Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !
« Ses recherches s’inscrivent dans une déclinaison de créations aux couleurs acidulées, aux textures gourmandes et aux parfums sucrés » alors aimer les œuvres de Laurence Jenkell, c’est assez facile : quel enfant n’a jamais rêvé d’un bonbon géant ? Et pourtant rendre un véritable hommage aux bonbons et à nos fantasmes d’enfants n’était pas une mince affaire. Ces gigantesques bonbons interpellent au premier coup d’œil : les couleurs sont vives, les transparences brillent et, inévitablement, on a envie de faire quelque chose de ces gourmandises suspendues, de s’y accrocher tiens, pourquoi pas, on se rappelle soudain qu’enfant, on adorait faire le « cochon pendu ».
Un vrai bonbon à l’ancienne, c’est déjà un cadeau : c’est emballé comme un secret, et l’objet tout entier est un ruban de velours. Devant les œuvres de Laurence Jenkell, on se dit que le bonbon est un concept à lui tout seul, un concept irrésistible dans lequel se mêlent le savoir faire du fabricant – pâtissier, boulanger, « bonbonnier » ? - et celui de… cet être anonyme qui « emballe ». A ceux qui accuseraient les bonbons de Jenkell de n’être qu’un dérivé du marketing facile, on rappellera simplement que son œuvre est à elle seule un formidable hommage à l’art - ancestral ! - du « packaging » : les bonbons n’ont pas attendu cette petite fille pour faire durer le plaisir de nous faire attendre, le plaisir d’imaginer ce qui se cache derrière un drapé roulé-tourné-chiffonné ! Le bonbon emballé n’a rien à voir avec la pochette plastique transparente de Haribo ou les fraises Tagada toutes nues : ils ont la délicatesse d’un autre temps, finalement, c’est raffiné un bonbon ! Grâce à Laurence Jenkell, on réalise que le bonbon de nos grands-mères est un concept irrésistiblement artistique, alliant technè et esthétique.
Redonnant toute son importance à ce qui est caché, « le Wrapping de Jenkell » est un objet sublimé par l’objet. Et même quand son plexiglas est transparent, l'emballage reste, il est l'incontournable du bonbon, l'identité de celui-ci en même temps que... la boite aux trésors ! Une boite de pandore qui renferme... un secret de Polichinelle: des cigares, des guimauves ou des sucettes, des interdits quoi, des trucs qui abîment les dents, des plaisirs dont il ne faut pas abuser. "Mais c'est qui ce modération ?" a l'air de nous demander l'artiste aux yeux d'enfants ! La transparence devient alors une nouvelle sorte de poupée russe, laissant toute la place à nos yeux ébahis, nos yeux tellement plus gros que nos ventres ! Nouveau procédé élaboré par l’artiste, le "wrapping" vise à magnifier l’objet par une technique de drapé et de torsion du plexiglas dans le pur esprit des emballages de bonbons. Vous l’avez compris : on est mordu !