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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 02:33

10 ans après « Funny Games », Michael Haneke remet avec talent le couvert et nous livre un remake à l’identique,  dont la perversion morale n’a rien à envier à l’original.

Le pitch…

Ann, George et leur fils Georgie sont en route vers leur résidence secondaire pour y passer l'été. Leurs voisins, Fred et Eva, sont déjà arrivés et ils décident de se retrouver tous le lendemain matin pour une partie de golf. Tandis que son mari et son fils s'affairent sur leur voilier récemment remis en état, Ann commence à préparer le dîner. Tout à coup, elle se trouve face à face avec un jeune homme extrêmement poli, Peter, un des invités de ses voisins, venu, à la demande d'Eva, lui emprunter quelques oeufs. Ann s'apprête à les lui donner quand soudain, elle hésite. Comment Peter est-il entré dans leur propriété ? Les choses prennent vite un tour étrange et débouchent sur une explosion de violence.

La critique…

Pour ceux qui n’auraient pas vu l’opus originel, il faut comprendre  que « Funny Games U.S. »est l’un des cauchemars les plus classieux qui soient, une désagréable et pourtant indispensable réflexion sur la violence.

Ces deux post-adolescents BCBG aux regards étranges et aux mains gantées viennent terroriser une gentille famille de la haute bourgeoisie.  De visiteurs étranges, ils deviennent importuns puis menaçants avant de devenir psychopathiques. Ils n’élèvent jamais la voix, ne sont jamais vulgaires et portent une attention permanente à leurs victimes.
Ce qui les rend terrifiants, imprévisibles c’est qu’il n’y a aucun motif apparent à leur intrusion, aucune raison sociale, pas la moindre explication à leur comportement. Venus de nulle part, ils embarquent leurs victimes dans un jeu morbide dont eux seuls connaissent les règles, prenant un troublant plaisir à réveiller leurs peurs les plus primaires.

L’ensemble est d’une maîtrise incroyable. Les acteurs, la bouleversante Naomi Watts en tête, sont au diapason et s’imbriquent parfaitement dans la mécanique haute précision de Haneke. Ses cadres méticuleux toujours focalisés sur les visages terrorisés des victimes ou les faciès inquiétants de leurs bourreaux. Quitte à multiplier les plans-séquences, Haneke laisse ostensiblement en marge de l’image la violence physique. Pas par pudeur mais parce que la vraie peur est émotionnelle, elle se lit dans les yeux.

Tel un horloger, Haneke remonte 10 ans après, pièce par pièce, les éléments d’un des films les plus dérangeants de ses dernières années. Dans cette  démarche singulière de vouloir recréer à l’identique une de ses oeuvres, d’une façon étrange il donne une certaine virginité à son film. Il s’agit là d’une autre version d’un même concept, une déclinaison plutôt qu’une bête copie remise au goût du jour. Cette puissante mise en image de la violence est toujours aussi traumatisante pour le spectateur.

Avec cette démonstration, le maître nous prouve avec panache que ce n’est pas l’emballage qui fait le succès d’un film mais bien son âme.

Quelques détails…

- « Funny Games US » est le remake au plan près de « Funny Games ». La seule différence est que la première version de Haneke était en allemand.

- La seule condition sine qua non de Michael Haneke pour refaire son film était la présence au générique de Naomi Watts.

La presse en parle…

« Eprouvant, le film l'est toujours, presque plus. Qu'une seconde vision n'entame pas sa puissance tétanisante est déjà en soi la preuve qu'il n'obéit pas à des principes purement mécaniques. » Télérama – Jacques Morice

« [Le] spectateur est transformé en cobaye volontaire. Il pourrait s'ensuivre (...) un sentiment de colère face à (...) une manière de donner des leçons (...). Ce serait ne pas admirer l'intelligence sarcastique de la mise en scène. »  Le Monde – Jean-François Rauger

« Réflexif, brillamment manipulateur, un peu satisfait de sa propre intelligence mais radical, dérangeant, Funny Games U. S. est un cauchemar sans fin. » TéléCinéObs – Olivier Bonnard

Vous aimerez, si vous avez aimé…

- « Orange Mécanique » de Stanley Kubrick (1972)
- « Funny Games » de Mickael Haneke (1997)
- « Old Boy » de Park Chan-Wook (2004)
- « History of Violence » de David Cronenberg (2005)

A noter…

« Funny Games U.S. »
Réalisé par Michael Haneke
Avec Naomi Watts, Tim Roth, Mickael Pitt, Brandy Corbett
Date de sortie : 23 avril 2008
Durée : 1h51
Interdit au moins de 16 ans

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Published by Maxime Govare - dans Cinéma
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