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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 16:48

Gérald Faris, psychologue praticien et professeur à l’Université de Yale, et Ralph Faris, professeur de sociologie et directeur des programmes d’orientation à l’Université de Philadelphie, ont ensemble écrit Janis Joplin et Jim Morrison face au gouffre
afin de faire connaître le mal constant du «borderline» dont souffraient les deux stars. Ils signent un ouvrage audacieux, mêlant avec brio biographies, psychanalyse et fiction.

Cette «affection méconnue à l'époque mais bien identifiée aujourd'hui», le «borderline», a tué Janis Joplin et Jim Morrison, les menant prématurément à la mort à l'âge de 27 ans.

Quelles explications donner au comportement autodestructeur qui a précipité la mort de ces deux célébrités ?
Pourquoi se comportaient-ils de façon aussi excentrique et outrancière ? Etaient-ils suicidaires ? Quelle était la nature de leur grave détresse ? Aurait-on pu leur venir en aide ? Identifier les causes d’un problème psychologique ayant causé leur profonde détresse et analyser leur inaptitude commune à cultiver la notion de soi dans l’espace et le temps sont les deux thèmes principaux du livre. C’est ce manque, cette carence intérieure entraînant un désespoir intense qui confrontait les deux rock-stars à la « zone morte » (terme employé par les patients) ou à la personnalité limite ou « borderline » ainsi nommés par les docteurs.

Un rappel de leurs biographies respectives précède les passionnantes séances de psychothérapie des deux chanteurs, séances
replacées dans le contexte des années 1960 et imaginées par les auteurs après une longue et laborieuse étude de leurs interviews et les écoutes de nombreux témoignages (famille, amis, relations professionnelles et personnelles).  Au-delà de toute polémique, ce livre audacieux apporte des éléments essentiels permettant de mieux comprendre contre quels démons luttaient au jour le jour ces deux icônes du rock et du blues. La fiction est magistralement menée, les troubles de la personnalité sont tous inventoriés, « l’analyse » est commencée  et nous tient en haleine jusqu’à la fin.
         
Si l’essai est audacieux et réussi car la maladie, ses causes et ses effets y sont clairement exposés, il aurait été intéressant d'y apporter des éclairages concernant les thérapies actuelles. Initialement, le livre était destiné aux médecins et psychologues, il faut croire que les remarquables personnalités des deux artistes ont envoûté les auteurs jusqu’à leur faire oublier de nous parler des soins qu’aujourd’hui, la médecine serait en mesure de leur prodiguer.

Extraits choisis…

«Ces patients ne parviennent pas à maîtriser longtemps leurs états émotionnels, ils sont gouvernés par eux. En les observant, on constate qu’ils sont effectivement tyrannisés par leur détresse. La psychologue Marsha Linehan comparait ceux qui souffrent de ce mal à de « grands brûlés » au  troisième degré, sur plus de 90% de leur corps. Privés d’épiderme, ils souffrent le martyre au moindre toucher, et dès qu’ils bougent, ne serait-ce qu’un peu. Que ces artistes aient réussi à composer des chansons aussi captivantes dans de semblables conditions psychologiques est en soi un phénomène remarquable. (page 28)

Janis : «Mais toute cette saloperie, cette foutue connerie. Ecoutez, c’est dur, c’est diffcile. Ca ne s’apaise jamais. Pas de répit. Tout le temps, c’est comme, vous savez bien, comme inconfortable, confus. C’est plus marrant parfois, mais là, c’est comme… Je ne sais pas… Tout déconne. Rien ne fait plus de bien. Je sais pas. J’ai l’impression de devenir folle. Je n’arrive plus à me fendre la gueule comme avant, çà marche plus. Jamais. C’est seulement que je suis… Je me sens toujours mal à l’aise. Et faites moi pas de sermons sur la drogue, je sais ce que je fais, je suis prudente…. » (page 83).

Jim : «  Je vous ai déjà dit ce qui compte. La souffrance, la sexualité, les émotions et la mort… » ( page 176).

