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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 23:59

Samedi 10 mai dernier, Emmanuelle Béart était invitée à lire la « Conférence sur l’économie » de Bernard Maris sous le plafond chagalien du théâtre de l’Odéon. La belle arrive, en jean, s’assied et commence sa lecture, vive et engagée. Le fil rouge de la soirée : l’économie, c’est mal. Les économistes ? Des théoriciens qui se font champions du concept dans leurs tours d’ivoire. Ils se parlent à eux-mêmes, détournant le commun des mortels des questions graves à coups de jargon d’experts. Ils légitiment le pire, usant et abusant des arguments d’autorité. Le problème, c’est que malgré ses tentatives d’humour, vaguement récompensées par les rires complaisants de la rive gauche, Bernard Maris n’a pas une seule seconde l’idée d’argumenter son propos. Etonnant, pour un prof d'éco de Paris VIII, par ailleurs chroniqueur chez France Inter. On entendrait presque Laguiller faire échos : « travailleurs, travailleuses, on vous ment, on vous spolie », et les guignols d’être lus à l’Odéon !

Sa « conférence sur l’économie » est plutôt un « pamphlet chaotique d’un sophiste d’extrême gauche ». Bernard Maris est à l’économie ce qu’Ignacio Ramonet ou Noam Chomsy sont aux médias : on se fait passer pour démocrate en critiquant ce qui existe, sans proposer une seule alternative, et en omettant que la démocratie, jusque là, est un régime représentatif… et libéral. Mais bon, ce serait long et compliqué de prendre les gens pour des intelligents, de lire Monique Canto en public, d’expliquer que socialisme et libéralisme sont nés d’un même mouvement, d’admettre que des règles, économiques ou politiques, doivent régir une société. Ce ne serait pas vendeur, et c’est désormais la mode de cracher sur l’intelligentsia : citoyens, on vous fait confiance pour voter, mais en réalité vous êtes manipulés ! Ouhhh le bel héritage bourdieusien que voilà !

On écoute, on n'en peut plus, et on pense à Julliard, qui avait décidément raison dans son
Acédie française: la déstalinisation n'a pas eu lieu dans ce pays ! Ah, comme ça serait beau un monde sans économie, sans argent, sans politique, et allons-y encore une fois, vive le chaos et l’anarchie, à mort les livres, la théorie, l'éducation, le labeur de la culture, prions tous pour un monde transparent fait de bric et de troc, mettons le Monde diplomatique au pouvoir et Besancenot à l’Intérieur… On apprend au moins un truc: le théâtre de l'Odéon est, pour un soir au moins, une espèce de tribune d'ATTAC. Nous avions juste une petite question pour Monsieur Maris : si la transparence est si démocratique, pourquoi donc vote-t-on dans un isoloir ? On avoue, on n’a pas attendu l’auteur : après une heure de supplice, on a quitté la salle !
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 01:02

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Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid... Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Lire la suite...

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56 pages pour défendre la liberté et la responsabilité. 56 pages pour démontrer l’inanité de la loi anti-tabac en France.  56 pages pour analyser l’ « Etat nounou » de 2008. 56 pages écrites en… 1875.
C’est parfois à la lumière du passé que l’on découvre, hébété, notre actualité la plus brûlante. C’est souvent aussi dans le passé que l’on trouve le futur d’un présent sans cesse renouvelé. Lire la suite...
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Published by Rudy Reichstadt & Yacim Bensalem - dans Actualité & Politique
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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 00:49
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Quatrième de couverture...

Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid...

Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. " A ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. " Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.

La critique de CultureCie...

En 2006, sa lettre ouverte aux Algériens (1), dédiée à la mémoire de Mohamed Boudiaf, avait été censurée par les autorités algériennes. Boualem Sansal s’y attaquait aux « Constantes nationales », soient les mythes les plus intouchables de l’Algérie indépendante forgés dès les lendemains de la lutte de libération nationale. Il relativisait en particulier l’islamité et l’arabité du peuple algérien. Ce qui ne lui a pas valu que des amis, loin s’en faut.

