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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 00:11


Si Paris est désormais la capitale du dessin au printemps, c’est parce que le Salon du dessin contemporain,  créateur du label « Paris Capitale du dessin », fédère des expositions de dessins présentées de Paris à Bruxelles. Fer de lance de la semaine du dessin, le Salon se tenait pour la deuxième année consécutive à Paris du 10 au 14 avril dans le quartier de Saint Augustin. Pour en faire un salon convivial, une configuration « en appartements » a été choisie par les organisateurs, chacun d’entre eux étant occupé par cinquante-cinq galeries françaises et étrangères, exposant des oeuvres produites entre 1948 et aujourd’hui. Sur 2000m2 le visiteur a pu apprécier des œuvres encore peu proposées par les professionnels. Chaque galerie était invitée à présenter un solo show d’un artiste et, cette année, les dessins de la collection Claudine et Jean-Marc Salomon étaient à l’honneur. En vrac, nos réflexions et coups de cœur.


L’atmosphère est en effet conviviale, voire surchauffée, avec une circulation assez difficile malgré l’attention qui a été portée à la fluidité par les organisateurs. Medium oblige, on doit s’approcher pour regarder attentivement les oeuvres, et souvent demander aux galeristes d’ouvrir des portfolios, ce qui noue le dialogue avec des professionnels en général plutôt passionnés et désireux de présenter et de défendre leurs artistes… cela nous change de certains galeristes blasés que l’on rencontre dans les grandes foires. On est aussi agréablement surpris de trouver côte à côte des galeries et donc des artistes de notoriétés très différentes. Des poids lourds de la scène artistique parisienne et internationale comme Anne de Villepoix (Cathryn Boch, Stéphane Pencréac’h), Yvon Lambert (Tom Wesselmann), Thaddeus Ropac (Paul P) ou Loevenbruck (Mayaux) côtoient, en effet, des galeries plus jeunes comme Schirman & De Beaucé ou des galeries de province comme la Galerie Porte Avion (Marseille) ou Olivier Houg (Lyon). Une configuration qui permet, si on ne regarde pas le label de l’exposant, de juger les oeuvres plus objectivement.

Considéré comme un medium à part entière par les artistes contemporains, le dessin n’est plus la simple phase préparatoire d’une oeuvre plus importante, ou un moyen d’exercer et de parfaire ses talents, certains artistes en font même aujourd’hui leur unique moyen d’expression. La définition du « dessin » s’est aussi considérablement élargie et l’artiste d’aujourd’hui utilise tous les supports et procédés possibles pour « dessiner »: des classiques comme le papier, la peinture et les crayons, on passe aux graffitis, aux broderies, au tracé sur ordinateur et on utilise même la vidéo… les possibilités sont infinies. Une évolution appréciée par les organisateurs du salon, qui ont eu la remarquable idée de demander aux artistes de s’exprimer directement et librement sur les murs. Ainsi a-t-on été interpellés par le « wall-drawing » de l’artiste américain Mike Giant, dessin au graphisme particulièrement expressif et au contenu plutôt subversif, puisqu’il nous crie : « I RATHER FUCK THAN FIGHT » quand ce n’est pas « DESTROY » ou carrément « BURN IT DOWN! ». Représenté en France par la galerie Magda Danysz, cet artiste basé au Nouveau Mexique a atteint une renommée internationale grâce à ses graffitis et tatouages, dans lesquels il intègre des éléments des cultures latines et hispaniques.

Au fur et à mesure de la visite, on est vite frappé par le caractère charnel, voire érotique ou pornographique de beaucoup d’oeuvres. Parmi les artistes qui s’expriment ainsi, on remarque en particulier Béatrice Cussol dont les oeuvres sont exposées par trois galeries: Eric Mircher (Paris), Charlotte Moser (Genève) et Porte Avion (Marseille), deux d’entre elles présentant un solo show de son travail sur un tiers de leur stand. Egalement romancière, cette artiste née en 1970 à Toulouse vit aujourd’hui à Paris. Son medium de prédilection est l’aquarelle, dont la transparence, la légèreté et les couleurs pastel contrastent avec la sensualité voire la violence de ses sujets principaux : de ses jeunes femmes, dont émergent des formes anthropomorphiques à connotation sexuelle, s’échappent souvent des jets de fluides corporels (urine, larmes, sang…) troublants.