A noter...

"Janis Joplin et Jim Morrison face au gouffre : Le trouble de personnalité limite"
De Gerald Faris & Ralph Faris (traduit par François Tétreau)

Editeur : Le Castor Astral
Collection Musique - Cinéma
Parution: 14 juin 2007
239 pages
19 euros

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Published by Laurence Schmitt - dans Psycho - Psycha
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 10:27

Dans son dernier ouvrage, Henri Pons dénonce les blessures de l’enfance et avec elles les vices culturels qui les perpétuent. Accessible à tous, le livre est loin d’être un manuel scientifique : vingt-huit « anonymes » ont accepté de publier leurs « lettres ouvertes », des mots durs et sincères destinés à leurs parents. Une méthode… pas très catholique pour un ouvrage… pas très psychanalytique ? Réponses d’Henri Pons.



CultureCie : Selon votre dernier ouvrage, la répétition des blessures de l’enfance de génération en génération n'est plus inéluctable : en soignant ces blessures, il serait possible de ne plus les transmettre à nos enfants. Cette idée paraît un peu utopique : comment pourrait-on y parvenir ?

Je dirais qu’il faut d’abord prendre nos responsabilité, tout simplement, en commençant par critiquer utilement les idées reçues qui nous maintiennent dans l'erreur : dans notre culture, bon nombre de convictions ancrées mènent au pire. Dans les sciences humaines par exemple, on trouve des dogmes, comme dans la religion : la psychanalyse a érigé le dogme de « l'enfant pervers polymorphe ». Il est faux. L'enfant ne naît pas pervers, mais peut le devenir par la faute de parents toxiques, indélicats, ou tout simplement maladroits, malheureux ou mal informés. Dans notre culture, les idées reçues sont nombreuses et bien ancrées : prenons le cinquième commandement de la Bible par exemple, ou le troisième commandement de l'église catholique. Ce dernier fait obligation d'honorer nos parents ! Ce genre de commandements leur confèrent un brevet d'irresponsabilité et, du même coup, nous aliènent dans un statut de victimes. Depuis la nuit des temps, et aujourd'hui encore, l'honorabilité inconditionnelle des parents occulte les blessures de l'enfance : « Moïse sauvé des eaux » cache l'enfant largué sur le Nil par sa mère. De la même manière, Mazarine Pingeot, dont l'existence fut cachée malgré le scandale des écoutes de l'Élysée dont le contribuable fit les frais, a été révélée comme le fruit d'une belle histoire d'amour. Elle cache en réalité la violence inouïe de son père à son encontre : il lui imposa dix ans d’illégitimité et vingt ans d’interdiction d'exister au grand jour !

Comme bon nombre d’intellectuels et de « psys », vous dénoncez les méfaits des commandements religieux, mais votre critique met également en cause la psychanalyse freudienne, à l’image des défenseurs de la « gestalt », comme Alice Miller…

En effet, comme c’est surtout sous l'angle de la responsabilité des parents (et non de leur culpabilité) que j'ai orienté mon livre, ceci m'a amené à une critique de la psychanalyse dans la mesure où elle ignore les blessures des enfants en reprenant l'erreur de Freud qu'Alice Miller a bien dénoncée : son trop fameux « enfant pervers polymorphe » rejoint finalement le christianisme qui dit « tes père et mère tu honoreras ».
En ce qui concerne la psychanalyse, il est vrai que je peux être sceptique : prenons l'expression « être en analyse » par exemple. Cette expression est utilisée comme synonyme de « être en traitement ». C'est bien là qu'est le problème. Les psychanalystes eux-mêmes reconnaissent que la psychanalyse n'est pas là pour soigner. Le livre noir de la psychanalyse a dénoncé ces erreurs. Un chapitre donne la parole aux victimes de la psychanalyse et j'ai été frappé de voir que dans la polémique qui a suivi, aucune des critiques n’a parlé de ces victimes qui ont été pourtant si maltraitées. Comme tous les thérapeutes, j'en ai connus, et même parmi mes proches. Il est temps de faire savoir qu'il existe d'autres moyens de soigner ces blessures. Bien sûr, comme dans toutes les questions où le pouvoir est à la clé, les psychanalystes ne désarmeront pas de sitôt. Il n’est que de voir comment Jacques Alain Miller, qui s'intitule lui-même pompeusement « gendre de Lacan pour l'éternité », traite avec condescendance ceux qui ont osé le critiquer comme les auteurs d'un crime de lèse-majesté auxquels il veut bien « remettre leurs péchés ». Ces excès et ces querelles de clocher n'enlèvent pas une once de souffrance aux blessés de l'enfance !

