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L’exposition réunit un ensemble exceptionnel de 120 peintures de grands formats. Autour d’elles viennent s’ajouter d’autres œuvres : des œuvres sur papier et des sculptures mais aussi des objets, des pochettes de disques et des livres d’artiste, produits entre 1961 et 2005. Ayant bénéficié d’importants prêts de musées internationaux et de collections privées, l’étape parisienne de l’exposition propose au public de découvrir des œuvres provenant de grandes institutions françaises, rassemblées pour l’occasion.
Rappelant à la fois les dessins les plus épurés de Picasso, les personnages de Keith Haring - qui sont en réalité inspirés de Penck - ou encore la mélancolie d’un Basquiat, les œuvres de A.R. Penck sont profondément enracinées dans son siècle : c’est le siècle de Duchamp et de Warhol, celui de Miro et de Klee que l’on reconnaît dans ces peintures. Ce ne sont pas toujours les mêmes guerres, pas toujours les mêmes frontières et pas toujours la même dérision: A.R. Penck est allemand, sa guerre est froide et son monde est coupé en deux. On ne sera pas surpris d'apprendre, en découvrant son travail, que l'artiste a vécu à l'Est jusqu'en 1980, pour finalement s'installer à l'Ouest.
Imaginez le « Guernica » de Picasso rencontrer « La Naissance du monde » de Miro : on serait peut-être alors dans le « Grand tableau monde » de A.R. Penck, un monde noirci par le réel, les tâches et le travail, un monde lourd et grave, un monde clos et hiérarchisé mais qui s’enracine pourtant toujours dans le même sol et… qui partage le même ciel.
Si les personnages apparaissent souvent déchirés dans son oeuvre, comme plantés dans un monde outillé et difficile à ignorer, la plupart de ses toiles regorgent de poésie, alliant un trait épuré à des couleurs apaisées ou des taches vives. Derrière les ténèbres du mur et l’orage de la séparation se cache toujours l’espoir d’un « passage » qui, dans la rosée du matin, reléguerait le feu au passé.
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