Il ne s’en fera pas davantage avec "Le Village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller" qui est l’occasion, pour l’auteur, de revenir sur un autre tabou. Islamisme et nazisme, suggère Sansal, sont unis par une sorte de gémellité souterraine, qui trouve notamment ses origines dans l’accueil qu’ont fait de nombreux pays arabes à d’anciens criminels nazis aux lendemains de la Seconde guerre mondiale. Cette histoire, encore largement méconnue mais à laquelle plusieurs ouvrages érudits sont consacrés – ne citons que les travaux des politologues Olivier Carré (2),  Matthias Küntzel (3) ou encore l’enquête de Roger Faligot et Rémi Kauffer (4) – est traitée cette fois-ci sur le mode romanesque.

Certes, le roman de Boualem Sansal ne se réduit pas à cela. Mais les critiques les plus malveillants prendront pour prétexte ce qu’ils présenteront comme un dérapage de l’auteur pour nous engager à passer notre chemin. Ne pouvant sérieusement nier la réalité de cette histoire, ils feront de Sansal un piètre écrivain. La mauvaise foi ayant des limites, ils finiront par accuser Sansal d’être un renégat, un de ces traîtres à la Cause qui ont choisi de se vendre à « l’Occident » et ses fantasmes. Ils l’attaqueront comme ils ont jadis attaqué la Tunisienne Hélé Béji qui, en son temps, avait osé écorner les mythes de la décolonisation (5). Cette fois-ci cependant, ils risquent de ne plus savoir où donner de la tête : en ce début d’année, Hélé Béji remet le couvert avec un très prometteur "Nous, décolonisés" (Arléa, 237 pages, 18 euros) !

Le lecteur de bonne volonté, quant à lui, restera sourd à ces entreprises de dénigrement. Si l’équation entre nazisme et intégrisme islamique l’effarouche, il se consolera en se reportant, à condition qu’il lise l’anglais – mais lorsqu’on est de bonne volonté, où est le problème ?! –, à l’ouvrage de Robert Satloff, "Among the Righteous" (6), mettant pour la première fois en lumière le rôle oublié de ces Arabes d’Afrique du Nord qui ont secouru des Juifs aux pires heures de la Seconde guerre mondiale… et méritent, à ce titre, de figurer au Panthéon des Justes.

Notes :

(1) "Poste restante : Alger. Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes", Gallimard, Paris, 2006, 58 pages.
(2) "Le Nationalisme arabe", Payot et Rivages, Paris, 1996 et "Les Frères musulmans : 1928-1982" (avec Michel Seurat), L’Harmattan, Paris, 1983.
(3) "Djihad und Judenhass. Über den neuen antisemitischen Krieg" ["Le Djihad et la haine des Juifs. Sur la nouvelle guerre antisémite"], Ça ira, Freiburg, 2002.
(4) "Le croissant et la croix gammée", Albin Michel, Paris, 1990.
(5) "Désenchantement national", Maspero, Paris, 1982.
(6) "Among the Righteous: Lost Stories from the Holocaust's Long Reach into Arab Lands" ["Parmi les Justes : Histoires perdues de l'Holocauste dans les terres Arabes"], PublicAffairs, New York, 2006.

Extraits choisis...

"Se découvrir le fils d'un bourreau est pire que d'avoir été soi-même un bourreau. Le bourreau a ses justifications, il s'abrite derrière un discours, il peut nier, il peut crâner, revendiquer son crime, que dis-je son ministère, et affronter fièrement la potence, il peut se cacher derrière ses ordres, il peut se sauver, changer d'identité, se construire de nouvelles justifications, il peut s'amender, il peut tout. Mais le fils, que peut-il, sinon compter les crimes de son père et traîner le boulet sa vie durant ? (...) Tu n'avais pas le droit de vivre, tu n'avais pas le droit de nous donner la vie, cette vie je n'en veux pas, elle est un cauchemar, une honte indélébile. Tu n'avais pas le droit de fuir, papa. (...) Hans Schiller, sois maudit !"

La presse en parle...

"Livre de filiation, de combat contre l'oubli, l'amnésie, le négationnisme, Le Village de l'Allemand est aussi et surtout un roman d'apprentissage pour les générations futures." Christine Rousseau, Le Monde.

A noter...