Finalement, votre ouvrage peut être défini comme une lutte contre les abus de pouvoir, qu’il s’agisse des parents, de la religion ou de la psychanalyse freudienne…

Oui, en quelque sorte. À propos de pouvoir et d’abus de pouvoir des adultes, je cite l'exemple du père de Mazarine Pingeot qui lui a infligé seize ans de vie clandestine. C'est beaucoup, mais personne n'a osé l'en blâmer. Mazarine n'a eu que la possibilité d'écrire « Bouche cousue » pour se soulager. Après avoir consacré trente ans de ma vie aux plus défavorisés dans les hôpitaux psychiatriques et les prisons, plutôt que de rester impuissant devant le naufrage de la psychiatrie, bien étudié dans le livre de Sophie Dufau, j'ai écrit ce livre en espérant être utile à ceux qui ont été blessés dans leur enfance afin qu'ils y trouvent remède et qu'ils évitent, autant que faire se peut, de commettre les mêmes erreurs avec leurs enfants.

En lisant quelques extraits de vos « lettres ouvertes », on est surpris par la simplicité des propos des participants, par certaines maladresses avec le Français aussi. Est-ce le signe d’une volonté d’authenticité de votre part, souhaitiez-vous restituer le plus fidèlement possible les lettres de vos « anonymes » ?

J’ai éliminé les fautes d’orthographe, évidemment, même si l’orthographe est aujourd'hui très négligée. À ce sujet, je me souviens en particulier d'une très longue lettre dans laquelle manquaient tous les accents sur les « à », alors que l'auteur en mettait un au verbe avoir… Mais ces corrections sont très délicates : j'ai eu beaucoup de difficultés avec les fautes de français de certains de mes anonymes qui tenaient absolument à telle ou telle tournure de phrase, grammaticalement peu orthodoxe, mais qui traduisait mieux, selon eux, leur état émotionnel. J'ai cédé devant cet argument puisque, comme vous l'avez sans doute vu, ce qui fait l'originalité et la force de ces lettres réside dans leur impact émotionnel. Il en a été de même pour celles qui sont présentées sous forme de poèmes.

Votre objectif était-il avant tout de rendre accessible au plus grand nombre cette problématique des « blessures de l’enfance » ?

En effet, ce n'est pas sous un angle professoral que j'ai conçu mon livre. Il y en a déjà beaucoup de ce genre. J'ai choisi une forme accessible au plus grand nombre, faisant plus appel au bon sens qu'au savoir, au coeur plus qu'à la tête. C'est ce que j'ai appris en Gestalt, méthode à laquelle très peu de psychiatres sont formés tant la psychanalyse a été dominante ces dernières années. La Gestalt privilégie l'émotion. Les lettres ouvertes de mes anonymes à leurs parents parlent d’elles mêmes. Elles n'ont pas besoin d'interprétation. Elles lèvent le non-dit, toujours toxique, et c'est en cela qu'elles ont valeur thérapeutique. Leur lecture peut inciter ceux qui ne l'ont pas fait à sortir du non-dit. J'espère qu'une prise de conscience en résultera : non, les parents n'ont pas toujours raison, non les parents ne savent pas toujours ce qui est bon pour leurs enfants.
Mais si je n’ai pas modifié les lettres des anonymes, c’est aussi pour d’autres raisons : il est bien évident qu'en thérapie, ces lettres peuvent être travaillées, mais elles ne peuvent être modifiées que par l'intéressé lui-même, ce qui arrive d'ailleurs fréquemment en cours de thérapie. Elles ont valeur et sens à un instant précis de l'histoire de leur auteur par rapport à un parent ou aux parents. Dans mon livre, je ne pouvais écrire aucun commentaire après chaque lettre sans agresser gravement leur auteur, celui-ci n’ayant pas le droit de réponse.

