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On n'avait pas encore eu la chance de voir Martin Rappeneau en concert avant le 19 septembre dernier. On le savait auteur, compositeur, interprète, on savait qu'il était doté de ce talent rare de chanter des états d’âme sur les mélodies les plus enlevées. On savait que Martin Rappeneau était un joyau. Qu'il chantait l’amour et l’absence, les rencontres et les ruptures, les bruits du monde et les signes de la vie. Mais les "caresses sans âmes" , les inepties d’une amie, le raz le bol de la vie tout seul, "les figures imposées" que l’on a crues choisies prennent un autre visage quand l'artiste existe là, devant nous. Exister, littéralement, veut dire sortir de soi (ex-stare). Seuls les véritables artistes parviennent à transcender le réel de cette façon. Encore un tout petit peu plus de confiance, et Martin Rappeneau nous donnera un aperçu du sublime. Des nuits noires à attendre quelqu’un qui revient toujours, des clichés volés au hasard, le parfum d’une femme qui s’en va, "l’heure d’hiver", "l’illusion du bonheur"… Autant de chemins vers "l’âge d’or" d’une existence qui se fait de plus en plus solide : après les mensonges et les poèmes, les rêves parviennent à prendre appui sur des pieds ancrés dans la terre, sans pour autant tourner le dos aux étoiles car… le meilleur reste à venir, c'est sûr ! La voix est claire, le rythme est à lui, et l’énergie est au rendez-vous sur ses deux opus, avec l’émotion. C'est le cas sur ses disques, mais c'est encore accentué sur scène. Quel bonheur...
Sa présence, ses chansons, ses textes et ses musiciens. Il faut voir Martin Rappeneau en concert. A cause de son punch, de la batterie qui claque et du piano qui vrille sous les doigts de ce chanteur à la musicalité incontestable. Il se donne sur scène comme il se livre dans ses chansons. Une pointe d’humour entre deux titres, un peu de dérision quand le texte est trop grave, une pirouette sur un tabouret de piano… Il nous parle, il nous fait rire, il nous invite, on lui répond. Il se bande les yeux pour chanter du Stevie, interprète « Daisy » a capella pour le dernier rang, s’inquiète de savoir si nous aimons aussi ses idoles, puisque pour la première fois, il interprète quelques chansons empruntées à ses maîtres. Martin Rappeneau est un homme de scène. Et son public le lui rend. Encore ému et surpris d’entendre ses textes entonnés par la petite foule du Café de la danse, notre star de demain s’éclipse avec reconnaissance et simplicité après avoir perdu quelques kilos en réinventant vingt-cinq chansons. « Merci. La chanson parle de traduire des rêves. C’est vous. Vous les avez traduits dans le réel ».
Quel bonheur de découvrir de grands artistes quand le Café de la danse peut encore nous donner l’illusion qu’ils n’appartiennent qu’à nous. Juste assez grand pour que l’osmose prenne au ventre, juste assez intime pour que chacun soit au plus proche de la scène, une acoustique presque irréprochable… On reviendra. Mais la prochaine fois, ce sera au Bataclan, car Martin Rappeneau a joué deux soirs de suite à guichet fermé.
A noter...
Martin Rappeneau sera de nouveau en concert à Paris les 12 et 13 février 2007, au Bataclan.
www.myspace.com/martinrappeneau
Pour ceux qui veulent connaître, et pour les fans qui n'ont pas vu ces séquences: Une séquence qui vaut le détour
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