Boualem Sansal
"Le Village de l'Allemand"

Paru le 3 janvier 2008
Chez Gallimard
17 euros
Lien Amazon

A lire aussi sur CultureCie...
 

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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 03:31
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A force d’imagination, d’audace, de courage et de résistance, ils ont chacun réussi à se créer un destin en donnant à leur entreprise, et à toutes les femmes et les hommes qui y travaillent, une histoire exceptionnelle. Fabrice Malzieu et Elizabeth Bret ont tiré le portrait d'une cinquantaine de patrons, des petits devenus grands à force de rêves et d'audace... Paul-Henri Moinet et Dominique Julien ont rencontré ces entrepreneurs ain de nous raconter leurs "petites histoires extraordinaires". Quand les idées des entrepreneurs sont décuplées par l’engagement d’un investisseur, tout devient possible. Sauver, créer, développer, mondialiser ou racheter, les nouvelles entreprises françaises n’ont plus de limites. L’avenir appartiendrait-il aux PME ?

A lire aussi sur CultureCie...


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Published by Axelle Emden - dans Actualité & Politique
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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 00:48

Dans un essai à la fois pédagogique et profond, Didier Peyrat dresse un tableau sans complaisance des errements d’une sociologie absolutrice, prompte à noyer le problème de l’insécurité dans la violence de la société.

Magistrat au Tribunal de grande instance de Pontoise, Didier Peyrat intervient régulièrement dans les pages « opinions » du Monde ou de Libération. Il a consacré plusieurs publications à la question de l’insécurité. Face à l’insécurité : refaire la cité (Buchet Chastel, 2007, 210 pages) est la dernière en date.

La réflexion engagée par l’auteur, qui nous invite rien moins qu’à méditer sur la morale et la liberté humaine, est à la mesure de la gravité du problème. Car « au-delà de ses victimes immédiates, qu’elle abîme, l’insécurité excessive s’attaque à la sociabilité, qu’elle déchire ». L’insécurité trouve ainsi sa source dans la crise majeure de la civilité dans laquelle la société française est empêtrée et qui pèse lourdement sur les rapports sociaux au quotidien. Ce « vivre-ensemble » dont tout le monde se gargarise, à gauche comme à droite, est en réalité le nœud du problème.

Ne sacrifiant ni au catastrophisme ni à l’angélisme, Didier Peyrat dresse sereinement le diagnostic : tout d’abord, nous assistons à une augmentation, un durcissement et un rajeunissement inquiétant de la délinquance juvénile ; ensuite, une banalisation des modus operandi violents est à l’œuvre depuis quelques années ; enfin, une jonction commence à s’opérer entre des actes de délinquance classique (vols, dégradations, etc.) et certains comportements découlant d’alignements identitaires, voire carrément racistes.

Se tenant à égale distance de ces deux simplismes qui voudraient, d’une part, que la délinquance « explose », et d’autre part, que l’insécurité ne soit qu’une hallucination collective, l’auteur montre, chiffres à l’appui, que le phénomène enfle lentement depuis les années soixante. Une démonstration d’autant plus forte que l’auteur, ancien membre du Syndicat de la Magistrature, est ancré à gauche. Mais sur les dix dernières années, ce sont les violences graves contre les personnes, c’est-à-dire celles qui entraînent une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, qui ont sensiblement augmenté. Si les vols et recels se stabilisent à plus de deux millions par an depuis le milieu des années 80, les vols avec violence (sans arme à feu) ont cru de 120 % en quinze ans. Le tableau ne serait pas complet si l’on ne tenait compte de la baisse de la propension des citoyens à porter plainte.

Bien sûr, d’aucuns ont pu soutenir qu’il ne s’agissait là que d’un effet d’optique, que ces hausses ne reflétaient que l’intensification du système de police. Mais pour Didier Peyrat, « cette thèse ne résiste pas à l’examen » dans la mesure où moins de 8 % du total des infractions comptabilisées relèvent d’une initiative de la police. En réalité, la grande masse des délits est portée à la connaissance des services de l’Etat, après coup, par les plaignants.

Ainsi, l’insécurité n’est ni un « sentiment » construit de toutes pièces par les médias, ni l’expression d’une révolte. D’ailleurs, ce n’est que de manière marginale qu’elle se dirige contre les institutions.

