Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !


On pourrait parler des gens debout, dans cette salle à l'acoustique parfaite; on pourrait parler du public qui danse, dans cette salle de concerts classiques où j'avais déjà assisté à tant d'émotions; on pourrait parler des novices qui chantaient, abandonnant leurs fauteuils confortables pour être encore un peu plus proches de la diva. On parlera plutôt de ce qui ressemble à un miracle. Les concerts ont toujours ce pouvoir incroyable de créer une communion entre des gens qui ne se parlent pas, qui ne se reverront peut-être jamais, mais qui sont là, ici, maintenant, ensemble. Mais les concerts de Liz Mc Comb, pour faire danser les premiers rangs de la salle Gaveau, pour faire chanter la gloire de dieu aux athées, pour faire aimer le rap aux amateurs de classique comme le gospel aux amateurs de contemporain... les concerts de Liz Mc Comb sont au-delà du réel.
Etonnamment, la salle, ce soir là, n'était pas pleine. Et pourtant elle était remplie. Car Liz Mc Comb est habitée. Habitée par une âme ancestrale, dont les blessures remontent au Mississipi, à ce Sud américain dont découlent toutes les musiques qu'elle chante. Du jazz, du blues, du gospel, des tons ancrés dans un passé à vif: la souffrance du racisme et de l'exclusion, évidemment, ont soufflé les mots de la musique noire américaine. Des souffrances qui n'ont pas disparues aujourd'hui, même si elles ont pris d'autres formes, et qu'elles sont chantées par d'autres genres. Des maux qui redoublent le sens des choix de Liz Mc Comb, qui avait invité, ce soir là, un rappeur de Chicago sur sa scène parisienne. Le sens que ce personnage au charisme insondable donne à son art transpire de ses prestations: la gratuité, l'humanité, la simplicité... le don.
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