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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 22:35
     












Les photos exposées aux mois de mai et juin 2007 à la galerie 51 sont réunies sous un nom qui leur va à ravir... "My Favorites" est, en effet, notre vernissage coup de coeur de ce printemps.

Réunissant les photographes Bruno Bisang, Jeff Cowen, Louis Jammes, Isabel Muñoz, Ivan Pinkava, Nicolas Ruel, Antoine Schneck et Christine Spengler autour d’une sélection d’œuvres consacrant leurs icones, l'expo regroupe des clichés éclectiques qui valent le détour.

Odalisques, portraits, prise de vue en studio ou à l’extérieur, petits et grands formats, mannequins ou photos de guerre, stars du Pop art ou merveilleuses inconnues... les photos choisies sont le fruit d'artistes fort différents, tant par les sujets qu'ils abordent que par leurs techniques ou leurs vécus.

Pourquoi pas...

Antoine Schneck révèle traits et rides des visages des populations du Burkina Faso où, installés sur un fond noir mat, ils s’extraient de leur cadre pour se matérialiser comme des masques de cire. Les clichés nous laissent un goût de déjà vu mais l'esthétique est irréprochable.

Ivan Pinkava fait souffrir le spectateur: ses personnages sont tout droit sortis de l’univers sombre d’un drame qui s’est joué en notre absence. Un enfer ?  Rappelant les corps réduits à néant de Nuremberg, les clichés de Pinkava sont d'une froideur difficile. Si les corps donnés à voir sont dérangeants, ce sont les visages de ses personnages qui sont les plus déconcertants. Tandis qu'un crâne rasé rappelle les crimes commis contre l'humanité, un regard vide nous dévisage et... nous détournons le regard.

Nicolas Ruel isole son modèle silencieux et méditatif au milieu du bruit et du passage du métro de Moscou. Monde de contrastes où la douceur de ses personnages s’oppose à la froideur du support métallique qu’il a choisi pour laisser l’empreinte d’un récit. Ce n'est pas tant le sujet qui nous a plu ici, mais plutôt la technique: ces grands tirages sur plaque en inox ont quelque chose de terriblement séduisant.



"My Favorites"...

On a aimé les clichés de Bruno Bisang, ses photographies de femmes célèbres et anonymes qui, à la manière d'un Peter Lindbergh, révèlent une sensualité naturelle, sans voyeurisme et sans gêne. On a aimé le grain, celui des peaux, celui des photos. On a aimé ce regard, amoureux d'une féminité qui se donne à découvrir et à voir, sans provocation, simplement.
© Bruno Bisang - © Jeff Cowen

On a aimé Jeff Cowen, sa Havane romantique où, au milieu de la misère, s’élève la femme cubaine idolâtrée: sensuelle, naturelle... belle ! Mais on a préféré les grands formats noirs et blancs de Louis Jammes: la frêle douceur d'Andy Warhol, la profondeur de son regard, la timidité de son corps. Avec quoi on serait repartis, si on avait eu 4800 euros à dépenser ce soir là ? Avec les grands yeux de Jean-Michel Basquiat, sur le portrait duquel Jammes a inscrit, en majuscules, tel un tag qui serait de trop, le mot "ETYMOLOGY". Un nu masculin inédit de Basquiat est également exposé, fort différent, mais aussi intense.

© Louis Jammes

Grand coup de foudre pour les photos d'Isabel Muñoz, qui dépeint avec lyrisme l'univers de la danse: le contact, la pureté, l'esthétique naturelle des costumes et la grâce innée et travaillée d'une danseuse...
 
© Isabel Muñoz - Cuba, 2001
My Favorite ?

La cerise du coup de coeur s'appelle Christine Spengler: loin des oeuvres très "bolywoodiennes" qu'elle expose actuellement à la galerie Vivienne, elle a regroupé rue de Seine une série de clichés de guerre hors du commun. Beaucoup de ses photos ont illustré des unes de magazines, et pourtant on regrette de ne pas voir plus souvent ce genre de regards sur les conflits armés.

Christine Spengler est l'une des rares femmes correspondantes de guerre.  "L'espoir au millieu du chaos", c'est l'enfance qui reste l'enfance, malgré le deuil. C'est l'insouciance qui existe encore, dans le drame.

Des mitraillettes, des morts, du noir et blanc, oui. Mais pas de clichés volés, et, surtout, pas de désespoir. Pas de corps ensanglantés, pas de voyeurisme, pas de misérabilisme. Des regards francs et droits, des enfants qui ont vu l'horreur, peut-être tous les jours, mais qui gardent, au fond de leurs yeux, une lueur d'espoir. Un fils qui a perdu son père, des enfants qui nagent au milieu des obus... On pourrait y voir quelque chose de spectaculaire. On y voit l'ironie de l'enfance, légèreté non choisie, au milieu et malgré l'horreur mais légèreté quand même. Enfance. Enfants. La vie est là, qui continue et qui joue, qui regarde, gravement ou en souriant, mais qui est. Qui est encore. Le regard de Christine Spengler est indescriptible. Oui, ses clichés sont des témoins d'une réalité insoutenable mais, au-delà du réel, son objectif se focalise sur des éclats de rires et des sourires, des regards d'une profondeur... enfantine. Bêtement, mais peut-être fort justement, on a envie de dire: on sent que c'est une femme qui regarde la guerre. Une femme, et une femme extérieure au conflit. Madame Spengler donne une autre allure aux photos de guerre, une autre odeur, une autre... vue, rare et incontournable.

A noter absolument...

Exposition photographique collective « MY FAVORITE »
Du 11 mai au 16 juin 2007
Galerie Seine 51
51, rue de Seine Paris VIe
Métro Saint Germain / Odéon / Mabillon

www.seine51.com

Soirées spéciales...

Christine Spengler dédicace ses ouvrages, "Une Femme dans la guerre", "Années de guerre" et "Vierges et toreros" le samedi 12 juin 2007 de 15h30 à 19h.

Photos du haut de l'article, de gauche à droite: Isabelle Munoz, Bruno Bisang, Christine Spengler

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