Sceptique vis-à-vis du bilan de Nicolas Sarkozy au Ministère de l’Intérieur et des effets positifs de la démagogie sécuritaire, Didier Peyrat n’en flétrit pas moins l’inanité d’un discours antiautoritaire de gauche selon lequel « l’insécurité n’est qu’un leurre agité pour détourner l’attention des questions sociales ». Ferraillant contre une idéologie antisécuritaire d’inspiration néomarxiste dont Loïc Wacquant, à la suite de Pierre Bourdieu, est sans doute le plus auguste représentant, Peyrat réfute ce serpent de mer des sciences sociales politiquement correctes : la « montée du punitif ». Il ne manque pas, au passage, de contester la rigueur des travaux du très controversé Laurent Mucchielli, ce chercheur en sciences sociales qui explique à qui veut l’entendre que l’inscription du problème de l’insécurité sur l’agenda politique est le signe d’une lepénisation des esprits. Au contraire, Peyrat relève avec pertinence que « la montée en puissance électorale et l’installation du Front national dans le paysage politique français ont coïncidé avec la montée de la victimation de masse ». On doute alors que ce soit en niant le problème de l’insécurité qu’on combattra avec succès les idées frontistes.

S’érigeant en faux contre l’approche sociodéterministe actuellement hégémonique à l’Université, Peyrat réhabilite un auteur aujourd’hui tombé dans l’oubli : Georges Gurvitch. Le sociologue avait tenté de penser les relations entre le déterminisme social et la liberté individuelle. « Pour lui, les facteurs sociaux ne détruisent aucunement la liberté humaine. Simplement, ils en font "une liberté située, liberté encadrée dans le réel, liberté sous condition, liberté relative". Une sociologie criminelle n’éludant ni l’existence des conditionnements ni celle de la liberté, mais essayant de penser leur tête à tête, leur confrontation, leurs enchevêtrements, est parfaitement possible ».

Espérons que l’appel sera entendu.

A noter...

Paru en janvier 2007
Chez Buchet-Chastel
210 pages

Lien Amazon

Voir aussi sur CultureCie...

  Et aussi...

  "Le Malheur français" de Jacques Julliard.

  "Le Socialisme libéral" de Monique Canto-Sperber.

 "La Démocratie et le marché" de Jean-Paul Fitoussi...

 

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Published by Rudy Reichstadt - dans Actualité & Politique
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 00:30



Bernard-Henri Levy, Jacques Julliard, Bernard Kouchner, André Glucksmann et bien d'autres tirent la sonnette d'alarme: il y a urgence au Darfour. Sous la direction de Morad El Hattab, "Urgence Darfour" tente de lutter contre le silence qui entoure "le premier génocide du XXIème siècle". Guerre civile opposant le régime islamiste de Khartoum (allié à des milices arabes) à des groupes rebelles issus de la population noire locale, ce conflit "oublié" est un massacre: on estime qu'il y a eu 180 000 à 300 000 morts depuis février 2003.

Kofi Annan a beau avoir déclaré que "le Darfour, c'est l'enfer sur terre", les populations continuent à mourir dans l'indifférence généralisée. Comme le souligne Jacky Mamou, ancien dirigeant de Médecins du Monde, "au Darfour, il y a plein de gens, plein d'ONG qui y sont allés et qui ont essayé de raconter ce qu'ils ont vu. Mais ça ne passe pas, l'indifférence demeure."

Pour lutter contre "le silence qui couvre la poursuite des massacres" et contre "l'inaction
générale", les personnalités du collectif "Urgence Darfour" tentent de sensibiliser l'opinion publique et les gouvernements. En proposant leurs visions de la situation, ils pourront éclairer tout un chacun sur la catastrophe du Soudan. En proposant des solutions envisageables, ils tentent de créer des ponts entre les idées et les actes: un appel direct aux autorités, gouvernementales et intergouvernementales, nationales et internationales. Espérons que ces intellectuels rencontrent le même écho qu'Audrey Hepburn à l'égard de l'Ethiopie...

Le mot de Morad El Hattab sur son engagement...

