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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 01:34















Après la sortie, il y a quelques temps, du disque "Piano Works", Craig Armstrong met cette fois sa musique en images grâce à David Barnard. Le réalisateur a filmé le pianiste dans l'intimité mythique des studios Eclair et a réussi à créer un nouveau type de film: un live privé transfiguré par des plans choisis d'un Paris volé... "Piano Works, The Film" est un coup de coeur magistral.

La musique de Craig Armstrong est difficile à mettre en mots. Personnelle, elle ancre sa contemporanéité dans des racines classiques, et si elle s'inspire du jazz comme elle arrange Massive Attack, elle se définit d'abord par un décloisonnement magique qui n'a pas d'égal. On connaît surtout Craig Armstrong pour ses musiques de films: quelques notes sont venues grandir un peu plus quelques scènes de "Romeo & Juliette" ou de "Moulin Rouge" et dernièrement, Oliver Stone a fait appel au virtuose pour "World Trade Center". Faire appel à un grand pianiste, pour de grands films, ça n'arrive pas assez souvent mais c'est tout de même devenu quelque chose d'assez banal: nous sommes habitués à ce que le cinéma nous fasse voyager en musique. Mais faire un film à partir de la musique, voilà quelque chose de bien nouveau. Alors évidemment, la musique de Craig Armstrong se suffit à elle-même, sans mots, sans images. Mais c'est aussi pour cela qu'elle méritait d'être accompagnée par un film, un film qui cette fois n'est pas à mettre en musique mais qui comptait bien la mettre elle, en images.

S'ouvrant sur une phrase de Nietzsche consacrée au Paris artistique, le film est une oeuvre d'art délicate qui se devine dès le générique, où l'ombre et la lumière annoncent la couleur. Un piano exceptionnel, un prototype Pleyel qui n'avait pas été fabriqué depuis les années 40; des studios mythiques, les studios Eclair, où ont été tournés les plus grands films français et Craig Armstrong devant son piano, improvisant à partir de ses morceaux. Rien n'est laissé au hasard, ni cette couleur jaune et noire dans laquelle on se fond immédiatement, ni ce cameraman qui avance doucement, dans l'ombre d'un écrin filmé avec autant de justesse que de délicatesse.

Au piano, Craig Armstrong est chez lui. Chez lui parce qu'il compose bien sûr, mais chez lui aussi et surtout car la composition est ce moment de création si intime, si brut, presque divin. Cette intimité, David Barnard arrive à la filmer sans la voler, nous invitant à entrer dans la chambre chaude de la création sans déranger celui qui crée. Il donne à voir ce que l'on ne peut pas prendre, comme Craig Armstrong donne à écouter ce qu'il entend.

Mais ce qui nous a transporté dans ce film, ce sont les images de Paris, les images de Deauville, les images que David Barnard a su coller sur la musique au point de les rendre entièrement nécessaires à l'écoute de ces notes. S'il vous est arrivé, déjà, ou s'il vous arrive, parfois, de marcher dans Paris avec des écouteurs enfoncés dans les oreilles, ou de traverser les quais en taxi avec ces balladeurs numériques de l'an 2000 pour vous couper du monde, étouffant les bruits de la ville pour ne laisser place qu'au souffle d'un piano, celui de Keith Jarrett, celui de Craig Armstrong, alors peut-être que vous avez déjà vu Paris ainsi. Un Paris qui passe du rire aux larmes en quelques secondes, de la couleur au noir et blanc en traversant un pont, du bruit au silence le temps d'un coucher de soleil... L'île Saint-Louis, les sorties de gare, le quartier latin, les passants pressés et soudain l'immobilité, totale, de cette ville si vivante et si profonde, qui sait être si gaie et si mélancolique. C'est ce Paris que David Barnard a décidé de photographier en mouvement, entre deux plans d'un pianiste qui ne nous quitte pas, comme pour rappeler sans cesse que la musique vit en dehors de l'artiste et que l'artiste, lui, reste toujours dans la musique. Bien sûr, "sans la musique, la vie serait une erreur". En regardant "Piano Works", on s'est dit: sans les images que peuvent inspirer des notes, la vie serait aussi une erreur.

A noter...

"Craig Armstrong - Piano Works, The Film" par David Barnard
19 euros
Sortie: décembre 2006
Label: Sanctuary
Lien Amazon

Craig Armstrong sur CultureCie...

L'interview de Craig Armstrong

Voir les titres du DVD


Pour plus d'informations...

www.craigarmstrong.com

 

 

www.craigarmstrongonline.com


La musique sur CultureCie...



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Published by Axelle Emden - dans DVDs musicaux
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