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Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

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Historia écorne le mythe du « Commandante »


« Che Guevara, l’autre vérité ». C’est le titre qu’a choisi le magazine Historia pour son dossier mensuel consacré au révolutionnaire argentino-cubain. On y découvre la face cachée du héros romantique tué d’une rafale de mitraillette le 9 octobre 1967 par un sergent bolivien.

Le dossier revient d’abord sur des éléments généralement peu connus de la vie de Guevara : ses origines bourgeoises, son asthme chronique, la médecine comme première vocation… Mais Historia s’attarde davantage sur des aspects presque entièrement occultés de l’action de celui qui, par excellence, a incarné la figure du rebelle en politique.

Diplomate déplorable, piètre ministre et guérilléro pathétique, Ernesto Guevara de la Serna a également été l’exécutant soumis des basses œuvres de la justice castriste. Dans les premiers mois qui suivirent le renversement de Batista, il s’est retrouvé à la tête d’un département militaire. Au terme de procès expéditifs qui sont à la justice ce que la démocratie populaire est à la démocratie, il n’a pas hésité à envoyer au peloton d’exécution plusieurs dizaines de partisans de l’ancien régime, parmi lesquels, parfois, de simples pékins arrêtés sur dénonciation et n’ayant jamais servi la dictature. Pour autant, le Che apparaît davantage comme un Saint Just tropical – ce qui ne le dédouane nullement de ses responsabilités – que comme le tortionnaire sanguinaire que suggère le surnom de carnicerito (« le petit boucher ») qui lui avait été donné alors.

C’est à une saine œuvre de démythification que se livre ici Historia. On saluera donc la tentative de déboulonner la statue de son socle, encore que, en l’espèce, il s’agira surtout de  froisser l’icône qui orne encore des millions de tee-shirts, briquets et autres produits dérivés, tous ces objets dont les ventes, ironie du sort, continuent d’alimenter ce capitalisme que Guevara abhorrait tant. Pour preuve, son ultime message, daté d’avril 1967, qui pourrait en faire réfléchir plus d’un : « Il faut mener la guerre jusqu’où l’ennemi la mène : chez lui, dans ses lieux d’amusement ; il faut la faire totalement ».

A noter...

« Che Guevara, l’autre vérité », Historia mensuel, n° 720, décembre 2006.

 

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