, au Casino de Paris, en hommage à Daniel Pearl, journaliste assassiné en 2002 par des terroristes au Pakistan. Pour la première fois en France, la nouvelle génération d’artistes français chantait la paix en se mobilisant autour du concept "Harmony For Humanity", grâce à l’association Music Days Daniel Pearl France, qui a organisé le concert.

Morad El Hattab, lauréat du Prix Littéraire pour la Paix et la Tolérance, était dans le public. Cet événement lui a inspiré des lignes qu'il nous a confiées, à nous et à d'autres. On pourrait présenter Morad El Hattab comme un philosophe musulman, ayant puisé son inspiration chez un lecteur du Talmud. Mais il est plus qu'un apôtre d'Emmanuel Lévinas.

En 2003, la publication de ses "Chroniques d'un buveur de lune" m'avait interpellée. Puis cette lecture m'a touchée, et m'a parfois donné la force de poursuivre des objectifs, de coller à des idéaux, les jours où, malencontreusement, la vie mettait sur mon chemin des gens qui confondent l'intelligence et la naïveté. Des gens qui ne voient pas que, de la rêverie, de l'espoir, de la simplicité, peuvent naître le courage, la force, et parfois même le changement. Il y aura toujours des cyniques pour sourire à la simple évocation de la paix, pour tourner en dérision les initiatives des associations, ou pour avoir peur des universaux qui, pourtant, ont fait avancer le monde. Bien sûr, la "dignité humaine" est encore bafouée tous les jours; c'est vrai, la guerre tue chaque seconde; évidemment, le "changement" a souvent été larvé, et peut faire écho, dans notre pays, à des campagnes politiques qui sont plus sûres de vider un mot de son sens que de faire gagner un candidat, ou de mener, véritablement, au changement. Mais rappelons-nous... Dans les années 1850, Victor Hugo défendait la liberté de la presse. Dans les années 1870, il s'indignait d'un "état violent": il n'y avait pas de citoyennes. Dans les mêmes années, en plus de rêver des droits des femmes, il pensait aux droits de l'enfant (Cf "Le Droit et la loi et autres textes citoyens"). Il a été moqué, on a ri, beaucoup ri de son "ridicule". Il reste du chemin à parcourir, pour la dignité, pour les femmes, pour les enfants, pour la presse. Et pour tant de choses encore. Mais il y a eu, incontestablement, du progrès. Parce qu'il y a eu des Hommes pour écrire que "l'essentiel n'est pas d'inventer l'idéal, mais de réaliser" (Emmanuel Lévinas). Parce que l'histoire, plus ironique que les cyniques, a parfois transformé les ridicules en visionnaires, les rêveurs en grands hommes.

Morad El Hattab est irréductible à l'appellation de "philosophe musulman". Tout comme Emmanuel Lévinas est bien plus qu'un "philosophe juif". Chaque époque a ses Grands Hommes, et certains lieux communs n'en restent pas moins vrais. Mais qu'est-ce qu'un Grand Homme? Un écrivain engagé, un rêveur invétéré, un homme politique dont les programmes dérivent de poésies? Le débat est ouvert évidemment, mais à cette question, je répondrais simplement: les Grands Hommes sont peut-être ceux qui ont œuvré pour penser l’universel, ceux qui, en plus d’avoir les connaissances et le talent, ont le courage de penser leur temps « aujourd’hui », justement parce qu’ils se reconnaissent, avant tout, dans le genre humain.

Les lignes qui suivent sont écrites par un homme qui, avant d'être un homme, avant d'être philosophe, avant d'être musulman, est humain. Je suis fière, et encore surprise, d’avoir été sollicitée pour les publier, à cause de l’estime que je porte à Morad El Hattab : ses lignes portent en elles une conception du monde dans laquelle je me retrouve, personnellement, depuis la publication de son premier livre. Mais si je suis fière de les publier, c’est parce qu’elles rejoignent le sens que je donne à l’expression, parce que le but, en créant un site internet, en écrivant pour des journaux ou pour la recherche, est toujours le même : écrire pour transmettre, informer, donner à penser. Partager un moment qui nous évoque mille lectures et tenter de comprendre son temps, en s’interrogeant.

Si Morad El Hattab est irréductible au laïc musulman qu’il est, il se trouve que, comme beaucoup de musulmans, il est laïc. Il est trop rare d’entendre les propos de ce qu'une de mes proches, musulmane, française, et laïque, appelle une majorité silencieuse. Pourtant, en deux ans de recherches aux côtés d’Alain Touraine, j’ai rencontré de nombreuses musulmanes, laïques ou non, voilées ou décolletées, qui tenaient des propos semblables à ceux qui suivent. Au cours de mes voyages au Liban, au Maroc ou ailleurs, il en a été de même. Donner à lire et à voir ce qui, à mon sens, n’est pas assez vu ou entendu : c’est ce qui m’a conduit à la recherche, au journalisme, à la création de Culture & Cie. Alors ses mots ont mille raisons d’être ici. Parce qu’ils rendent compte de ce que quelqu’un ressent pendant un concert, parce qu’ils s’engagent contre la barbarie, parce qu’au-delà de la liberté de la presse, c’est la liberté humaine qui est en jeu, et c’est cela que Morad El Hattab défend, contre les fous de Dieu.

