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Figure reconnue de l'art aborigène, Ningura Napurrula est née à Watulka en 1938, au sud de Kiwirrkurra, en Australie Occidentale. Elle a vécu une vie "traditionnelle", faite de chasses et de cueillettes jusque dans les années 1950. Elle est veuve de l’artiste renommé Yala Yala Gibbs Tjungurrayi.
Elle n’a commencé à peindre pour Papunya Tula Artists Cooperative qu’en 1996. Papunya est une communauté artificielle créée par le gouvernement australien au début des années soixante dans le but de sédentariser, scolariser et assimiler les Aborigènes des différentes tribus. A ce moment là, ceux-ci sombrent vite dans l’apathie et le désoeuvrement: leurs enfants apprennent l’anglais et des valeurs étrangères, tandis qu’eux-mêmes sont impuissants à transmettre leur attachement à la terre comme leurs us et coutumes.
Mais sous l’impulsion d’un nouveau maître d’école, Geoffrey Bardon, un groupe d’hommes se met à peindre avec des supports fournis par ses soins : toiles et peinture acrylique. Il les encourage à travailler selon l’authenticité de leur tradition plutôt que de copier l’esthétique occidentale. Dès août 1971, un de ces "Painting men" remporte le Caltex Art Award, compétition locale d’une certaine
importance où ils se mesurent à l’art occidental. Encouragés par leur succès, c'est alors que les artistes décident de fonder une coopérative : la Papunya Tula Artists Association.
L’exemple de cette communauté se propage alors au cours de la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt. Les femmes, à leur tour, s’emparent de leurs pinceaux : plus libres avec la couleur, elles adoptent le jaune canari, le rouge, le violet etc. Ningura est de celles-ci.
En quelque vingt années des artistes se sont imposés sur le marché de l’art en partie grâce à cette association. Des musées et des collectionneurs du monde entier se disputent leurs oeuvres. Ningura Napurrula a notamment été exposée à Aborigena au Palazzo Bricherasio, à Turin en Italie en 2001, à l'Australian Contemporary Aboriginal Art à Prague ainsi qu'en République Tchèque en 2003 et lors de l'exposition "Masterpieces from the Western Desert", présentée à la Gavin Graham Gallery de Londres la même année. Ses oeuvres se trouvent dans les collections du National Gallery of Australia (Canberra, Australie), à l'Art Gallery of New South Wales (Sydney, Australie), à l'Australian Institute for Aboriginal & Torres Strait Islander Studies (Canberra, Australie) ainsi qu'au Museum & Art Gallery of the Northern Territory (Darwin, Australie). En France, elle est au Muséum de Lyon et au Musée du Quai Branly.
Les thèmes privilégiés de Ningura sont les trajets de ses ancêtres à travers le pays, les sites sacrés que ces femmes ont visités et la signification de la nourriture qu’elles ont cueillie dans la brousse. Les rituels et cérémonies associés à ces voyages ancestraux sont d’ailleurs toujours pratiqués par les femmes Pintupi.
Ceci se manifeste sur les toiles de Ningura par sa propre vision presque organique, une version plus douce, voire féminine du style de peinture typique du peuple Pintupi.
Dernièrement, l'une de ses toiles a été choisie pour figurer sur un timbre australien édité en 2003. En 2006, l’une des ses oeuvres, une fresque monumentale, a été sélectionnée pour orner un plafond du nouveau Musée du Quai Branly à Paris.
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