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Rezvani revient à l'affiche avec Helena Noguerra, qui chante ses tubes dans son dernier opus, "Fraise Vanille". Les deux acolytes sont en concert au théâtre du Rond Point du 11 au 15 septembre. Histoires d'une rencontre...
Comment vous êtes-vous rencontrés avec Helena Noguerra ?
Serge Rezvani : C’était à l’occasion d’une soirée qui m’était consacrée à la Maison de la poésie. Il y avait, notamment, Mona Heftre, Ana Karina, Katerine et donc Helena qui ont chanté certaines de mes chansons. J’ai aimé ce qu’a fait Helena. Elle ne chante pas à la française ; il y a quelque chose de plus, de différent. C’est ainsi qu’est née l’idée d’enregistrer un disque et de faire cette série de concerts où nous serons ensemble sur scène. Elle a insufflé quelque chose de très moderne à mes chansons. J’en ai, d’ailleurs, écrit une spécialement pour elle, "Caresse-moi, j’adore ça". Cela fait cinq ans que, de mon côté, j’enregistre mes propres chansons ; une intégrale en coffret sortira à la rentrée chez Actes Sud.
Vous êtes peintre, écrivain, dramaturge, on dirait que la chanson n’a occupé qu’une place subalterne dans votre vie et pourtant ces airs que vous avez composés sont encore sur toutes les lèvres. Que représente la chanson pour vous ?
S.R. : Pendant 20 ans de ma vie, j’ai été peintre exclusivement. Mes premières chansons, je les ai écrites uniquement pour m’amuser. Je suis d’éducation russe et les Russes, quand ils se réunissent, ne manquent jamais de chanter. Mais j’ai toujours été incapable de jouer à la guitare d’autres chansons que les miennes. Un jour, François Truffaut en a choisi une pour "Jules et Jim", puis Jean-Luc Godard m’a sollicité à son tour pour "Pierrot le fou", et c’est là que tout a commencé. Plus le temps passe, plus j’aime mes chansons. Au début, je les regardais un peu de haut. Plus maintenant. Je compose toujours avec la guitare. Il y a toujours un équilibre entre la musique et les mots, parce que j’écris les deux en même temps. Je ne tiens donc ni à être parolier, ni à être musicien. Je suis toujours resté en-dehors de la profession. Pourtant, on m’a beaucoup sollicité. Des chanteurs m’ont demandé d’écrire pour eux. On m’a même proposé de travailler à Hollywood. J’ai tout refusé. J’ai écrit plus de cent chansons qui vont du comique au sentimental, il y a eu beaucoup de chansons d’amour. Pour la plupart, elles sont un peu comme un journal intime. Je crois que la chanson, c’est proche de la peinture, ça peut s’écrire en trois minutes ou en trente ans. Un tableau, c’est la même chose.
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