Extraits choisis…

"Un souvenir de mes vingt ans chante encore en ma mémoire, lumineux, bien que vieux de plus d'un demi-siècle. Simple instantané de la vie de tous les jours, anodin en apparence, il porte cependant une idée-force de ce livre. À cette époque, pour accéder aux études de médecine, il fallait obtenir un certificat de physique, chimie et biologie. Ces études me passionnaient si peu que j'avais raté les épreuves de l'année précédente. Je m'ennuyais ferme sur mes cours, et, un jour, n’en pouvant plus, je décidai d'aller prendre l'air : je vis un père se promenant avec son fils âgé de trois ans environ, s'arrêter et s'accroupir face à lui pour l’écouter. Cette scène de la vie ordinaire, beaucoup plus éloquente pour moi que le certificat en question qui ne me servit jamais à rien, m'a instantanément frappé : POUR ECOUTER LEURS ENFANTS, LES PARENTS SONT OBLIGES DE SE METTRE A LEUR PORTEE." (Avant propos)

Récente est la conscience collective de la fragilité de l’enfant et de l’importance de ses relations parentales pour son avenir. Il y a peu de temps, on se contentait de dire que le petit de l’homme est le plus fragile de la nature, simple constat qui ne portait remède en aucune façon à la-dite fragilité. Puis on a découvert que son système nerveux n’est pas achevé à sa naissance. Puis que le nourrisson ne se contentait pas de lait mais qu’il lui fallait aussi de l’amour. La France s’enorgueillit d’être, depuis 1789, la patrie de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, mais les femmes ont attendu 1944 pour avoir le droit de voter, et, incroyable mais vrai, ce n’est que le 12 août 2000 que l’ONU, dans sa commission des droits de l’enfant, dénoncera les tortures encore couramment pratiquées. Et le droit des enfants ?
Les maltraitances psychologiques, pourtant abondement décrites dans les romans où sévissent mères abusives ou pères tyrans, persistent et persisteront longtemps dans de nombreuses familles. L'intimité familiale devrait protéger l'épanouissement des enfants et leur bonheur. En réalité, y sont trop souvent abrités pendant des années des drames qui passent inaperçus. (Introduction)

Lien Amazon

 

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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 00:29
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"Voltaire, au secours!"



Julia Kristeva est psychanalyste et romancière. En plus d'avoir écrit des ouvrages de référence en psychanalyse ou des romans policiers, elle s'intéresse à de nombreuses disciplines des sciences humaines. Ses "chroniques du temps sensible" réunissent les interventions qu'elle a menées, de septembre 2001 à juillet 2002, chaque matin, sur France Culture. Un film, un concept en vogue de la psychanalyse, une actualité politique ou un roman l'ont inspirée chaque jour pour nous parler une dizaine de minutes et nous faire réfléchir toute la journée. "Intimité voilée, intimité violée", "L'enfer, c'est les autres", "Beauté oblige", "L'avenir des illusions", "Littérature et terrorisme" sont autant de chroniques aussi agréables à lire qu'à écouter.

A garder un an sur sa table de chevet pour que le plaisir dure le plus longtemps possible...

Quelques citations...

"Souffrons-nous de trop ou de pas assez de désir?"

"Vous n'êtes pas en vie psychique si vous n'avez pas rencontré la beauté au berceau."

"La psychanalyse semble être une gardienne de la singularité spécifique à chacun, précisément, peut-être la seule."

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"Dernières nouvelles des choses" de Roger-Pol Droit dans "Philosophie".

