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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 23:07


Grande déception que la version long métrage de la cultissime série « Sex & the City ». Tandis que ses actrices phares vieillissent, la série s’essouffle et le scénar n’a décidément pas su s’adapter à ces quadras plutôt pathétiques.
On n’attendait rien de subversif, seulement quelque chose de rafraîchissant et drôle, un truc bien vu comme nous y avait habitué la série, mais là, c’est la panne, le manque total d’inspiration.

Plus de sex toys rangés dans la table de nuit, soit, mais plus de drôleries au parler franc, pourquoi ? Juste des vieilles filles qui n’ont pas su grandir, et qui donnent à la liberté féminine une image plutôt grise : si c’est ainsi que les working girls vieillissent, non merci ! Vraiment dommage, car on en connaît, des quadras mariées qui ont été aventurières, des indépendantes pragmatiques et amusantes qui continuent à parler cul avec leurs mômes et leurs copines, ou leur bande de potes à des tablées mixtes.
Là où les épisodes tapaient juste, le film sonne faux, passe à-côté des situations, des détails qui auraient pu nous accrocher.

Première erreur qui a stoppé net notre espoir de passer un bon moment : le film souffre d’incohérences, absurdités qui font vraiment passer les indépendantes pour des débiles ou des sans cœur : franchement, Carrie qui ne craque pas quand Big fait demi-tour, on a trouvé ça con et pas crédible. Même chose pour Miranda qui met bien longtemps à se remettre en question… Quand on impose six mois d’abstinence à son mari, qu’on se laisse aller à oublier de s’épiler le maillot et qu’on a été une héroïne de « Sex & the City », on pourrait peut-être pardonner le dérapage de son pauvre homme, non ?

Et bien non, il n’en est rien : allons jusqu’au bout dans les clichés de féministes à deux balles qui s’autorisent tout et ne pardonnent rien. Et, en bons Américains peu inspirés, faisons de l’épilogue des retrouvailles générales, permises par le bon pardon. On a juste envie de leur dire de continuer à se regarder jusqu’à mourir, on n’a même pas pitié devant leurs chinoiseries solitaires du nouvel an puisqu’elles vivent de formidables histoires d’amour avec elles-mêmes, comme le confirme si intelligemment Samantha, et ce après moult réflexions... dignes d’un très mauvais magazine féminin à jeter aux cabinets. Alors finalement, « Sex & the City, le film » parle davantage de femmes qui ne savent pas aimer que de femmes qui ont peur de l’amour.

Deuxième faute, que l’on n’attendait pas : un manque d’unité totale dans les dialogues et les textes, un tout bien mal écrit par rapport à la qualité des épisodes.

Du coup la fashion attitude est à vomir, c’est surfait, c’est un défilé de marques qui n’arrivent plus à faire rêver tant cet univers apparaît perverti par l’image, et l’argent. Ces vieilles filles ont bien des attitudes de nouveaux riches : leur luxe est sans chic, il est vulgaire. On s’esclaffe quand Carrie choisit la pire des robes de mariée, le style « meringue » démodé mais tellement proche de ces robes que nous sortent les Américaines lors de leur « graduation »… on se dit que finalement, il y a une unité dans ce film : du scénar à la réa en passant par la robe de princesse milliardaire et mannequin censée nous faire rêver, il y a des moyens mais sans imagination, une envie forte de parler de ce qu’on ne connaît pas, du chic et de l’intimité des quadras. Là où «
Le Diable s’habille en Prada » arrivait à donner quelques leçons de mode avec la cinglante Meryl Streep et la très élégante Anne Hathaway, « Sex & the City » échoue lamentablement dans le monogramme vidé de toute élégance. On regrette l’allure de Rene Russo dans le dernier Thomas Crown, ou la luxueuse discrétion de Julia Roberts dans Notting Hill.

Le film passe à côté de son sujet, comme si la vie de la vraie quadra indépendante et sexy était un tabou. Dans cette quarantaine « qui sert à payer des verres », nos héroïnes sont vidées de leurs énergies, elles se sont perdues à cause de scénaristes peu imaginatifs. Le New York du 917 a l’air d’être mort, en fait New York est ailleurs maintenant, dans un underground que nos très installées solitaires pathétiques ne fréquentent plus. Seul zeste dynamisant : Jennifer Hudson, alias « Louise from St Louis », qui a encore ses rêves de réussite et d’amour, cette fraîcheur qui nous apaise. Au final le film est trop long, sans intrigue et très rarement drôle. L'affiche brille et le résultat est en toc. Abyssale déception.

A noter ???

Sex and the City - The Movie
Réalisé par Michael Patrick King
Avec Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon, Kristin Davis, Jennifer Hudson, Chris Noth, Jason Lewis, David Eigenberg...

Date de sortie : 28 mai 2008  
Durée : 2h 25min

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Published by Axelle Emden - dans Cinéma
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