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Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

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"Borat, Leçons culturelles sur l’'Amérique au profit de glorieuse nation Kazakhstan"



Borat Sagdiyev, reporter kazakh, est chargé par son ministre de l’information de partir en mission aux Etats-Unis pour étudier la civilisation américaine, un modèle de vie économique et social pour le Kazakhstan. Un journaliste aux allures de Groucho Marx, un producteur peu  recommandable, une poule et voilà le faux reporter kazakh en route pour les « US and A ». Arrivé aux Etats-Unis, Borat tombe sous le charme de la belle C.J., alias Pamela Anderson. Il décide alors de retrouver la reine de ses fantasmes en Californie. Tout au long de l’expédition, Borat se met dans des situations qui n’ont rien à envier au burlesque le plus authentique. Grâce à la prestation de Cohen et à la caméra de Larry Charles, le créateur de Seinfeld, le pari est réussi. Un savant mélange de Fahrenheit 9/11 et de « Jackass » donne une critique originale des Etats-Unis.

Sous la direction de Larry Charles, Sacha Baron Cohen nous propose une panoplie de gags déroutants : parfois à la limite du supportable, tant esthétiquement qu’intellectuellement, ils ont le mérite d’être totalement décalés. Cohen, excellent acteur qui ne perd jamais son accent « kazakh », arrive à rendre son personnage attachant bien qu’il soit fort irrévérencieux. Sans aucun respect pour les choses et les gens, ce « barbare » nous apparaît au final plutôt « nature », et l’Amérique dont il convoite la civilisation se révèle quant à elle au moins aussi peu civilisée que lui. Car la caméra cachée nous donne à voir un cerveau de femme qui fait la taille de celui d’un écureuil, des homosexuels pendus, des Juifs lynchés… Autant d’éléments qui nous poussent, non sans humour, à réinterroger le civisme de cette « civilisation ».

Mais le véritable clash est ailleurs. Car si le film interroge avec pertinence un modèle dont nous avons eu mille critiques, au cinéma comme ailleurs, on peut y voir une question plus large, plus universelle, plus atemporelle aussi : peut-on rire de tout ? A vrai dire, le spectateur aura souvent répondu avant même de se poser la question : combien ont été surpris, dans les salles, à se voir rire de gags dérivant de l’antisémitisme, de l’homophobie, de la zoophilie ou surtout de la pédophilie ?

Evidemment, pris au premier degré, comme cela a d’abord été le cas de la part des autorités kazakhes, le film peut choquer. L’acteur a donc formulé des excuses et, sans quitter son personnage, a même insisté sur les progrès du Kazakhstan : « la majorité a été portée à 8 ans » a-t-il souligné !

Aux cœurs susceptibles et aux rires culpabilisés, nous rappellerons que le message de Larry Charles et de Sacha Baron Cohen est sans ambiguïté. Cohen, auteur d’une thèse soutenue à Cambridge sur « l'implication de la communauté juive dans le mouvement américain des Droits Civiques durant les années 60 », peut bien se permettre de délirer sur des sujets dont il connaît la gravité.

Il fallait oser, c’est sûr, mais l’humour ne serait-il pas le caractère le plus insolite de l’intelligence ?

A noter...

De Larry Charles
Avec Sacha Baron Cohen, Pamela Anderson et Ken Davitian
Sortie le 15 novembre
Sortie DVD: août 2007

Lien Amazon

Sur le web...

Site non officiel
La réponse de Borat au gouvernement kazakh
Borat sur Wikipedia


Voir aussi sur CultureCie...


 

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