"Terre de feu", 2006 (50x150)
"La création n'a pas de limites."
Véronique Eychenne expose actuellement ses toiles abstraites et semi-figuratives dans le sud de la France. Son exposition, commencée au mois d'octobre, est prolongée jusqu'à la fin décembre à l'Atelier des Arts à Cannes. D'autres toiles sont également à l'hôtel Montaigne jusqu'à la fin du mois de janvier 2007.
Née à Nice il y a une trentaine d'années, Véronique Eychenne est une autodidacte d'ici et d'ailleurs qui revendique la plus totale des libertés dans ses peintures. Son leitmotiv? L'abstraction. Aperçus, et interview.

"Origines?", 2006 (40x120)
Couleurs vives et chatoyantes pour dire les "Arabesques" et le "Nouveau monde", tons ocres et sablés en clin d'oeil au soleil oriental, touches grisonnantes et piquantes pour glacer l'explosion sur le papier... Les toiles de Véronique Eychenne sont riches. Riches de lumière, riches de techniques, mais surtout riches de liberté. "Je n'ai pas d'ornière, de conduite à suivre enseignée par un cursus académique. Je choisis une toile, je la pose sur un chevalet, et là je rêve..." Son rapport à l'art est simple, libre, purement créatif, et elle le revendique. L'inspiration existe bien sûr, mais l'influence, elle la fuit. "Je ne pense pas être influencée par un courant artistique ou un artiste en particulier. J'évite de parcourir les expositions d'artistes contemporains pour ne pas être influencée..." En véritable artiste, c'est en elle-même que cette peintre puise pour réinventer la vie et ses impulsions, les révérences et les escapades, les ondes et les songes. N'en déplaise à ceux qui évoqueront "La Naissance du monde" d'un Miro à la vue des "Origines" de Véronique Eychenne, ou qui interpréteront son "Explosion" comme un "Guernica" réinventé, c'est de ses voyages et des hasards de sa vie qu'elle tire ses traits de pinceaux et ses horizons.

"Arabesque", 2006 (60x52)
Hasard de la vie la peinture, vraiment? Oui et non. "Mon père est peintre autodidacte aussi, et... Ca a son importance! Il est toujours resté dans l'ombre, malgré son talent de génie, et j'ai grandi en le voyant passer son temps devant son chevalet, cigare à la main et musique douce en fond. J'ai peint mes premières toiles à la suite de l'un de ses cadeaux: un ensemble de tubes et de pinceaux. Depuis des années, il ne cesse de m'encourager à exposer, et à présenter mon travail aux galeries." Véronique Eychenne peint donc depuis longtemps, très longtemps, mais c'est seulement depuis un peu moins de deux ans qu'elle consacre sa vie à la peinture. Une décision qui a été fortement encouragée par son père, mais qui s'ancre dans de longs détours, loin de Nice et de la côte d'azur.

"Nouveau monde"
"C'est mon père qui a perçu très tôt ma soif de créativité, mais ce qui l'a vraiment développée, ce sont mes voyages, sans équivoque." Cinq ans à Dakar et quatre ans à Saint Martin ont en effet marqué cette artiste, dont les toiles ne cessent de rechercher la plus parfaite définition de "l'ethnicité". "Africa", "Masque ethnique", "Nomade" sont autant de titres qui disent combien l'Afrique et l'expatriation ont inspiré les "mirages" de Véronique Eychenne et changé son regard sur l' "Humanité". "La lumière, les couleurs, les gens du Sénégal ont été une source profonde d'inspiration." Mais l'impulsion est venue plus tôt, aux Antilles, par un hasard sans coïncidences: "J'étais alors restauratrice, et je voulais une décoration tendance. Comme je ne trouvais pas de toiles adéquates sur l'île, je me suis mise à l'oeuvre! La peinture est venue naturellement, même si j'ai été accompagnée par un grand peintre, qui avait d'ailleurs réalisé une fresque murale pour notre restaurant. Mes premières ébauches sont donc nées à Saint-Martin. Puis, mes premières toiles réalisées, une envie soudaine de renouveler l'expérience me prenait sans cesse: j'accrochais et décrochais mes tableaux pour changer l'atmosphère du restaurant, et j'ai commencé à les vendre."

"Triptyque ethnique", 2006 (60x100)
"C'est seulement depuis 2005, date de notre retour en France, que je me consacre uniquement à ma peinture. J'étais essoufflée par mes diverses expériences professionnelles, et la trêve s'est imposée d'elle-même. Je retrouve une sérénité inégalée devant mon chevalet. Je peins la nuit, quand tout le monde dort et que tout est calme. Pour moi, la création n'a pas de limites, elle est sans frontières, et c'est cet espace de liberté qui me plaît par-dessus tout." Cette liberté, elle se ressent dans les choix et les techniques de l'artiste. Petites incrustations de miroir, de cuirs ou de végétaux, collages, travail de la matière et du relief, mélange de textures insolites caractérisent les oeuvres de Véronique Eychenne. "Je ne sais pas d'où naissent mes tableaux: les couleurs s'imposent, les formes se développent, mais la recherche de la lumière et le travail de la matière sont mes deux fils conducteurs. J'aime dérouter les objets ou les matières de leur expression première pour les transformer en les mariant sur mes toiles." Des inventions qui sont incontestablement invitation à la découverte...

"Découverte", 2006 (120x80)
A noter...
Exposition temporaire:
Du 1er octobre au 31 décembre 2006 à L'Atelier des Arts
11 Rue du 14 Juillet à Cannes
Exposition permanente:
Galerie Levet
17 Rue Droite à Nice
Vous pouvez visiter la galerie de Véronique Eychenne à l'adresse suivante:
http://www.arteychenne.com/
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