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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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16 mai 2008 5 16 /05 /mai /2008 23:59

Samedi 10 mai dernier, Emmanuelle Béart était invitée à lire la « Conférence sur l’économie » de Bernard Maris sous le plafond chagalien du théâtre de l’Odéon. La belle arrive, en jean, s’assied et commence sa lecture, vive et engagée. Le fil rouge de la soirée : l’économie, c’est mal. Les économistes ? Des théoriciens qui se font champions du concept dans leurs tours d’ivoire. Ils se parlent à eux-mêmes, détournant le commun des mortels des questions graves à coups de jargon d’experts. Ils légitiment le pire, usant et abusant des arguments d’autorité. Le problème, c’est que malgré ses tentatives d’humour, vaguement récompensées par les rires complaisants de la rive gauche, Bernard Maris n’a pas une seule seconde l’idée d’argumenter son propos. Etonnant, pour un prof d'éco de Paris VIII, par ailleurs chroniqueur chez France Inter. On entendrait presque Laguiller faire échos : « travailleurs, travailleuses, on vous ment, on vous spolie », et les guignols d’être lus à l’Odéon !

Sa « conférence sur l’économie » est plutôt un « pamphlet chaotique d’un sophiste d’extrême gauche ». Bernard Maris est à l’économie ce qu’Ignacio Ramonet ou Noam Chomsy sont aux médias : on se fait passer pour démocrate en critiquant ce qui existe, sans proposer une seule alternative, et en omettant que la démocratie, jusque là, est un régime représentatif… et libéral. Mais bon, ce serait long et compliqué de prendre les gens pour des intelligents, de lire Monique Canto en public, d’expliquer que socialisme et libéralisme sont nés d’un même mouvement, d’admettre que des règles, économiques ou politiques, doivent régir une société. Ce ne serait pas vendeur, et c’est désormais la mode de cracher sur l’intelligentsia : citoyens, on vous fait confiance pour voter, mais en réalité vous êtes manipulés ! Ouhhh le bel héritage bourdieusien que voilà !

On écoute, on n'en peut plus, et on pense à Julliard, qui avait décidément raison dans son
Acédie française: la déstalinisation n'a pas eu lieu dans ce pays ! Ah, comme ça serait beau un monde sans économie, sans argent, sans politique, et allons-y encore une fois, vive le chaos et l’anarchie, à mort les livres, la théorie, l'éducation, le labeur de la culture, prions tous pour un monde transparent fait de bric et de troc, mettons le Monde diplomatique au pouvoir et Besancenot à l’Intérieur… On apprend au moins un truc: le théâtre de l'Odéon est, pour un soir au moins, une espèce de tribune d'ATTAC. Nous avions juste une petite question pour Monsieur Maris : si la transparence est si démocratique, pourquoi donc vote-t-on dans un isoloir ? On avoue, on n’a pas attendu l’auteur : après une heure de supplice, on a quitté la salle !

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