Merci à lui de nous avoir choisi, avec d'autres médias, pour relayer ses propos. Notre tout jeune site, encore incomplet et imparfait, ne pouvait espérer plus belle vitrine.

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Published by Axelle Emden - dans La Tribune de CultureCie
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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 01:00
 
DR www.capefrance.com

 
« Qui sommes-nous, qu’est chacun de nous sinon une combinaison d’expériences, d’informations, de lectures, de rêveries ? Chaque vie est une encyclopédie, une bibliothèque, un inventaire d’objets, un échantillonnage de styles, où tout peut se mêler et se réorganiser de toutes les manières possibles. » Italo Calvino
 

« Un innocent aux fers et c’est l’humanité entière qu’on enchaîne.» Paul Eluard 

 

Assis au fond de la salle, j’écoutais Mariane Pearl, au côté de son fils Adam, et j’ai aimé son discours d’introduction au Concert car il n’y avait pas de virgule mécanique, non, que des virgules en harmonie avec le sens des mots Honneur, Courage et Fidélité. La mesure de ses phrases, du souffle qui les traverse, son degré de clarté, d'ombre, nous donnent la mesure de notre propre respiration, de notre propre lumière.

 

Et je me souvenais alors de ce que disait Jacques Lacan du désir : «Le désir de l'homme est le désir de l'Autre»; si l'Autre vient à manquer, il en résulte que le désir disparaît. Mais plus les chansons s’élevaient, plus elles constituaient à mes yeux la preuve la plus vraie, la plus étonnante, quasiment héroïque et absolument émouvante, de l’appétit de vivre. Comme un réceptacle, on désire être fécondé par ces paroles de paix ou, comme un écran, on désire éprouver physiquement la présence de l'Autre absent.

 

Dire l'indicible. Le paradoxe renvoie à l'impossible rencontre de l'Autre, mort parce qu’Autre. Comme si à l'approche de l'Altérité, le désir se niait; la transgression devenait superfétatoire; le silence s'imposait. Silence miroitant notre refus du silence face à la barbarie.

 

Certains critiques supposent que c'est de l'inracontable, de l'insignifiant — qui indique peut-être à son tour l'irracontable qui se trouve à l'autre extrémité… l'infiniment impensable et l’infiniment meurtrier.

 
 

Merci à tous ces artistes dont le message a consisté à privilégier l'unité fondamentale des hommes et des femmes en tant qu'êtres humains. Cette « Diversité dans l'unité » est le point de départ, ce concept d’« Harmony For Humanity », c'est l'unité du genre humain.

 

Les artistes et les organisateurs de cette soirée ont intelligemment rappelé à ceux qui se complaisent dans le culte des racines de ne pas perdre de vue les branches ! Cette boutade rejoint la critique sérieuse que fait l’écrivain Edouard Glissant de la « racine, unique, une souche qui prend tout sur elle et tue alentour » et à laquelle il oppose le rhizome « racine démultipliée, étendue en réseaux dans la terre ou dans l'air ». Et il ajoute : « La pensée du rhizome serait au principe de ce que j'appelle une poétique de la relation, selon laquelle toute identité s'étend dans un rapport à l'autre. »

 
 
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Published by Morad El Hattab - dans La Tribune de CultureCie
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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 00:30

Je suis donc d'accord avec la poétique de la relation de Glissant, et qui est probablement le message humaniste de ce Concert, car l'identité humaine n'étant ni naturelle ni stable, nous la construisons ensemble sans cesse, et nous le faisons tous ensemble. Car l'histoire des cultures et des civilisations montre qu'elles ne sont nullement monolithiques et imperméables, que des rapports de partage peuvent s'instaurer entre elles.

Face à Daniel Pearl, ces bourreaux se sont abandonnés à une dérive sectaire et l’ont jugé, lui leur « prochain », selon son appartenance religieuse, censée le qualifier en tant qu'être humain. Ces monstres, dénués de tout sens critique et de libre arbitre, se sont solidement installés sur le rocher de leurs certitudes pour le mépriser, l’humilier, puis l’assassiner. Assurés de leur bon droit et de leur vérité, ils ont cédé à la tentation d'imposer leur foi par la violence, pire par le meurtre. 

Laïc de confession musulmane, je refuse de diaboliser la religion car si je considère la religion comme dangereuse, j’en viens à condamner toute posture religieuse et là, je tombe dans l'intégrisme athée. Voyons plutôt à quel désir Dieu correspond. Car le vrai danger ne vient pas de la religion, il réside plutôt dans la lâcheté humaine. Il n'y a rien de pire que ceux que Primo Levi appelait «les braves gens». 

