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« Salata Balati », diffusé ces jours-ci en Egypte, n'a pas laissé le pays indifférent. Déjà primé lors du festival de Bombay et du festival de San Francisco, le documentaire retrace l'histoire d'une famille multi-ethnique, essentiellement tiraillée entre des originies égyptiennes et des origines juives. Portrait intime du Moyen Orient, « Salata Balati » tente audacieusement de briser des tabous coriaces. Rencontre éclairante avec sa réalisatrice, Nadia Kamel.
Ma famille illustre assez bien les tabous et les peurs, les tiraillements auxquels doivent faire face une partie de la population : ma mère a coupé les ponts avec sa famille pendant près de cinquante ans parce qu’elle était militante communiste ! Pour les communistes, l’Etat d’Israël avait une politique contraire aux droits de l’homme envers les Palestiniens : une politique de colonisation, entre autres. Elle a donc cru au boycott. Il y a eu des juifs égyptiens qui sont restés au Caire et qui sont allés rendre visite à leur famille en Israël, mais ils ne l’ont dit à personne ! Et ils n’en ont pas fait un documentaire pour autant ! Pour eux, on pouvait aller voir sa famille sans pour autant cautionner la politique d’Israël envers les Palestiniens. Pour ma mère, c’était beaucoup plus compliqué parce qu’elle avait de fortes convictions politiques auxquelles elle ne voulait pas déroger.
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