"Chroniques d'un buveur de lune" de Morad El Hattab...

 

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 00:45

"Les plus beaux poèmes, les plus grands romans sont des enfants de la nuit, des enfants du silence aussi."

Voyage en solitaire, échanges avec des morts et des vivants, des écrivains et des patients, cette traversée navigue dans les profondeurs du néant et de l'étrangeté. Eloge de l'ombre et de la solitude, du calme et du retour sur soi, le voyage de Pontalis donne à penser les rêves et les réalités sous un nouveau jour. Cette traversée est un cadeau. Une aventure. Une invitation. On s'attache à ce livre et à sa profondeur. Parce que la plume est vive et posée, parce que la réflexion est dense et claire, et surtout parce que le livre est un pont entre la solitude d'un écrivain et celui d'un lecteur. Entre essai et confidences, Pontalis se dévoile ici comme Duras le faisait avec "Ecrire". Le style d'un écrivain, les réflexions d'un psychanalyste, les interrogations d'un homme... Comment rester indifférent à la poésie de ces ombres?

Quelques citations...

"Pour tempérer l'ambition des philosophes des Lumières, rien de mieux qu'un éloge de l'ombre."

"Le nocturne: qu'est-ce qui, en lui, tout à la fois nous attire et nous menace?"

"Nous créons, nous inventons nos objets d'amour."

"Le rêve ignore le néant."

"Ecrire est un vice impuni."

"Souvent le langage, comme l'autoroute encombrée, n'est qu'une prison, n'est qu'une contrainte."

Extraits choisis...

"Douleur, révolte face à un trop de lumière, à la lumière implacable. Un soleil qui éblouit, un soleil qui tue. Confrontés par force à l'idée pure, sans ombre, des philosophes, ne choisirions-nous pas plutôt de rester comme des prisonniers, au plus près des ombres?"

"Incidence sur l'écriture. Cela fait bien des années que la question m'occupe comme elle occupe beaucoup d'autres: y a-t-il moyen d'inventer une écriture, un style qui ne soit pas trop fidèle à ce qui se noue, se dénoue, se tisse, se détisse dans l'analyse? Un style qui ne serait pas didactique, qui ne prétendrait pas prendre l'ascendant, en imposer, mais transmettre ce qui est venu d'une expérience toujours déroutante, un style qui donnerait, selon le voeu de François Gantheret, de la chair aux mots - ces mots vivants qui ont la mort si facile, soit que nous les meurtrissions, soit qu'ils s'usent d'eux-mêmes -, un style qui les rendrait palpables (le rêve donne à voir, il ne donne pas à toucher) et saurait surmonter la distinction simpliste entre théorie et clinique sans s'abandonner aux délices narcissiques d'un discours associatif qui ne parle à personne qu'à soi." (p. 79, éditions Folio Gallimard).

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7 octobre 2006 6 07 /10 /octobre /2006 12:51


"Le corps sait ce que la morale ignore."



Nausées, maux de tête, dos douloureux ou crises d'asthme à répétition sont des maux physiques qui sont rarement sans lien avec nos âmes. A travers de nombreux exemples tirés de récits de thérapies ou de vécus de célébrités aussi diverses que Schiller, Kafka, Proust, Joyce ou Nietzsche, Alice Miller tente d'expliquer que le corps dit souvent ce que nos têtes refusent d'accepter. Mais bien d'autres thèmes sont apparentés à ce phénomène: prise de drogue, pression sociale, suicide, maltraitance... Comme toujours avec Alice Miller, le style est fluide, les exemples sont nombreux et la psychanalyse est plus accessible que jamais.



Quelques citations...

"La cécité émotionnelle constitue un luxe extrêmement coûteux et souvent autodestructeur."

"Lorsqu'un être humain essaie de ressentir ce qu'il doit ressentir, et s'interdit d'éprouver ce qu'il ressent réellement, il tombe malade."

"Notre corps conserve en mémoire tout ce que nous avons vécu."

"La paix à laquelle tant d'êtres humains aspirent ne peut nous être donnée de l'extérieur."

