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Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

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Liz Mc Comb à Paris


Liz Mc Comb, diva du gospel qui avait enchanté la salle Gaveau il y a très exactement un an, revient à Paris au mois de février 2007. Avant le concert, on pourra retrouver cette âme de la soul sur son nouvel album "Soul, Peace and Love" en janvier prochain.

Il était une fois...

Rencontrer Liz Mc Comb, un jour, dans une salle de concert, c'est quelque chose que l'on n'oublie pas. Quand je suis allée la voir, presque par hasard, l'année dernière, à la salle Gaveau, c'était avec une curiosité joyeuse, un grand appétit pour la musique et la découverte, certes, mais un appétit qui est toujours là. De bons échos, oui, j'en avais eus. Liz Mc Comb est une grande. Star des "Jean Austin Singers", la mezzo a conquis l'Europe avec les premières parties de Ray Charles et de James Brown. De quoi prédire un avenir à la hauteur des maîtres de la soul. Entre son piano et sa voix venue d'ailleurs, enracinée dans les terres du gospel, elle avait déjà enchanté le Casino de Paris et l'Olympia. Mais on a été déçu par tant de "grands"... Un programme? Il y aurait des choristes, un rappeur, une grande violoniste. Il fallait s'attendre à des surprises. Et pourtant rien, absolument rien dans mon imagination n'aurait pu être à la hauteur de ce que j'ai vu, de ce que j'ai entendu.


On pourrait parler des gens debout, dans cette salle à l'acoustique parfaite; on pourrait parler du public qui danse, dans cette salle de concerts classiques où j'avais déjà assisté à tant d'émotions; on pourrait parler des novices qui chantaient, abandonnant leurs fauteuils confortables pour être encore un peu plus proches de la diva. On parlera plutôt de ce qui ressemble à un miracle. Les concerts ont toujours ce pouvoir incroyable de créer une communion entre des gens qui ne se parlent pas, qui ne se reverront peut-être jamais, mais qui sont là, ici, maintenant, ensemble. Mais les concerts de Liz Mc Comb, pour faire danser les premiers rangs de la salle Gaveau, pour faire chanter la gloire de dieu aux athées, pour faire aimer le rap aux amateurs de classique comme le gospel aux amateurs de contemporain... les concerts de Liz Mc Comb sont au-delà du réel.

... Un moment de grâce


Dans cette salle, qui n'était même pas comble et qui portait sur son estrade un nom bien moins connu que tant d'autres, les ondes écrasaient celles d'un Bercy mené par Pavarotti, les âmes fusionnaient comme jamais elles ne s'étaient rencontrées au Parc des Princes. Imaginez l'émotion d'un Lac des cygnes, l'admiration que l'on ressent à l'opéra, l'engouement que peut provoquer une Diana Ross, la douceur d'une Diana Krall. Imaginez que Stevie Wonder ait été sur scène avec les Rolling Stones, et qu'Eminem débarque des années 2000 avec son bonnet, à côté d'une violoniste en robe longue. Le tout avec une voix qui n'a pas besoin de micro, un souffle qui transperce chaque coeur, un piano qui parle comme dans un dessin animé. C'est sur ce melting pot des temps et des espace, sur cette synthèse incroyable des genres que Liz Mc Comb parie et, naturellement, comme c'est une fée, la magie opère.

Etonnamment, la salle, ce soir là, n'était pas pleine. Et pourtant elle était remplie. Car Liz Mc Comb est habitée. Habitée par une âme ancestrale, dont les blessures remontent au Mississipi, à ce Sud américain dont découlent toutes les musiques qu'elle chante. Du jazz, du blues, du gospel, des tons ancrés dans un passé à vif: la souffrance du racisme et de l'exclusion, évidemment, ont soufflé les mots de la musique noire américaine. Des souffrances qui n'ont pas disparues aujourd'hui, même si elles ont pris d'autres formes, et qu'elles sont chantées par d'autres genres. Des maux qui redoublent le sens des choix de Liz Mc Comb, qui avait invité, ce soir là, un rappeur de Chicago sur sa scène parisienne. Le sens que ce personnage au charisme insondable donne à son art transpire de ses prestations: la gratuité, l'humanité, la simplicité... le don.

La gratuité, elle est là, on la sent. Liz Mc Comb donne à vivre encore plus qu'elle ne donne à entendre et pourtant, sans mauvais jeu de mots, Dieu sait ce qu'elle donne à entendre. Mais si le don est là, toujours, sur scène, il est aussi la règle avouée de la diva du gospel: en prison ou pour Amnesty, cette enfant de l'Ohio est toujours là pour livrer ses notes. L'humanité... après tout qui sait? Ce qu'elle nous donne à voir, à entendre et à vivre est une expérience si bouleversante que la grâce pourrait bien, après elle, trouver en nous d'autres échos...

Côté studios

Evidemment, dans ces cas là, il est difficile de ne pas chercher, par tous les moyens, à retrouver un peu de ce miracle avec un disque. Des plus grandes chaînes aux plus petits revendeurs, dans les rues ou sur le web, les albums de la diva étaient introuvables. "Le Meilleur de Liz Mc Comb", le live de l'Olympia (1998) comme "Time is now" étaient devenus inaccessibles au public français. Petit label, mystérieux problèmes de diffusion, manque de réédition... Il a fallu se faire une raison.

Ses albums précédents restent difficiles à dénicher, mais "Soul, Peace and Love" sera disponible dès janvier 2007. Une édition que l'on attend avec impatience.

Extraits choisis...

Si le lecteur ne se met pas en marche, cliquez ici pour voir les extraits du concert à la salle Gaveau en 2005


A noter...

Le 2 février au Palais des sports de Paris

Site officiel :
www.lizmccomb.com

Liz Mc Comb sur Amazon

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