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Statue colossale d’Hâpy, personnification divine de la crue du Nil, au moment de sa découverte à Héracléion, granit rose, aujourd’hui conservée au Musée maritime d’Alexandrie. H. 540 cm, ép. 90 cm, poids 6 t. IVe s. av . J.-C. – début de l’époque ptolémaïque.
© Franck Goddio/Hilti Foundation - Photo : Christoph Gerigk
Alexandrie ou des histoires de réveils
« Alexandrie, semble macadamisée avec les ruines pulvérisées de mille cités. Chaque arpent de terre tourné et retourné. Le sol, humus épais, paraît historique. Toute vision d'Alexandrie passe par un cortège d'images symboliques : le phare, la bibliothèque, Antoine et Cléopâtre, Cavafy et Durell, souvenirs de son rayonnement et de sa splendeur passée. » Herman Melville, 1857
Fondée en 331 av. J-C par Alexandre le Grand et érigée au rang de capitale par les Ptolémées, Alexandrie se positionna rapidement comme la capitale du cosmopolitisme, de l’érudition et des sciences exactes. Un centre d’études et la célèbre Bibliothèque d’Alexandrie, bâtie pour « réunir tout le savoir universel », ainsi qu’un phare y ont été érigés. Si son administration et ses institutions en faisaient essentiellement une ville grecque, au fil du temps, la ville d’Alexandrie devint sans conteste une métropole cosmopolite composée d’Egyptiens, de Grecs et de Juifs.
Après de nombreux passages à vide, au fil des siècles, cette ambiance multiculturelle s’est naturellement reconstituée pendant la colonisation britannique, à la fin du XIXème siècle, où Italiens, Grecs, Arméniens, Syriens et Juifs originaires de différents pays cohabitaient en paix. Suite à la proclamation de l’indépendance de l’Egypte et la Révolution qui a mis fin à la monarchie, Alexandrie n’a pas été épargnée par les crises qui ont secoué l’Egypte. La ville, autrefois si florissante, s’est progressivement éteinte et s’est cloisonnée dans la nostalgie et le souvenir de cette ambiance multiculturelle.
La Bibliotheca Alexandrina est le fruit d'un projet que l'Egypte a mené à bien avec l'Unesco. Elle a agi comme un véritable catalyseur pour le dynamisme de la cité méditerranéenne: depuis 2002, date de son inauguration, les projets culturels sont nombreux à Alexandrie: un cercle vertueux dans lequel les entreprises et le mécénat ont leur part de responsabilité.
© Bibliotheca Alexandrina
Le projet de la construction de la Bibliotheca a en effet impulsé une vraie dynamique au sein du gouvernorat : nettoyage de la ville (avec Onyx-Veolia), prospections d'agences touristiques, mais la Bibliothèque a aussi redynamisé l’économie d’Alexandrie, en attirant des multinationales et en entraînant la construction de grands malls (Greenplaza mais aussi San Stefano). La Bibliothèque a également donné un nouveau souffle au mécénat d’entreprise : aujourd’hui elle accueille en ses murs la fondation Anna Lindt pour le dialogue des cultures (fondation d'Euromed). Dotée d’énormes moyens, la fondation subventionne de nombreux projets franco-égyptiens de coopération culturelle et pédagogique.
Les fouilles entreprises par l’équipe de Franck Goddio et le Conseil Supérieur des Antiquités d’Egypte participent d'un plan de réhabilitation historique inséparable de ce nouvel élan culturel. On se réjouit de la renaissance d'Alexandrie, qui figure à nouveau dans les circuits touristiques.