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Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

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"La Danse de l'albatros" - Théâtre Montparnasse


La dernière pièce de Gérard Sibleyras est à éviter. Les névroses d'un sexagénaire zoologiste, le semblant de rébellion de sa sœur qui demande le divorce, leur dialogue de sourd arbitré par la petite amie de 22 ans et le vieux copain à la masse, pourquoi pas, à condition que ça donne à penser. Après tout, la littérature, les chansons ou les articles de journaux sont truffés de choses intéressantes qui partent de la vie ordinaire alors... Pourquoi est-ce que la dernière pièce portée par Pierre Arditi ne décolle-t-elle pas ?


Parce que le sujet, comme les personnages, tournicote d'un bout à l'autre de la scène sans jamais amener le public quelque part. On fait du sur place, forcés à écouter en silence ce que l'on ne supporte plus d'entendre depuis longtemps dans notre propre famille ou devant la machine à café. On croise assez de vieux nerveux dans nos voitures pour avoir envie qu'ils restent dans nos rétroviseurs. Assez de quinquagénaires malheureuses qui n'arrivent pas à divorcer pour ne pas avoir envie de les entendre se plaindre sur scène. Si l'auteur allait au bout de ses caricatures, on pourrait sans doute en rire, comme on peut en rire actuellement au Théâtre du Palais Royal dans le "Toc Toc" de Laurent Baffie. Là, l'auteur va au bout de ses héros: si la caricature peut sembler plus marquée, elle ne masque pourtant pas l'ambiguïté  des personnages, qui sont d'autant plus drôles qu’ils sont véritablement attachants. Dans « La Danse de l’Albatros », l'imperfection est morne parce que les personnages n'en sont pas.

 

Pas d'intrigue, pas de personnage, ça fait beaucoup. Que faut-il retenir de cette pièce? Que les femmes de cinquante ans ont besoin de demander à leur frère de mentir pour divorcer? Qu'elles inventent des maris violents pour obtenir le divorce? Que les jolies filles de 22 ans ne sont bonnes qu'à écrire des livres pour nourrissons, destinés à être des joujoux dans leurs bains... Jusqu'à ce que leur bien aimé mâle mure les persuade d'écrire un roman? On pourrait prolonger le calvert, mais si la pièce était assommante, énumérer ses absurdités le serait sans doute encore plus. Alors... On s'ennuie. Heureusement, un fou rire de la troupe, totalement imprévu, aura été un peu communicatif et, évidemment, on ne peut que sourire à la vue d'un Arditi qui se met à imiter un albatros qui danse. Mais ça s'arrête là.

 

S'interroger sur le pourquoi du pouvoir de Bizon futé, mettre nez à nez son frère avec ses inepties et sa solitude, tourner en dérision la "décision" de bidule qui a choisi une relation platonique, pourquoi pas, mais à condition d'aller au bout des mots et des gestes, de l'ironie et du cynisme, du drame du temps qui passe et de l’humour du destin. On sent que les comédiens sont de bonne volonté, mais avec un texte si fade et une mise en scène que le synopsis n’impose pas, le meilleur public souffrira avec eux d’une telle débâcle. On a beau aimer son métier ou être bon public, il serait difficile que le courant passe à partir d’une telle pièce, même avec les artistes les plus inventifs et le public le plus ouvert.

 

A noter ?


De Gérard Silbeyras. Mise en scène de Patrice Kerbrat. Avec Pierre Arditi, Jean-Michel Dupuis, Josiane Stoleru, Alexia Barlier. Au Théâtre Montparnasse jusqu’au 28 octobre 2006.

Jusqu'au 28 octobre au théâtre du Montparnasse.
31 rue de la Gaïté 75014 Paris

Pour plus d'informations: www.theatremontparnasse.com


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