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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 00:09


Quand Arthur et George se rencontrent, nous connaissons tout ou presque des deux personnages. Nous les avons vu naître, grandir, s’instruire, penser, chacun dans son milieu. D’origines différentes et de caractères opposés, ils vivent tous deux dans l’Angleterre de la fin du XIXème siècle.
George est un fils d’immigrés. Timide, solitaire et maladroit, il devient la cible idéale de la police, chargée de trouver un coupable. L’histoire est véridique : George Edalji a été réellement victime d’une erreur judiciaire, accusé, emprisonné puis relâché au bout de trois ans.
Arthur n’est autre que le célèbre sir Arthur Connan Doyle, auteur du non moins célèbre Sherlock Holmes. Tout lui réussit : il est brillant, cultivé, célèbre, chevaleresque et passionné. Passionné, il le sera par la cause de George, qu’il cherchera à réhabiliter.

Julian Barnes a écrit deux biographies dans son roman, où le fait divers n’est qu’un prétexte pour nous faire connaître la société victorienne. Il raconte non seulement les us et coutumes de l’époque mais il dresse aussi de fins portraits psychologiques. En plus d’être intelligents, ses deux personnages ont des accents visionnaires : ils se posent de vraies questions, concernant l’immigration, la religion ou les femmes, autant d’enjeux sociaux qui seront les défis du XXème siècle.

La quatrième de couverture nous invite à découvrir un « thriller haletant ». Je tiens à souligner que le suspense n’a que très peu de parts dans la valeur du livre. Imprégné de son héros, Julian Barnes parlera souvent comme lui et les amateurs de Sherlock Holmes seront heureux de le retrouver. L’art et la manière ! Voilà ce que l’on peut en dire.

Extraits choisis…

« Arthur avait été éduqué, durant ces années de jeunesse où l’esprit est encore si malléable, à l’école du matérialisme médical. Tout résidu de religion établie avait été éliminé ; cependant, il restait métaphysiquement respectueux. Il admettait la possibilité d’une cause centrale intelligente, tout en étant incapable d’identifier cette cause, ou de comprendre pourquoi ses desseins devaient se réaliser d’une façon si contournée et souvent si terrible. Pour ce qui était de l’esprit et de l’âme, Arthur acceptait l’explication scientifique du moment : l’esprit était une émanation du cerveau, tout comme la bile était une sécrétion du foi – quelque chose de purement physique par nature ; tandis que l’âme, pour autant qu’une telle notion puisse être admise, était la résultante de tous les fonctionnements héréditaires et personnels de l’esprit. Mais il reconnaissait aussi que le savoir n’est jamais immobile, et que les certitudes d’aujourd’hui peuvent devenir les superstitions de demain. » (p.67)

« Vous voulez q’il soit complètement innocent, hein ? Pas juste innocent, mais complètement innocent ? D’après mon expérience, Doyle, personne n’est complètement innocent… Ils peuvent être jugés non coupables, mais ce n’est pas la même chose que d’être innocent. Presque personne n’est complètement innocent. » (p.421)

Infos...

Editions Mercure de France
24 euros 40
Sortie: Janvier 2007

552 pages
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Published by Laurence Schmitt - dans Romans & Nouvelles
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