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En découvrant les mystérieux « Oiseaux de Sens » d’Emmanuel Berry, plus qu’ailleurs, nous avons eu l’envie et le besoin de parler au photographe : pourquoi photographier des oiseaux empaillés, d’où viennent ces regards humains de fantômes d’un autre siècle, et que fait la photographie, quand elle transforme l’animal momifié en portrait vivant ? Entretien avec un photographe d’anti-hasards qui, à la manière de Duras et de Descartes, réveille le doute mais… en photographie.
Oui, en effet leurs yeux sont en pâtes de verre et pourtant, dans la réalité comme dans mes portraits, on a cette impression qu’ils nous regardent. Cette série est un travail axé sur le regard, qui découle de cette expérience étrange : être entouré de 250 oiseaux, qui n’ont pas bougé depuis le XIXème siècle, qui sont morts et qui ont l’air vivants… il y avait quelque chose d’angoissant dans cette salle, et à la fois quelque chose de très humain, une sorte de miroir que j’ai trouvé fascinant. J’ai donc eu envie de faire revivre cette collection et ces oiseaux, en les photographiant, et en interrogeant la photographie en tant que document et technique capable de restituer cela.
Ce que j’ai trouvé troublant, c’est une sorte de mise en question de ce qui distingue l’animalité et l’humanité : la mélancolie est considérée comme quelque chose de proprement humain, et pourtant c’est une brutalité presque animale, et cette tension est très présente dans cette série…
Vous restez dans la mélancolie…
C’est vrai qu’il y a toujours un jeu avec les paradoxes, un jeu avec nos perceptions. Le travail sur l’hôpital psychiatrique d'Auxerre, dont l'architecture avait d'ailleurs servi de modèle à Sainte Anne, sera exposé en septembre prochain.
Du 14 février au 30 mars 2008


