Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

En effet, les noms auxquels vous rendez hommage sont variés: avec Norah Jones, James Brown ou Tower of power, les générations se croisent et les styles ne sont pas exactement les mêmes. Quel est le point commun de ces artistes pour vous ?
Morten Klein : Pour moi ils ont deux points communs essentiels. Premièrement, ils ont écrit de bonnes chansons ! (rires) Ce sont tous des artistes qui ont un vrai caractère: quand on entend du Ray Charles, on n'hésite pas une seconde, on le reconnaît ! Et je crois que c'est cela qui fait de bonnes chansons: la marque d'un style, d'une voix, d'une musique. La deuxième chose qu'ils ont en commun, c'est l'authenticité : on peut les sentir, eux, dans leur musique. C'est "fait à la main" si j'ose dire, on sent la personne à travers leurs chansons.
Tokunbo Akino : Nos choix reflètent à la fois notre approche et nos idoles. Les artistes auxquels nous rendons hommage ont écrit leur musique mais ils l'ont aussi interprétée et arrangée. Stevie Wonder, par exemple, jouait même plusieurs instruments dans ce qu'il produisait. La musique de ces artistes porte l'empreinte de leurs personnalités et non pas la marque d'un producteur ou d'un label, comme c'est malheureusement souvent le cas aujourd'hui... C'est cette empreinte qui nous touche, et c'est cela que nous avons choisi de mettre en avant.
Norah Jones est la plus jeune et la plus "country" des artistes auxquels vous rendez hommage...
Morten Klein : Oui, elle fait figure de petite nouvelle au milieu de Stevie et Ray Charles! En fait, beaucoup de magazines et de journaux nous ont comparés à elle, non pas en terme de style car elle ne fait pas de la soul et nous ne faisons pas de la country, mais en terme d'approche. C'est vrai que sa relation à la musique est très libre, et nous nous y reconnaissons.
Tokunbo Akino : Norah Jones et sa musique ont ouvert une nouvelle porte au jazz vocal. Avant elle, en matière de jazz, l'approche des puristes avait pignon sur rue dans le monde de la musique. Grâce à son succès, il est devenu beaucoup plus acceptable de mixer les styles et c'est vraiment quelque chose dont nous profitons car nous avons toujours beaucoup mélangé les genres. Lui dédier un titre, c'est donc une vraie marque de gratitude envers elle car elle a vraiment fait avancer les choses et nous en bénéficions.
Les textes semblent également inspirés de l'univers des artistes auxquels vous dédiez vos titres...
Tokunbo Akino : En effet, nous avons eu envie de rendre hommage aux artistes non seulement musicalement mais aussi textuellement.
Pour certains d'entre eux, les thèmes étaient très clairs. Pour Ray Charles par exemple, on voulait s'inspirer de son passé difficile aux Etats-Unis, de l'environnement dans lequel il a grandi, marqué par la pauvreté et le racisme. En écrivant "Oh Lord", je suis partie de cette enfance mais je crois que c'est une chanson moderne car elle traite simplement de moments difficiles d'une vie.
"How", dédié à Erikah Badu, a été inspirée par sa spiritualité. La question essentielle est assez atemporelle : quand on observe autour de nous, il y a des tas de conflits dans le monde et les gens ne cessent de prendre la religion pour prétexte. Mais si l'on se penche sur les religions, on se rend compte qu'elles ont beaucoup en commun, et évidemment, la spiritualité. La chanson repose une question assez simple : si nous avons tant en commun, et nous avons beaucoup en commun, alors pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas vivre ensemble ?