"Les émotions vécues ne durent pas éternellement. (...) Elles ne se fixent dans le corps que lorsqu'elles sont bannies."

"Quand j'appelle maltraitance ces blessures invisibles, je trouve le plus souvent en face de moi résistance et indignation ouverte."



Extraits choisis...

"La perversion a ses racines dans l'enfance (...). Il est faux de dire que, comme le prétendent certains "experts", nous abritons tous en nous la "bête". Elle n'est pas inhérente à notre condition humaine. Elle apparaît et se développe après la naissance."

"Un amour imposé n'est pas de l'amour: cela conduit tout au plus à faire "comme si", à des rapports sans vraie communication, à un simulacre d'affection chargé de camoufler la rancune, voire la haine. Un tel amour n'aboutira jamais à une vraie rencontre."

"Même si les émotions réprimées arrivent à remonter à la surface, elles auront du mal à disputer la place aux mécanismes précocement acquis. C'est qu'ils ont servi tellement longtemps à minimiser la douleur. Ne plus y avoir recours, c'est comme nager contre le courant; non seulement cela fait peur, mais cela fait naître aussi des sentiments d'isolement. On s'expose au reproche d'apitoiement larmoyant sur soi-même. Or c'est pourtant ici que commence le chemin qui mène à la maturité."


Pour plus d'informations: http://www.alice-miller.com/index_fr.php

 

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28 septembre 2006 4 28 /09 /septembre /2006 16:20


Les philosophes, semble-t-il, laissent décidément le sexe de côté. Michel Henry ose parler de la chair - en rapport avec le christianisme -, Jean-Luc Marion d’une “phénoménologie érotique” mais le jargon est toujours là et finalement, le problème de la sexualité n’est pas véritablement abordé de face. Voilà une philosophe-psychanalyste qui est bien placée pour créer les conditions idéales d’un "blind date" insolite dont la philosophie avait bien besoin.

La presse en a parlé...

"Au fil de courts chapitres à l'écriture rapide et précise, Anne Dufourmantelle multiplie les rapprochements, arbitraires ou éclairants, entre sexe et philosophie". Le Monde des livres - Roger-Pol Droit (23 octobre 2003)

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"La Pornographie et l'épuisement du désir" de Michela Marzano.

"Fééries anatomiques", de Michel Onfray.

"Chroniques du temps sensible" de Julia Kristeva.


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26 septembre 2006 2 26 /09 /septembre /2006 23:32
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"Les souvenirs oubliés ne sont pas perdus."

 

Ouvrage synthétique et pédagogique, mais surtout grand classique de la discipline, les "Cinq leçons sur la psychanalyse’" retracent les origines de la psychanalyse et exposent les grands traits de la méthode. Freud y explique l’hystérie, le refoulement et la résistance ainsi que l’interprétation des rêves. Focalisant sur les actes manqués ou autres célèbres lapsus, le maître éclaire la sexualité infantile et s’interroge sur la libido à travers le complexe d’OEdipe. Enfin, la névrose illustre la régression, le transfert et la sublimation.

 

Extrait...

 

"Mais je devine votre étonnement, bien naturel d'ailleurs - Y a-t-il donc, demanderez-vous, une sexualité infantile? L'enfance n'est-elle pas plutôt cette période de la vie où manque tout instinct de ce genre? - A cette question je vous répondrai: non, l'instinct sexuel ne pénètre pas dans les enfants à l'époque de la puberté. L'enfant présente dès son âge le plus tendre des manifestations de cet instinct; il apporte ces tendances en venant au monde, et c'est de ces premiers germes que sort, au cours d'une évolution pleine de vicissitudes et aux étapes nombreuses, la sexualité dite normale de l'adulte. Il n'est guère difficile de la constater. Ce qui me paraît moins facile, c'est de ne pas l'apercevoir! Il faut vraiment une certaine dose de bonne volonté pour être aveugle à ce point." (Chapitre : Quatrième leçon)


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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 20:54

Les revues de presse sont quotidiennes. Il se peut que les liens renvoient vers des articles inaccessibles quelques jours après avoir été publiés.

