Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

Nous avions parlé, à titre informatif, du spectacle de Bilco aux Blancs Manteaux. Maintenant que nous y sommes allés, nous avons bien plus à dire...
C'est vrai, on partait déjà plutôt séduit : séduit par les extraits de son humour, d'ailleurs restitués ici en vidéo; séduit aussi par les délires de "l'esclave de Bilco", le très mystérieux rédacteur de son blog; séduit enfin par un parcours, car il faut une sacrée passion, un sacré besoin, et un vrai courage pour quitter l'avenir que l'ESSEC aurait pu prêter à ce jeune homme.
On était séduit. On ressort des Blancs Manteaux enchantés. Rien ne manque à ce one man show, sans doute parce que tout le monde en prend pour son grade, mais surtout parce que Bilco n'a pas simplement décidé de faire comique pour métier : il est comique. Alors non seulement rien ne lui échappe, mais en plus il sait tout faire. Ce qu'on connaissait de cet humoriste, c'était un ton un peu enfantin et des inventions aussi délirantes qu'accrocheuses. Ce qu'on a découvert, c'est un humour sans frontières: des réflexions fines, un franc parler qui réjouit, de l'autodérision, mais aussi des tours de magie à la noix, du cinquième degré finement explicité et des imitations hilarantes... Ca fait du bien. Ca fait du bien de rencontrer un humoriste qui ne se réduit pas à un imitateur, dont les sketches s'inspirent de la boulangère comme de l'actualité politique, du journal de Mickey comme des films de Luc Besson. Sa "campagne" est portée par des textes aussi bien écrits que parlés, portée aussi par une présence car Bilco, avec sa tête en pétard et son gros noeud de cravate qui ressort de son pull en V, a incontestablement un charisme particulier. Un simple changement d'expression provoque le fou rire et si le comédien n'hésite pas à charrier son public, l'interaction est là et la salle semble conquise.
Le seul bémol ? Une heure, c'est trop court ! On passe un trop bon moment : on n'a pas envie que ça s'arrête en si bon chemin. Ce qu'on a préféré ? Difficile de choisir entre le "skin scandinave" et le "discours sécuritaire".
Le "discours sécuritaire" parce que, encore une fois, ça fait du bien, vraiment, d'entendre un humoriste "de gauche" bousculer un peu les "valeurs cools" de celle-ci. Et oui, c'est un fait: des voitures brûlent, et si la gauche veut continuer à exister, il va peut-être falloir inventer autre chose que la fête de la musique et la philosophie du vélo. Comme Bilco, moi, je veux bien prendre mon vélo tous les matins, mais à Paris, et même avec trois anti-vols, il y a des chances que je finisse par rentrer en métro - mais là, c'est plus le vélo qui risque de se faire agresser.
Les interrogations simplettes et si bien vues du skin français sur le mot "fuck" est sans doute notre plus grand fou rire de la soirée. Et oui, nous avions omis de vous dire que si Bilco ne donne vraiment pas dans le vulgaire, il sait aussi faire rire avec des vulgarités auxquelles, d'ailleurs, il donne plus d'un sens.
Car Bilco ne se contente jamais de faire rire avec un mot, une situation ou une vérité: c'est toujours son regard, son interprétation, son inspiration qui provoquent le rire. Et n'est-ce pas là le propre du comique ?
Aperçu...
Warball
Si la vidéo ne se met pas en marche, cliquez ici.
A noter...