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Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

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Les Trésors engloutis d'Egypte au Grand Palais

Prêtre portant Osiris-Canope et les 2 sphinx trouvés à proximité, réérigés à l’endroit de la découverte après nettoyage.
© Franck Goddio/Hilti Foundation - Photo : Christoph Gerigk


 

Inaugurée le 9 décembre dernier par les Présidents Chirac et Moubarak, l’exposition "Trésors Engloutis d’Egypte"nous entraîne vers les fonds sous-marins de la côté alexandrine. Elle retrace seize siècles d’histoire de l’Egypte antique, de 700 avant J.C. à 800 après J.C., et parcourt les périodes des dernières dynasties pharaoniques, des souverains Ptolémées, des Romains, des Byzantins et du début de l’époque islamique. On peut la visiter au Grand Palais jusqu’au 16 mars prochain.

Le sacre de l’Alexandrie ad Ægyptum

C’est en 1996 que l’archéologue sous-marin Franck Goddio et son équipe ont débuté les fouilles archéologiques sous-marines dans la baie d’Aboukir et le port d’Alexandrie. Ces fouilles ont abouti à la découverte de cinq cent pièces originaires des trois anciens sites de l’Egypte antique : Canope, Héracleion et Alexandrie.

 

Ces vestiges, prisonniers des eaux durant des siècles, l’ont été vraisemblablement en raison d’une série de phénomènes naturels tels que des séismes ou des raz-de-marées. Après des années de prospection sous-marine et grâce aux techniques de géophysique les plus sophistiquées, l’équipe de Franck Goddio a réussi à cartographier avec précision ces villes. Celles-ci ont toujours été citées par les textes anciens : leur existence ne faisait aucun doute mais les localisations précises manquaient aux historiens. C'est donc d'une véritable avancée dont il s'agit.

"Trésors engloutis d’Egypte" vient compléter une exposition qui avait eu lieu en 1998 au Petit Palais:
"La Gloire d'Alexandrie", alors organisée par le CNRS, commençait à fait renaître la ville.Cette Alexandrie qu’on avait écartée de l’Egypte pharaonique, cette Alexandrie dont on disait, depuis l’Antiquité, qu’elle était ad Ægyptum : « près de », « aux marches de » l’Egypte.

 

Scénographie 
 
 

Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe, et Philippe Délis, architecte dplg et scénographe, se sont attachés à combiner de façon pertinente savoir et esthétique. Si les repères chronologiques, cartographiques et historiques sont nombreux et utiles pour le novice, ils n’empêchent pas pour autant le visiteur de contempler les œuvres et de laisser libre cours à l’émotion et à l’imagination qu’elles suscitent.

 
 

A peine passée la porte du Grand Palais, on se sent comme aspiré par la mer et tous nos sens sont en éveil : la vue, avec les nombreux écrans qui diffusent en boucle des images sous-marines et nous donnent l’impression de suivre le plongeur, ou encore l’ouïe avec des sons comme le souffle des plongeurs, qui nous propulsent dans un monde d’apesanteur.

 
 

Le visiteur déambule ainsi de site en site et de ville en ville, de Canope à Héracleion, et de Héracleion à Alexandrie.

Les plus belles œuvres

 

 
 

Centre religieux associé au pouvoir des Lagides (-305/-30), Canope était antérieure à la fondation d’Alexandrie et située à 35km au nord-est de l’actuelle Alexandrie. Les fouilles de la zone ouest de cette ville ont mené à la découverte du Serapeum, temple dédié au Dieu Sérapis.

 
 
 
 

L’une des plus belles pièces de l’exposition est sans doute la statue datant du IIIème siècle avant J.C., que l’on pense être celle d’Arsinoé II. Cette sculpture massive de granit noir, sans tête ni pieds, alimente depuis sa sortie des eaux les scénarios les plus insolites. Le sculpteur, inconnu lui aussi, aura réussi l’incroyable exploit de recouvrir ce corps nu de femme d’un subtil drap qui semble mouillé, mais qui est en fait lui aussi sculpté dans le granit noir.







A gauche: Tête colossale du dieu Sérapis, marbre, IIe siècle avant JC.
A droite: Statue d’Arsinoe II, représentée comme Aphrodite, déesse de l’amour, sortant des ondes, granit noir, 3e siècle avant JC.
© Franck Goddio/Hilti Foundation - Photo : Christoph Gerig


Toujours sur le même site et bien avant la création d’Alexandrie, Héracleion était le point de passage obligé des Grecs avant qu’ils ne remontent le Nil vers Naucratis, une cité prospère située plus au Sud. Héracleion était surtout célèbre pour son grand temple, le temple d’Amon, qui fut découvert par l’équipe de Franck Goddio. En 1952, le professeur Jean Yoyotte, honoraire au Collège de France, suggérait qu’Héracleion et Thônis formaient une seule et même ville. Une stèle, sur laquelle sont gravées des inscriptions hiéroglyphiques, confirme l’hypothèse : l’Héracleion des Grecs était donc la Thônis des Egyptiens.



Agauche: Stèle de Ptolémée VIII, granit rose, bilingue en hiéroglyphes et grec, IIe siècle avant JC.


A droite: Statue colossale d’Hâpy, personnification divine de la crue du Nil, au moment de sa découverte à Héracléion, granit rose, aujourd’hui conservée au Musée maritime d’Alexandrie. H. 540 cm, ép. 90 cm, poids 6 t. IVe s. av . J.-C. – début de l’époque ptolémaïque.

 


© Franck Goddio / Hilti Foundation - Photo : Christoph Gerigk
 
 



Trois statues colossales ont encore été tirées des eaux. Celle du Dieu de l’inondation du Nil, Hâpy, haute de 5 mètres et retrouvée en 7 morceaux, symbole de la fertilité et de l’abondance est la plus connue du grand public : la photo sous-marine prise avec le plongeur interdit devant le buste de la statue a été choisie comme visuel pour l’affiche de l’exposition. Les deux autres statues représentent un couple royal de l’époque ptolémaïque, vraisemblablement Ramsès et Cléopâtre (représentée en Isis).

 

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