Littérature, art contemporain, musiques, théâtre et cinéma : retrouvez le blog du site CultureCie et réagissez à nos articles ! Le webmag branché Culture a désormais son blog qui, comme son grand frère, ne veut "pas parler de tout... pour ne pas parler de rien" !

Nous avançons dans la salle, et nous reconnaissons des phrases, des mots. Les peintures parlent de couleurs, de femmes, de matières. De proximité, de distance, de vues, d’aveuglements. D’amour, de danger aussi. Du noir et blanc, de la mélancolie. Des clins d’œil à la photographie, des clins d’œil à la vidéo, au pop art, à Lichtenstein, Warhol, et à tous ceux que l’on ne citera pas. Ce sont des scènes. Des arrêts sur image. Des séquences. De la télévision. Un film. Des rushes. Un roman photo. Et c’est de la peinture. Très contemporaine, affirmée, précise, travaillée et jetée, parfois ajoutée à du verre, à des galets, à la banalité de la rue, à la brutalité de l’accident. La vie est partout. La fin aussi.
Le peintre avoue que les textes n’accompagnent pas les images. Et les textes… c’est une mise en scène de plus, une référence de plus, un clin d’œil encore, à un autre support : le roman photo. Un prétexte inutile pour que les images se parlent explicitement. « Il s’agit d’une série qui s’appuie sur l’histoire de l’art, chaque tableau est une référence mais traité à la manière d’un roman photo. Les 203 tableaux réunis forment un dialogue qui ne traitera pas de l’art mais plutôt de la notion d’espace et de temps. » On aurait aimé voir la totalité de la série, les 203 tableaux. Mais l’exposition la coupe, « short cuts » obligent, et c’est évidemment sans importance pour le sens. Car nous sommes hors temps, devant ces peintures pétries de références picturales, argentiques, numériques, cinématographiques, ces peintures qui se rient de l’imitation par leur force créatrice, ces peintures qui sont simplement don et talent mais qui s’amusent… avec la culture.
Le travail de Palacio est riche. Visuellement d’abord : les toiles sont brutes et malgré l’ironie latente la peinture touche. Enrichie par une mise en scène textuelle aussi inutile que poétique, le bout de série 203 qui nous est donné de voir réussit la prouesse de multiplier les références prises à l’extérieur de l’œuvre et de proposer une création qui se suffit à elle-même, et dont l’originalité réside dans une esthétique très personnelle. Ses peintures parlent d’autres arts, d’autres artistes. Ses peintures se parlent entre elles. Ses peintures parlent de lui. Des textes dialoguent avec les images et les 203 tableaux forment une même œuvre. En effet, « il s’agit autant d’une oeuvre picturale, que d’une installation, une vidéo ou une oeuvre littéraire. » Nous avons rarement eu l’occasion de découvrir une telle puissance esthétique en même temps qu’un tel humour intellectuel.
A noter absolument…