Pour ma part donc, je continuerai à lutter de toutes mes forces contre les « fous » de Dieu car ils ne supportent pas l’altérité de l’Autre, le fantasme de la pureté est le pivot de leur idéologie totalitaire, de plus, ils n’aiment pas le corps et se méfient du plaisir. Ce sont des psychorigides aux désirs refoulés. Et qui s'interdit de jouir ne supporte pas que l'autre jouisse. Saint Augustin commande: «Domptez votre chair; échauffez-vous contre elle avec toute la sévérité imaginable.» Le programme des intégristes religieux est clair : la répression du désir, brutale et haineuse. Cela donne quoi ? Des hommes soumis parce que culpabilisés, mais aussi des fous sadiques et meurtriers. En prenant du plaisir à dominer l'autre, ils se sentent exister. L'estime de soi se nourrit du mépris de l'Autre, c'est la jouissance du fanatisme ! 

Sans reconnaître en chaque être humain - par-delà même sa particularité culturelle - un semblable, d’égale dignité, peut-il y avoir une société juste ? Certainement pas. C’est donc sur l’universalité de la « nature humaine » que repose la reconnaissance de la dignité inhérente de toutes les personnes et de leurs droits égaux et inaliénables. C’est là qu’il faut rechercher la reconnaissance entre humains. « Il y a obligation envers tout être humain du seul fait qu’il est un être humain, sans qu’aucune condition n’ait à intervenir », déclare avec justesse la philosophe Simone Weil. Ce n’est sans doute pas pour rien que la cible réelle du racisme et de l’intégrisme soit précisément la notion d’universalité et d’unité du genre humain. "Du point de vue historique, écrit Hannah Arendt, les racistes (...) ont été les seuls à nier sans cesse le grand principe d’égalité et de solidarité de tous les peuples, reposant sur l’idée d’humanité". Et il nous semble qu’ils sont toujours les seuls à dénier à certains la qualité d’être humain. 

Toute espérance est-elle vaine, illusoire, pure consolation au spectacle d’un monde dément ? L’histoire des hommes n’est-elle – comme le prétend Shakespeare – qu’un récit « plein de bruit et de fureur, inventé par un fou raconté par un idiot » ? Je ne le crois pas. Car ce Concert pour la Paix révèle un sens, un but ultime qu’est l’humanisation de l’homme face à la démence et la cruauté des intégristes. 

« Chacun appelle "barbarie" ce qui n'est pas de son usage », ironisait déjà Montaigne. Le barbare c'est toujours l'autre... je dirais que le barbare est l'homme infidèle à son humanité. 

Humaniste, j’ai horreur de toute violation des droits imprescriptibles de la personne humaine mais aussi de toute vie quelque soit sa forme. C’est pourquoi je qualifie sans honte la mort de Daniel Pearl comme une barbarie car elle dénie le fait que nous appartenons tous à une seule et même famille : le genre humain. Nous avons tous, et dans la même mesure, les mêmes droits fondamentaux. Chacun d'entre-nous doit voir respectés ses propres droits et a le devoir de protéger ceux d'autrui. 

Face à la mort de Daniel Pearl, plaie atroce d’un destin anéanti, toutes paroles viennent de loin, elles expriment une pensée, elles relatent une action mais elles signifient surtout une espérance, et il n’y a pas d’espérance sans courage et sans ténacité. 

Fuir est l’expression d’une opinion, se battre aussi. 

Merci aux nombreuses personnes venues soutenir l’association Music Days Daniel Pearl France car leur respect de la famille Pearl et des artistes présents démontra un sentiment d’estime et de reconnaissance de l’Autre comme leur égal, cela traduisait un vivre ensemble qui respectait aussi l’Autre dans sa différence et le reconnaissait dans son égale dignité, cela était très beau, très vrai. 

Ce concert pour la Paix fut un voyage éblouissant qui établissait entre Daniel Pearl et nous des valeurs communes et, en fin de compte, une identité fondamentale : nous sommes égaux parce que nous partageons - par-delà nos différences - la même « nature » : nous habitons tous  dans le même monde. 

Au fond de cet émerveillement, je décèle un frisson devant la mort tragique de cet homme. Mais en tout cas, une chose est sûre : l’humanisme sans complaisance de Daniel Pearl témoigne que la diversité ne devient une richesse que là où il y a reconnaissance réciproque, égalité et équité, dialogue, interaction et échange entre cultures et traditions spirituelles. Son message et son courage resteront pour nous tous une leçon de vie et ne disparaîtront jamais. 

 
Merci Daniel, que la Paix puisse toujours prévaloir !

Merci à mes amis Thierry Lachkar et Esther Kagan de m’avoir invité à ce concert.
Merci à Mariane Pearl, dont la générosité insuffle l’harmonie dans le cœur du poète.
Merci aux artistes présents car ils ont su raviver la pulsion de vivre et l’amour de la paix.

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