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Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure et du Conservatoire de Paris, Frédéric Sounac est actuellement Maître de Conférences en Littérature Comparée à l’Université de Toulouse, où il se consacre particulièrement à l’analyse des rapports entre musique et littérature. Sa collaboration avec de nombreux musiciens, dont la pianiste Maria João Pires, l’a amené à l’écriture de pièces de théâtre « musicales », centrées autour d’œuvres précises : « Le Cercle de Kreisler » (autour de Kreisleriana de Schumann), « Lettres embrassées » (autour des quatre Ballades de Chopin), « Saison d’homme » (autour des Saisons de Tchaïkovski), et « L’Hypothèse Mozart » (autour du Divertimento K. 563 de Mozart).
Son mot sur "L'Hypothèse Mozart"...
Fruit d’une rencontre avec le Trio à Cordes « Art d’Echos », L’Hypothèse Mozart se présente comme un apologue musical, dont la particularité est de comprendre l’interprétation intégrale du Divertimento K. 563 de Mozart. L’argument, fantaisiste, se concentre autour de la personnalité d’un « esthète » à la fois fou et riche d’intuitions artistiques, agressif et mélancolique, séduisant et inquiétant, dominateur et tendre : croyant détenir le cerveau de Mozart dans un bocal, il entend soumettre les musiciennes à sa conception idéaliste de l’interprétation musicale. La révolte progressive de la violoniste, de l’altiste et de la violoncelliste, qui s’enrichit au passage d’une réflexion sur les pouvoirs de la musique, permet d’inverser le processus et de déboucher sur une conception vivante, opposée à tout dogmatisme, de l’interprétation comme recherche. Le choix de l’alexandrin, comme modeste alternative textuelle à l’autorité évidente de la partition de Mozart, permet de créer une distance poétique : c’est une sorte de transgression douce, pouvant aller jusqu’au rêve et au grotesque, qui permet au spectacle de fonctionner comme une fable. La musique et le théâtre, qui possèdent en commun l’implication du corps et de l’esprit dans le jeu, s’engagent ainsi dans un dialogue permettant de lever un coin du voile, peut-être, sur le « beau risque » de l’interprétation.
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