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Charlie (Tom Hanks) est député. Il bosse au Texas et se détend à Vegas, entre deux strip-teaseuses et quelques traits de coke. Il boit sans modération, n’emploie que des jeunes femmes qu’il séduit mais est irréductible à cette caricature. Sincèrement passionné par les relations internationales, il a aussi les ficelles de la politique en main : il est diplomate Charlie, et tout le monde lui doit au moins un ascenseur à renvoyer.
En brillant député déluré et infiniment humain, Tom Hanks est irréprochable. Julia Roberts campe ici une princesse de plus qui lui va comme un gant et Philip Seymour Hoffman, en Truman Capote ou en agent maudit, ne cessera donc jamais de nous surprendre. Outre son casting irréprochable, « La Guerre selon Charlie Wilson » parvient à mêler avec brio une comédie légère à ce drame de la réussite historique. Le monde politique y est parfaitement dépeint, avec ses coups de téléphone, ses coucheries, ses services et ses coalitions, mais aussi avec sa complexité et avec une grande sincérité.
Mais « La Guerre selon Charlie Wilson » n’est pas seulement un flash-back qui rafraîchit la mémoire ou qui donne les leçons de son passé aux Etats-Unis. C’est un parfait film historique, et une belle leçon de politique… car à long terme, que s’est-il passé ? Que s’est-il passé une fois que la CIA avait « réussi », une fois que l’Afghanistan a pu vaincre l’URSS ? Que sont devenues les armes, au nom de quoi l’Amérique et l’Afghanistan avaient-ils fait la guerre « ensemble », et d’ailleurs, ont-ils fait la guerre « ensemble » ?
On ne devinera pas le passé qui n’a pas eu lieu, mais le film, sur la lancée de l’histoire de Charlie Wilson, voudrait poursuivre plus loin et pose en filigrane la question : que se serait-il passé si ces moudjahidins avaient eu des écoles ? Et oui, Charlie est un rêveur, un naïf peut-être, mais pourtant pas toujours, à en juger par ses manoeuvres politiques. Il a su arriver à certaines de ses fins. Mais pas à toutes.
"Nichols (...) démêle les fils de la politique américaine tels qu'ils se tissent dans les salons de Washington et les ambassades. Avec en prime une composition savoureuse de Philip Seymour Hoffman, dont chaque apparition est un pur régal." Le Nouvel Observateur - Pascal Mérigeau
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