"C’est un honneur, mais c’est aussi un devoir. Le devoir d’un écrivain dont l’une des principales missions est d’alerter l’opinion quand l’heure est grave. Comme vous le percevrez dans cet ouvrage, alors que la plupart des politiques des pays occidentaux préfèrent parler de situation « complexe » au lieu d’essayer de faire pression sur le gouvernement soudanais pour trouver une solution durable à ce conflit, alors que les bourreaux poursuivent leurs exactions en toute impunité et que les populations meurent par centaine de milliers dans l’indifférence quasi générale, il était plus que nécessaire d’alerter l’opinion publique.
Comme certains auteurs l’ont souligné dans leur texte, l'Histoire ne nous a apparemment rien appris. A l'heure des règlements de comptes avec notre passé, nos fautes et nos erreurs nous empêchent de regarder en face les génocides du présent. Les peuples du Darfour - dont le seul tort est d'être loin de nos yeux, donc loin de nos cœurs - doivent-ils continuer à mourir en silence ?
Tenterons-nous de nous racheter en condamnant les tortionnaires du Darfour dans plusieurs décennies, quand l'heure des comptes avec un nouveau passé aura sonné et que les inévitables donneurs de leçons auront réalisé combien la communauté internationale a été, une fois de plus, désespérément sourde ?
J’ai bon espoir qu’à travers cet ouvrage collectif, votre appel, notre appel, sera entendu. Nous savons que si nous parvenons à sensibiliser l’opinion publique et à mobiliser les médias, il sera possible de faire pression sur les gouvernements.
Cet ouvrage contribuera, je le souhaite, à toucher les cœurs et les esprits, et à forcer la communauté internationale à agir vite pour arrêter le massacre."

A noter...

21 €
25 Mai 2007
Droit de citer
288 pages
Documents / Actualité

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4 mars 2007 7 04 /03 /mars /2007 00:31




Février vient de s’achever et l’on n’a peut-être pas commémoré comme il se devait l’anniversaire de la mort d’Ilan Halimi. Il y a un an, le jeune homme était enlevé, séquestré, supplicié et finalement abandonné, agonisant, au bord d’une ligne de chemin de fer. L’horreur et l’indignation suscitée par la barbarie du crime a été générale.
De l’eau a coulé sous les ponts depuis, mais la situation s’est-elle vraiment améliorée du point de vue de la lutte contre l’antisémitisme ? Dieudonné a toujours pignon sur rue et fait maintenant salle comble avec le concours de la fine fleur du Front national. Un écrivain « respectable », Raphaël Confiant, qualifie les Juifs d’« Innommables ». Il y a encore trois mois, à la sortie d’un match de foot, un jeune Juif était pris en chasse par une meute de supporters enragés…

Normalien, Adrien Barrot enseigne la philosophie à l’université de Paris XII. A 40 ans, il est l’auteur d’un plaidoyer sur l’école (L’Enseignement mis à mort, E. J. L., coll. Librio, 2000, 88 pages) qui lui fait résolument côtoyer les auteurs les plus critiques – souvent aussi les plus lucides hélas – sur la situation de l’instruction publique en France.

Son dernier essai, Si c’est un Juif, prend l’affaire Ilan Halimi pour point de départ. Elle le conduit à aborder une partie de ces facteurs « qui contribuent au détraquage généralisé de notre époque et de ce pays », car qui veut comprendre la résurgence actuelle de l’antisémitisme doit la replacer dans l’état de déliquescence qui l’a rendue possible. A l’appui de sa thèse, le philosophe nous livre des considérations souvent pénétrantes sur la consubstantialité du nazisme et du gangstérisme ; l’inanité d’une critique sociale impénitente qui, trop souvent, trouve des excuses à l’injustifiable ; le recyclage et le blanchiment de la haine antijuive la plus éculée par le truchement de l’antisionisme ; le rapport du marxisme au « fait juif » ; etc.

Adrien Barrot fait partie de ces Cassandre qui n’apportent que des mauvaises nouvelles. Voici donc un livre qui ne fera pas l’unanimité, un livre qui, si on daigne bien lui accorder l’importance qu’il mérite, va diviser.

Infos…

Adrien Barrot, Si c’est un Juif. Réflexions sur la mort d’Ilan Halimi
Michalon
2007
149 pages
14 €

A lire aussi sur CultureCie...
 

