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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 05:37
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Published by Axelle Emden - dans MUSIQUE
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22 janvier 2007 1 22 /01 /janvier /2007 23:24
On dit toujours qu’une bonne mise en scène ne se voit pas, qu’un scénario est efficace si ses coutures sont invisibles, qu’un montage fonctionne quand il est impercep¬tible. Dans cette délicate synergie d’un moment de cinéma, pourquoi la musique fait-elle exception ? Comment parvient-elle à s’échapper du film, pour exister, en soi, ailleurs, et pour elle-même ?

J’ai parfois l’impression que je pourrais raconter ma vie par la musique de films. Toutes celles qui m’ont marqué ne sont plus, désormais, associées à des images, mais à des rendez-vous importants de mon existence. Je ne parviens pas à m’expliquer pourquoi, chaque fois que je vis une rupture amoureuse, j’ai en tête le thème du Parrain. A l’inverse, s’il m’arrive de tomber amoureux, c’est celui de Shaft qui ne me quitte plus. Quand j’ai le sentiment d’avoir servi une juste cause, j’entends les trompettes de Rocky. Quand je me sens coupable, sans même savoir quelle faute j’ai pu commettre, je suis hanté par le refrain d’Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçons. Mais, le plus souvent, la musique de film vient souligner, sans que j’y prenne garde, des émotions quotidiennes et des situations parfaitement banales. Quand je croise, à la piscine, le corps d’une naïade, j’entends très nettement les accents graves de la contrebasse des dents de la mer. Quand je descends dans une cave sombre et humide, me revient en mémoire la comptine des griffes de la nuit. Quand je crains d’arriver en retard, je suis poursuivi par l’air de La mort aux trousses. Mais certaines associations sont bien moins claire : je sifflote la musique de Terminator quand je fais la cuisine, je fredonne la ritournelle de Regarde les hommes tomber quand je roule à vélo, et, Dieu seul sait pourquoi, quand j’attends un rendez-vous dans un café, je rumine la marche des extraterrestres de Mars Attack. Je pourrais tout autant citer la ballade irlandaise de Miller’s crossing dans les moments de déprime, la fanfare de Huit et demi dans les moments d’exaltation, où la chanson du générique de MASH dans les précieux instants de sérénité. Alors à quoi bon « se faire son cinéma » dans la vie réelle, quand seul sa musique suffit ?

Tonino Benacquista

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