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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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26 mai 2008 1 26 /05 /mai /2008 11:53

Séduite par l’alchimie du sucre et les multiples combinaisons du bonbon, tant dans sa forme que dans ses possibilités de transformation, Laurence Jenkell décline la métamorphose de la substance pour n’en garder que l’idée du sucre qui fond… sur la toile ! Zoom sur notre coup de coeur gourmand fabriqué par une artiste cannoise aux fantasmes enfantins.

« Ses recherches s’inscrivent dans une déclinaison de créations aux couleurs acidulées, aux textures gourmandes et aux parfums sucrés » alors aimer les œuvres de Laurence Jenkell, c’est assez facile : quel enfant n’a jamais rêvé d’un bonbon géant ? Et pourtant rendre un véritable hommage aux bonbons et à nos fantasmes d’enfants n’était pas une mince affaire. Ces gigantesques bonbons interpellent au premier coup d’œil : les couleurs sont vives, les transparences brillent et, inévitablement, on a envie de faire quelque chose de ces gourmandises suspendues, de s’y accrocher tiens, pourquoi pas, on se rappelle soudain qu’enfant, on adorait faire le « cochon pendu ».

Mais toutes ne sont pas suspendues : il y en a à terre aussi, et ces bonbons là on a envie de s’asseoir dessus, c’est étrange tiens, pourquoi ces bonbons appellent-ils immédiatement à l’interaction ? Bon, les artistes ont le droit de réaliser leurs fantasmes mais nous, on est dans une galerie, une foire, il faut bien se tenir, alors il ne reste que le plaisir des yeux, mais pourtant on a envie de toucher : profitons-en, ils ne sont pas encore au Centre Pompidou ! Coup d’œil à gauche, coup d’œil à droite : on touche. C’est doux… On rentrerait bien avec sous le bras, même si ça n’a pas l’air simple à transporter, juste pour pouvoir contempler ce gros bout de désir tous les jours. Juste pour réaliser un bout de rêve d’enfant : vous vous rappelez de ce conte dans lequel les maisons en sucre et en gâteaux étaient les héroïnes ? On pourrait changer la fin : fini les maisons qui fondent et le péché de gourmandise puni, bonjour le faux sucre géant qui habillerait l'appartement... Platon a raison : les artistes sont des menteurs, c'est même pas un vrai bonbon et c'est bien pour ça qu'il est éternel. "Copieuse" va ! Bon, vous voyez: contempler les bonbons de Laurence Jenkell, c'est être propulsé aux pays des merveilles. Une bonne dose de Jenkell et on s'envole, ce n'est pas le "looking glass" d'Alice, ni le miroir de Cendrillon, non, c'est le plexi qui me fait cet effet là, j'y peux rien. Le "Wrapping" c'est addictif en fait, comme le Nutella quoi, une vraie drogue dure: le premier shoot fixe l'envie à vie. Oui, oui, j'avoue, je dois avoir du mal à rompre avec le monde de l'enfance, enfin celui-là... Pas vous ?

Un vrai bonbon à l’ancienne, c’est déjà un cadeau : c’est emballé comme un secret, et l’objet tout entier est un ruban de velours. Devant les œuvres de Laurence Jenkell, on se dit que le bonbon est un concept à lui tout seul, un concept irrésistible dans lequel se mêlent le savoir faire du fabricant – pâtissier, boulanger, « bonbonnier » ? - et celui de… cet être anonyme qui « emballe ». A ceux qui accuseraient les bonbons de Jenkell de n’être qu’un dérivé du marketing facile, on rappellera simplement que son œuvre est à elle seule un formidable hommage à l’art - ancestral ! - du « packaging » : les bonbons n’ont pas attendu cette petite fille pour faire durer le plaisir de nous faire attendre, le plaisir d’imaginer ce qui se cache derrière un drapé roulé-tourné-chiffonné ! Le bonbon emballé n’a rien à voir avec la pochette plastique transparente de Haribo ou les fraises Tagada toutes nues : ils ont la délicatesse d’un autre temps, finalement, c’est raffiné un bonbon ! Grâce à Laurence Jenkell, on réalise que le bonbon de nos grands-mères est un concept irrésistiblement artistique, alliant technè et esthétique.

Alliant une finition travaillée à une spontanéité évidente, les bonbons de Jenkell sortent sans aucun doute de ses tripes et de ses rêves les plus fous. Oui, l’œuvre de Jenkell est un phénomène de cristallisation à part entière, cristallisation de nos désirs enfantins qu’elle matérialise soudain dans l’objet : « le bonbon participe de cet instant subtil où l’objet se transforme en plaisir. L’objet devient ainsi sublimé, soit par une fonte d’aluminium au sable, soit par un emballage en plexiglas » qui donne toute sa dynamique à l’œuvre de l’artiste. Notre préférence ? L'emballage en plexi, surtout quand l'artiste se lâche carrément pour lui donner des couleurs fluos, rompant soudain avec la layette de l'enfance pour offrir au bonbon une saveur d'adulescence. Et quand la brillance de la matière est traversée par la lumière, alors là c'est l'abus total, le pied ! On craquerait bien pour ces bagatelles qui tournent autour de 3500 euros, de toutes façons les enfants ne sont pas sages, c'est bien connu, ils préfèrent les images. Le monde des grands est un mensonge pour les enfants: le principe de réalité est méchant.

Redonnant toute son importance à ce qui est caché, « le Wrapping de Jenkell » est un objet sublimé par l’objet. Et même quand son plexiglas est transparent, l'emballage reste, il est l'incontournable du bonbon, l'identité de celui-ci en même temps que... la boite aux trésors ! Une boite de pandore qui renferme... un secret de Polichinelle: des cigares, des guimauves ou des sucettes, des interdits quoi, des trucs qui abîment les dents, des plaisirs dont il ne faut pas abuser. "Mais c'est qui ce modération ?" a l'air de nous demander l'artiste aux yeux d'enfants ! La transparence devient alors une nouvelle sorte de poupée russe, laissant toute la place à nos yeux ébahis, nos yeux tellement plus gros que nos ventres ! Nouveau procédé élaboré par l’artiste, le "wrapping" vise à magnifier l’objet par une technique de drapé et de torsion du plexiglas dans le pur esprit des emballages de bonbons. Vous l’avez compris : on est mordu !

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Laurence Jenkell est à l'Affordable Art Fair 2008

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