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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 04:40

 "Il y a lieu de se demander si l'exercice de la politique est encore possible."



Philosophe intriguant, Gauchet revient sur son oeuvre et son parcours original dans ces entretiens avec François Azouvi et Sylvain Piron. Psychiatrie et psychanalyse, histoire, philosophie, interrogations sur l’histoire religieuse et ses rapports avec le politique, cette oeuvre à l’apparence disparate se révèle ici d’une grande cohérence: l’avenir des démocraties libérales ne va pas sans un questionnement anthropologique et, de manière générale, Gauchet est avant tout un penseur de son temps.

Extraits...

"Rançon du présent, justement, j’ai élargi le spectre des questions par rapport aux glorieux ancêtres que j’évoquais, en y intégrant la « psychologie », pour faire simple - l’histoire du sujet, pour être plus exact. Mais là aussi, je n’ai fait que pratiquer tout haut ce qui est tacitement admis tout bas. Un sociologue qui ne se poserait à aucun moment la question de savoir ce qui se passe dans la tête des individus singuliers qu’il appréhende comme acteurs sociaux, c’est-à-dire de l’extérieur et en masse, serait un étrange sociologue. Il est vrai que l’espèce n’en est pas dépourvue... Mais les plus grands n’ont pas manqué d’être attentifs aux expériences subjectives et au travail des esprits de leur temps. Comment comprendre, par exemple, le travail de Durkheim, si on ne voit à quel point il est nourri de la connaissance de la psychologie et de la psychopathologie de son époque? Je reconnais pleinement la légitimité disciplinaire (...). Mais il ne faut pas ériger les frontières disciplinaires; les disciplines cordes exigences méthodologiques distinctes sont en aucune façon des essences."

La presse en parle...

"Son analyse bénéficie dans ‘La Condition historique’ d’un nouvel éclairage qui lui donne une force particulière." Les Echos - Jean Dubois - Octobre 2003.

Voir aussi sur CultureCie...

"La Religion dans la démocratie", de Marcel Gauchet.

"Du Mur de Berlin aux tours de New-York" de François Azouvi & René Rémond...

 

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6 janvier 2007 6 06 /01 /janvier /2007 16:16


Ecrivain et animateur de l’émission « Cultures d’Islam » sur France culture, Abdelwahab Meddeb nous livre avec Contre-prêches un recueil tiré de chroniques qu’il a assurées plusieurs années durant sur une radio marocaine de Tanger (Radio Méditerranée Internationale – Médi 1 ). Dans l’une de ses chroniques intitulée « L’Islam et la mer », il soutient la thèse selon laquelle « la raison principale du déclin de l’Islam, de son échec historique, réside dans le fait qu’il n’a jamais su maîtriser les mers, avec pour conséquence de n’avoir pas découvert l’Amérique ».

S’appuyant sur Carl Schmitt (cf. Terre et Mer) et Xavier de Planhol (cf. L’Islam et la Mer. La mosquée et le matelot, VIIe-XXe siècle), Meddeb décèle les racines de cette « phobie maritime de l’Islam » dans la lettre même du Coran : « les huit fois où les termes de terre et de mer sont associés, systématiquement la terre est citée en premier » explique-t-il.

L’éclairage historique aidant, Meddeb fait remarquer que la plupart des grands marins musulmans étaient des chrétiens convertis et qu’aujourd’hui encore, malgré l’impressionnante façade maritime et océanique dont jouit le Maroc, nul n’est capable de citer le nom d’un skipper marocain. Pis, « jusqu’à tout récemment, le Maroc louait ses eaux aux pêcheurs espagnols, car il n’avait pas même développé d’industrie de la pêche » !

L’« échec » de l’Islam serait donc à chercher dans cette défaillance originelle de son rapport à la mer car c’est bien avec la conquête des océans que l’Occident a pris son essor au XVe siècle, début du décrochage historique entre l’Europe et les pays du Sud de la Méditerranée.

A noter...

Contre-prêches. Chroniques d'Abdelwahab Meddeb
Paris, Le Seuil, 2006
510 pages
Lien Fnac.com


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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 00:10

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