Dans un autre registre, c’est également un univers étrange que l’on retrouve dans les lavis d’encre de Françoise Pétrovitch, artiste mise à l’honneur par la galerie RX (Paris) et par la collection Claudine et Jean-Marc Salomon. Née en 1964 à Chambéry, cette artiste qui vit et travaille à Cachan utilise depuis 4 ans la fluidité du lavis pour faire apparaître simplement sur fond blanc des figures anonymes à la silhouette fragile, mais qui dégagent une forte présence. Parmi les oeuvres présentées, il y a des dessins de poupées - un thème récurrent pour cette artiste - aux membres disloqués et aux regards étranges. On a particulièrement apprécié la série Féminin/Masculin, qui met en scène des jeunes filles et des garçons dont les silhouettes noires contrastent avec le lavis de couleur vive, utilisé pour représenter les objets qu’ils tiennent ou les entourent : revolvers, gants de boxe ou, encore, sortes de poupées disloquées qu’il serrent dans leurs bras. Comme les poupées, ces personnages semblent anodins au premier regard mais, au fur et à mesure que l’on s’y enfonce, apparaissent une dualité, une souffrance et une violence sourde qui nous ébranlent et les rendent difficiles à oublier.

Enfin, c’est aussi un univers de marionnettes, mais dans un style qui tient davantage de la BD, qui nous est présenté dans les derniers dessins de Virginie Barré par la galerie Loevenbruck. Cette artiste née en 1970 à Quimper et qui vit et travaille à Douarnenez, fait référence à la culture populaire: films cultes, polars, bandes dessinées, mais en détournant souvent leur coté familier de manière surprenante et mystérieuse. Dans les oeuvres présentées au salon, on aime l’ironie de la série des costumes, où des figures ordinaires, des “monsieurs tout le monde” à la silhouette bedonnante ou de courte taille endossent des costumes de super héros.

Crédits photos...

Marlène Mocquet
"Le nounours aux étoiles", 2006, technique mixte sur papier, 42 x 29.5 cm
Courtesy galerie Alain Gutharc, Paris.


Mike Giant
"Wall drawing", 2008, encre sur mur, 250 x 600 cm
Courtesy Galerie Magda Danysz, Paris.

Béatrice Cussol
"Sans titre", 2005, encre sur papier, 50 x 70 cm
Courtesy Galerie Porte Avion, Marseille.


Françoise Pétrovitch
"Féminin/Masculin", 2007, lavis d'encre sur papier, 120 x 80 cm
Courtesy Galerie RX, Paris.

A noter…

Le Salon du dessin contemporain est organisé par Mazarine-29 : Christine Phal, Présidente ; Laurent Boudier, Directeur artistique ; Jean-Yves Mesguich, Délégué général ; Bernard Point, Secrétaire.

Saint-Augustin
4 rue du Général Foy
75008 Paris
Métro : Saint-Augustin
Parking : Bergson
Square Marcel Pagnol

Ouverture au public
Jeudi 10 avril : 12h à 21h
Vendredi 11 avril : 12h à 22h
Samedi 12 avril : 12h à 21h
Dimanche 13 avril : 12h à 21h
Lundi 14 avril : 12h à 19h
Vernissage : mercredi 9 avril de 19h à 23h

Entrée : 10 euros (tarif réduit : 5 euros)
Catalogue : 15 euros
Renseignements : + (33) (0)1 44 07 21 87

www.salondudessincontemporain.com

Les foires & les salons 2008 sur CultureCie...


















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Published by Laetitia Delorme - dans Peinture - dessin - sculpture
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