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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 01:33
« Le seul langage qui est peut-être le langage le plus fou, qui surnage à tout, c’est celui du mécanicien et de la locomotive, le langage technique. A ce moment-là c’est peut-être, vu à l’angle de la pièce, le langage le plus dément qui soit, le seul à continuer alors que tous les autres langages s’abattent tout au long de ce voyage sur les rails. » *

En 1957, Armand Gatti publie son premier ouvrage, Le Poisson noir (Seuil) qui obtient le prix Fénéon. Suivront plus de cinquante pièces parmi lesquelles on peut citer Le Crapaud-buffle (1959), L’Enfant-rat (1960), La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. (1962), Les Treize soleils de la rue Saint-Blaise, La Cigogne (1968), La Tribu des Carcana en guerre contre quoi ? (1974), La Moitié du ciel et nous (1977).

 

En 1979, il commence à écrire La Parole errante.

 

En 1983, Armand Gatti ouvre l’atelier de création populaire « l’Archéoptéryx » à Toulouse où, en 1984, est créée la pièce Nous ne sommes pas des personnages historiques, réalisée avec des jeunes en stage de réinsertion. En 1988, il crée Les Sept possibilités du train 713 en partance d’Auschwitz, à Rochester aux Etats-Unis, et reçoit le grand prix national du théâtre. En 1989, Armand Gatti célèbre le bicentenaire de la Révolution à la prison de Fleury-Mérogis en créant avec des détenusLes Combats du jour et de la nuit à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. En 1991, invité par Alain Crombecque, à l’occasion du vingtième anniversaire de la mort de Jean Vilar, il crée, à Avignon, Ces empereurs aux ombrelles trouées.

 

Ses Œuvres Théâtrales sont éditées aux éditions Verdier.

 
 
 
 

En 1994-1995, il écrit et met en scène Kepler, la langage nécessaire qui devient le jour de sa création : Nous avons l’art de ne pas mourir de la vérité. F. Nietzche. En 1997, il installe la Maison de l’Arbre à Montreuil sur le lieu où Méliès inventa le cinéma de fiction. Un an plus tard, La Parole errante est publiée aux éditions Verdier. En 2000, il écrit La Traversée des langages et lance le projet d’aménagement de la Maison de l’Arbre avec l’exposition Les Voyages de Don Quichotte.

 
 

En 2003, lors d’un travail avec les étudiants français et étrangers au Théâtre Universitaire de Besançon, il écrit et met en scène Le Couteau d’Evariste Galois avec lequel Dedekind fait exister la droite en mathématiques, ce soir traits d’Hexagrammes à la recherche du livre des mutations. En 2005, Envoyé spécial dans la cage aux fauves est publié aux éditions Cartouche. En 2006, Le premier voyage Maya est publié aux éditions Silleps.

 

 
 
Le mot d'Armand Gatti sur le théâtre…
 

« Je ne viens pas du théâtre. Ce n’était pas mon monde. Le théâtre pour moi est né dans le camp de concentration. J’ai l’impression de toujours me répéter. Mais si on ne comprend pas ça, on ne comprend rien à ce que je fais. C’était un groupe de Juifs lituaniens. Ils avaient décidé de monter une pièce de théâtre. Dans le camp, avec tous les risques de délation. Et la pièce tenait en trois mots. Je suis, j’étais, je serai. Une psalmodie. Et puis c’était fini. A ce moment-là, le théâtre, c’était vraiment un enjeu. Les gens risquaient leur peau. C’était quelque chose qui combattait avec l’homme. Qui permettait à l’homme d’échapper à l’état végétal auquel il était réduit et de redevenir vraiment un homme. Comment voulez-vous après une telle expérience vous préoccuper de la critique, du taux de fréquentation ? Je ne suis jamais entré dans ce théâtre-là. Je ne l’ai jamais pu. Même avec des gens comme Vilar ou Piscator qui étaient parmi les plus beaux fruits de ce théâtre. Je n’ai jamais pu faire partie de ce monde-là. J’ai bien essayé.

 

Mais c’était le lieu même qui était une incongruité pour ce que je voulais faire. Dans le camp, ce qui motivait le choix du lieu, c’était quoi ? Passer inaperçu. Un théâtre qui faisait tout pour qu’on ne sache pas qu’il avait lieu ! C’est tout à l’opposé de l’idéologie du théâtre, le succès, toutes ces choses-là. Et lorsque je revendique de ne jouer qu’une fois — ce qui est difficilement réalisable — c’est encore les marques de cette expérience du camp. Ce qui compte, c’est moins la représentation elle-même que le trajet. Toute l’expérience, tout l’acquis est dans le trajet. Evidemment il faut la sanction des gens devant lesquels s'affirmer, porteur de langage. S’il n'y a pas l’autre, en face, ce n’est pas possible. »


* Armand Gatti, « Les arches de Noé », atelier de création radiophonique France Culture, 1988


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Published by Axelle Emden - dans Portraits & Bios
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