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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 00:11

Présentation de "l'éditeur"...

J'ai écrit le livre, j'ai dessiné la couverture et maintenant mon éditeur me demande de rédiger moi-même les prières d'insérer.
Le dilettante ? T'as raison...
Mon éditeur que je viens d'appeler à l'instant pour lui demander si on disait «un» ou «une» prière d'insérer et qui m'avoue qu'il ne sait pas. Que personne n'a jamais su. Bon, je sens que les pointillés du contrat, je vais les remplir toute seule aussi...
Je suis donc allée vérifier dans un dictionnaire et voilà ce que j'ai trouvé :
Faire ses prières. S'emploie, surtout à l'impératif, comme formule de menace pour inciter à se préparer à la mort, à une sévère punition.
C'est vrai ?
C'est ça, le genre de ce mot quand on l'emploie au pluriel ?
Gloups. Qu'est-ce que je fais là ?
Heureusement, la suite :
Equivalent noble de «Numéroter ses abattis».
Voilà qui m'inspire plus. Les miens ou ceux de mes personnages ? À l'heure où j'écris ces mots, ils n'existent pas encore et je ne suis guère plus vaillante... Mais retournons la bidoche et numérotons donc, numérotons ce qui bouge encore...

Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, apprend incidemment la mort d'une femme qu'il a connue quand il était enfant, et adolescent.
« Il déchire la lettre et la jette dans la poubelle de la cuisine. Quand il relève son pied de la pédale et que le couvercle retombe, clac, il a l’impression d’avoir refermé, à temps, une espèce de boîte de Pandore, et, puisqu’il est devant l’évier, s’asperge le visage en gémissant.
Retourne ensuite vers les autres. Vers la vie. Se sent mieux déjà. Allez... C’est fini.
C'est fini, tu comprends ?»
Le problème, c'est que non, il ne comprend pas. Et il n'y retourne pas, vers la vie. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tour se fissure en lui; Et autour de lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.» A.G.

La critique...

Architecte reconnu, homme brillant et généreux, Charles est marié à une divine femme dont il adore la fille adolescente, qu’il a élevée depuis ses trois ans, mais… il n’a pas le « temps »  de se poser trop de questions.


Une simple lettre adressée chez ses parents déclenchera en cascade des souvenirs refoulés, des envies oubliées, des secrets jamais avoués, des révolutions intérieures et des explosions.
Un héros séduisant, une ambiance attirante, une histoire atypique mais tellement possible font de ce livre un très, très joli roman. On s’y croirait, on voudrait y être, dans ce tableau de famille peint avec humour et poésie ! L’amour, l’amitié, la réussite, les enfants, les parents, les animaux, tous y sont décrits, chéris et malmenés à la fois.

Anna Gavalda écrit bien, trop bien peut-être pour qu’on lui pardonne d’oublier l’usage des pronoms personnels. Le style télégraphique pour imager la routine peut être fort déplaisant mais il est certainement « une signature » à laquelle elle tient.

Après ses nouvelles, après le magnifique «  Je l’aimais » et « Ensemble, c’est tout », voici une œuvre rare de presque six cent pages dont on souhaiterait un autre tome à peine celui-ci refermé.


Extraits choisis…

« S’assit au bord du lit et se sentit gros.
Lourd plutôt. Lourd.
Anouk….s’allongea-t-il en soupirant, Anouk…
Qu’aurait-elle pensé de lui, aujourd’hui ? Qu’aurait-elle reconnu de lui ? Et ce département là… C’était quoi, déjà ? Que faisait Alexis si loin ? Et pourquoi ne lui avait-il pas envoyé un vrai faire-part ? Une enveloppe à liseré gris. Une date plus précise. Un lieu. Des noms de gens. Pourquoi ? C’était quoi ? Une punition ? De la cruauté ? Une simple information, ma mère est morte, ou un ultime crachat, et tu n’en aurais rien su si je n’avais eu l’immense bonté d’âme de dépenser quelques centimes d’euros pour te l’annoncer… » (page 73)

« Etais-je jaloux ? Oui.
Non.
J’avais appris à les reconnaître, ces regards, à force, et ne les craignais plus. Il me suffisait de vieillir et je m’y employais. Jour après jour. J’étais confiant.
Et puis ce que je savais d’elle, ce qu’elle m’avait donné, ce qui m’appartenait, eux, tous les autres, ils ne l’auraient jamais. Pour eux, elle changeait sa voix, parlait trop vite, riait trop fort, mais avec moi, non, elle restait normale.
Donc c’était moi qu’elle aimait. » (page 170)

«  Pendant le dernier kilomètre, dans un Paris où l’air était «  assez bon «  selon l’indice du jour, réalisa qu’il avait effectué tout le trajet aller obsédé par la mort et celui du retour stupéfait par la vie.
Un visage s’était superposé à un autre et cette même lettre qui reliait leurs deux  prénoms finit par l’ébranler tout à fait.
Les modes d’emploi ne servaient à rien, le destin, à l’oreille du moins, était un cas. » (page 492).

A noter...

Anna Gavalda
"La Consolante"
Sortie le 11 mars 2008
Chez La Dilettante
640 pages
24,50 euros
Lien Fnac.com
Lien Amazon



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Published by Laurence Schmitt - dans Romans & Nouvelles
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