Courrier international du 3 août 2006. Extrait.

 

Une thérapie pour le monde arabe? Quand Freud rencontre l'Islam.

Dans son cabinet de Fribourg, en Allemagne, le psychanalyste palestinien Gehad Mazarweh reçoit de nombreux patients musulmans. Il travaille souvent avec eux sur l’interprétation des rêves, une pratique familière à beaucoup d’Arabes. Entretien.

 

Ulrich Schnabel pour Courrier International:L’individu pleinement conscient de soi est un idéal typiquement occidental. Il est également l’objet de la psychanalyse. Dans le monde arabo-musulman, en revanche, ce sont les hiérarchies, les traditions et la religion qui dominent. La psychanalyse peut-elle prendre pied dans ces pays ?

 


Gehad Mazerweh: On compte environ une quinzaine de psychanalystes arabes dans le monde et la plupart d’entre eux travaillent hors du monde arabe. Dans les pays arabo-musulmans, on a peur de la clarification, de la prise de conscience. On y affirme volontiers : “Nous, nous n’avons pas besoin de la psychanalyse. Ce genre de chose, c’est pour l’Occident décadent.” Pour la plupart des gens, il est inconcevable de parler de sexualité, comme le fait la psychanalyse. Je crois pourtant que le monde arabe ne s’en sortira pas sans psychanalyse et sans thérapie.

Lire la suite: Courrier international
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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 15:26


"La douleur et la beauté naissent dans le même temps, dans le même mouvement, dans le feu de la création."

 
Cyrulnik thématise ici le concept de "résilience", le fait, par exemple, de chanter pour tenter d'échapper à ses vieux démons, d'enjoliver l'expérience des camps en attérissant dans une famille qui nous maltraite ou de peindre pour... Survivre! C'est en ce sens que le psychanalyste parle de "merveilleux malheur": "ce n'est pas le malheur qui devient agréable! Au contraire! C'est la représantation du malheur qui affirme la maîtrise du traumatisme et sa mise à distance en tant qu'oeuvre socialement stimulante." 
 
La résilience est une manière de réagir aux violences, aux humiliations ou aux traumatismes vécus dans l’enfance. Julia Kristeva fait très justement remarquer que le mot, courant en langue anglaise, « désigne, pour les sciences physiques, l’aptitude des corps à résister à un choc. En indiquant moins le fait d’encaisser que celui de rebondir, moins donc de se résigner mais de se refaire, la résilience équivaut, dans les sciences sociales, à la capacité à vivre et à se développer positivement, en dépit des traumatismes et des négativités diverses » (Julia Kristeva, Chroniques du temps sensible, « Connaissez-vous la résilience ? », p.93). Une manière d’être acteur ou actrice à partir et malgré ces expériences difficiles. Nous préciserons aux lecteurs pressés et encore prisonniers de leurs « résistances » face à la psychanalyse que les « vilains petits canards » de Boris Cyrulnik englobent une réalité qui concerne tout le monde et qui ne se limite pas, loin de là, aux prisonniers de guerre ou aux "défavorisés". Ainsi Gustave Flaubert est-il sans nul doute un « résilient », lui qui était pourtant, selon le titre de l’ouvrage de Jean-Paul Sartre « l’idiot de la famille »: vous pensez que la mère de Flaubert aurait pu présager que cet enfant muet saurait écrire un jour? Boris Cyrulnik entame son livre sur les mots de Barbara :

« Je suis née à l’âge de vingt-cinq ans, avec ma première chanson. »

- Avant?

- Je me débattais

« Il ne faut jamais revenir

Aux temps cachés des souvenirs…

Ceux de l’enfance vous déchirent. » (Barbara, Mon enfance, 1968)

L’instant fatal où tout bascule tranche notre histoire en deux morceaux.

- Avant?

