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Et bien non, il n’en est rien : allons jusqu’au bout dans les clichés de féministes à deux balles qui s’autorisent tout et ne pardonnent rien. Et, en bons Américains peu inspirés, faisons de l’épilogue des retrouvailles générales, permises par le bon pardon. On a juste envie de leur dire de continuer à se regarder jusqu’à mourir, on n’a même pas pitié devant leurs chinoiseries solitaires du nouvel an puisqu’elles vivent de formidables histoires d’amour avec elles-mêmes, comme le confirme si intelligemment Samantha, et ce après moult réflexions... dignes d’un très mauvais magazine féminin à jeter aux cabinets. Alors finalement, « Sex & the City, le film » parle davantage de femmes qui ne savent pas aimer que de femmes qui ont peur de l’amour.
Du coup la fashion attitude est à vomir, c’est surfait, c’est un défilé de marques qui n’arrivent plus à faire rêver tant cet univers apparaît perverti par l’image, et l’argent. Ces vieilles filles ont bien des attitudes de nouveaux riches : leur luxe est sans chic, il est vulgaire. On s’esclaffe quand Carrie choisit la pire des robes de mariée, le style « meringue » démodé mais tellement proche de ces robes que nous sortent les Américaines lors de leur « graduation »… on se dit que finalement, il y a une unité dans ce film : du scénar à la réa en passant par la robe de princesse milliardaire et mannequin censée nous faire rêver, il y a des moyens mais sans imagination, une envie forte de parler de ce qu’on ne connaît pas, du chic et de l’intimité des quadras. Là où « Le Diable s’habille en Prada » arrivait à donner quelques leçons de mode avec la cinglante Meryl Streep et la très élégante Anne Hathaway, « Sex & the City » échoue lamentablement dans le monogramme vidé de toute élégance. On regrette l’allure de Rene Russo dans le dernier Thomas Crown, ou la luxueuse discrétion de Julia Roberts dans Notting Hill.