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Depuis plus de quinze ans maintenant, le 21 juin est l’occasion de sortir guitares et derboukas du grenier pour une grande fête populaire où la musique tient la vedette. Cette fête, devenue institution en ce premier jour de l’été, est relayée par les Centres Culturels Français partout dans le monde.
Tel était le cas jeudi dernier en Egypte. Le Centre Français de Culture et de Coopération du Caire a reçu la chanteuse Souad Massi, grâce au soutien de Cultures France et en coopération avec l’Opéra du Caire, le Conseil Suprême des Antiquités, le Fonds de Développement culturel et la Bibliotheca Alexandrina.
Accompagnée de ses talentueux musiciens, Souad Massi s’est produite le 19 juin 2007 devant plus de 1600 personnes sur le parvis de la Bibliothèque d’Alexandrie. Mais aussi et surtout le soir du 21 juin 2007 à la Citadelle du Caire.
Plus de 7000 personnes prennent d’assaut la Citadelle du Caire
L’esplanade de la Citadelle du Caire offre d’habitude aux touristes de passage une vue imprenable sur la vieille ville du Caire et ses minarets, avec les pyramides en fond de panorama les jours où elles ne sont pas cachées par la pollution. A l’occasion de la Fête de la Musique, ce lieu magique s’est transformé jeudi dernier en une gigantesque piste de danse.
Quatre groupes se sont succédés sur les deux scènes montées pour l’occasion. De la musique latino-américaine tout d’abord avec la formation « Sun shine » mais aussi l’ensemble de jazz oriental « El door el Awal » et l’ « Ensemble National de Musique Populaire » reprenant les musiques traditionnelles égyptiennes de Charkeya jusqu’à Assiout.
Mais la vedette de la soirée était sans conteste la chanteuse franco-algérienne Souad Massi. Attendue de pied ferme par la jeunesse égyptienne, la chanteuse a reçu un accueil des plus chaleureux. Les organisateurs attendaient 4000 personnes. La police en a dénombré plus de 7000, qui reprenaient en chœur les refrains des ballades folk-rock de la chanteuse, tout en scandant son nom avec fougue entre les morceaux.
L’anecdote marquante de la soirée : dès les premières chansons, Souad a invité le public à se rapprocher de la scène. L’audience a alors été retenue par les forces de police, déployées en nombre. Surprise, la chanteuse s’est tournée vers ses musiciens pour leur faire signe d’arrêter de jouer : « Je souhaite que tout le monde s’amuse et que nous partagions du bon temps ensemble », a-t-elle déclaré. Forcée de céder, la police a reculé et les jeunes, fous de joie, ont pu se rapprocher de la scène pour profiter pleinement du spectacle. Cet incident, insignifiant ailleurs, est lourd de sens dans un pays où la question sécuritaire reste délicate : il est exceptionnel que les forces de l’ordre soient dans de telles situations en Egypte. Ce geste simple témoigne de l’engagement de Souad Massi en faveur du progrès et des « révolutions douces » auxquelles elle souhaite contribuer par sa musique.
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