- "J'ai dû me taire pour survivre. Parce que je suis déjà morte, il y a longtemps - mais je m'en suis sortie, puisque je chante." (Paris Match, 1964)

- Sortie? Il y a donc une prison, un lieu clos d'où l'on peut s'évader - la mort n'est pas sans issue?"

 

Cyrulnik n'est pas Alice Miller: son écriture est un peu plus ardue que celle de la psychanalyste allemande, mais le livre est accessible à tous. Et puis on a tous été, à un moment ou à un autre de notre existence, un "vilain petit canard": mauvais élève, enfant agité, adolescent rebel ou souffre douleur d'un tyran qui s'est mis en travers de notre route... La résilience, c'est le processus par lequel on survit à partir de ces souffrances. Le processus par lequel la "fêlure" a fait de certains des écrivains, des chanteurs ou des peintres.
Une jolie traversée de l'inconscient...

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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 02:41



"Nous pouvons nous changer, nous réparer, regagner notre intégrité perdue."

 


Si le titre du livre phare d'Alice Miller peut paraître un peu long, il est en réalité, excellent: c'est toute la complexité du livre qu'il restitue. Est-ce un drame d'être un enfant doué? Oui. Si c'est un drame, alors l'enfant doué a-t-il de l'avenir? Cela dépendra, en fait, du destin qu'il décide de donner à son drame.


L'enfant doué, ici, ce n'est pas forcément l'enfant surdoué: c'est d'abord l'enfant sage, celui qui s’adapte à l’entourage, souvent, celui qui s’y adapte... Trop bien! Autrement dit, celui qui se laisse enfermer dans ce qu’on veut faire de lui. Son « drame », c’est, justement, cette perméabilité à l’entourage, perméabilité qui le prive de « son » avenir. Souvent, quand les traumatismes de l'enfance sont murés dans le silence, et dans le refoulement des émotions, ces enfants doués se raccrochent à un avenir d'illusionniste: la réussite. Or, "la vieille blessure ne peut guérir tant qu'elle sera niée à travers l'illusion, c'est-à-dire l'ivresse du succès. La dépression mène aux lèvres de cette plaie, mais seul le deuil de ce qui nous a manqué au moment décisif, pourra aboutir à sa véritable cicatrisation". Mais si l'enfant doué est, au départ, privé d'avenir, son moi profond peut encore le rattraper: il n'est donc pas privé de son avenir dans l'absolu, puisque la rébellion est toujours possible, même quand elle est tardive. Mais, pour que celle-ci soit possible, il faut avoir gardé une certaine distance, une certaine intimité ou, pour reprendre les termes levinassiens, une certaine intériorité. Il faut avoir résisté à l'aliénation, même si c'est en secret. « Si l’ordre est contraire à la raison, dit Levinas - clin d'oeil aux lecteurs philosophes! - il se heurtera à la résistance absolue de la raison. L’être raisonnable peut, certes, courir un danger mortel en refusant l’ordre absurde, mais il lui suffit d’accepter la mort, dit-on, pour demeurer libre. Il conserve un pouvoir illimité de refus dans sa liberté de pensée. Toutefois, les choses ne sont pas aussi simples. La liberté de pensée réduite à elle-même, la liberté de penser qui n’est rien que liberté de pensée, est par là même une conscience de tyrannie. » Autrement dit, et en écho aux "vilains petits canards" de Boris Cyrulnik, il suffit de ne pas vouloir mourir pour vivre, même si, comme Barabara, on est "déjà mort, il y a longtemps".


Ce livre mérite d'être lu et conseillé parce qu'il répond aux questions les plus élémentaires et les plus intéressantes de la psychanalyse: pourquoi les psy deviennent psy? A quoi sert l'analyse? Pourquoi ceux qui ont "tout pour être heureux" ne le sont pas? Surtout, Alice Miller est dotée d'un style d'une simplicité admirable, ce qui rend ses livres très accessibles. Parfait, donc, si vous n'avez encore jamais lu de psycho.




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Published by Axelle Emden - dans Psycho - Psycha
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