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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 03:08

La sortie du troisième opus de Raya Yarbrough signe sans doute l’entrée d’une nouvelle diva du jazz pop sur la scène musicale. Rythmes pop, voix claire et textes malins sur fond de jazz acidulé font de cet album un très beau bébé. L’américaine signe ici huit titres originaux - paroles et musiques – dans lesquels on rencontre un coffre au cœur d’or doté d’un swing lucide. Ajoutez à cela quelques reprises vraiment rajeunies de Johnny Mercer (« Early Autumn »), Brian May du groupe Queen (« Dreamers Ball ») et Due Ellington (« Mood Indigo ») et vous aurez « Raya Yarbrough », par elle-même.

Troisième album d'une artiste encore peu connue,
« Raya Yarbrough » sonne un peu comme un premier enfant:  « cet album ressemble à ce que je voulais faire pour mes deux premiers disques mais je n'avais pas eu le temps ni l'argent pour. Je n'ai pas eu assez de temps ni d'argent non plus pour celui-ci en fait, mais je me demande si on peut avoir l'impression un jour d'en avoir vraiment fini avec une de nos créations ! » Si les artistes sont sans doute d'éternels perfectionnistes, on peut dire, nous, que cet album là est léché et bien terminé.

Soyons clairs dès le départ : si vous n’aimez ni le jazz ni les chansons d’amour, Raya Yarbrough n’est pas pour vous. Du jazz, oui, mais les partitions de Raya sont parsemées de notes de blues et de quelques clins d’œil presque reggae, l’influence majeure de son jazz restant une pop mélodique. Du jazz, elle prend les surprises, les silences, la diction et les complaintes lancinantes, mais du jazz elle a surtout la voix : serait-ce parce que la fille de Martin est tombée sur scène à sept ans à peine ? Peut-être.

« Lord knows I would » ouvre l’album avec une guitare accrocheuse et des nuances vocales poignantes, reflétant l’amertume et l’amour d’une femme qui s’en va… ou qu’on abandonne ? Les deux sans doute, et au fond c’est la même chose : Raya est sur le départ. « Lord knows I would » est la complainte heureuse d’une âme déchirée et pourtant réconciliée par un texte qui dit simplement l’amour, l’amour et la vérité. Le décor est planté dès le départ : Raya ne va pas nous raconter de conte de fées, ce n’est pas une femme parfaite, alors elle fait au mieux, avec cette authenticité qui fait que le public tombera amoureux… ou pas. Déclaration d’amour à un homme ou à son public ? On l’ignore : un peu comme « Ma plus belle histoire d’amour », ce premier titre est juste de l’amour et l’amour, comme Dieu, a mille niveaux de lecture.

On pouvait deviner une rupture houleuse derrière la première chanson, le très pop « You’re so bad for me » confirme les mensonges de l’amour et les contradictions d’un cœur sain et d’un esprit encombré, le tout avec une gaieté désarmante ! Car à partir de ses racines jazzy Raya a construit son univers musical, comme l’ont fait tant d’autres artistes de sa génération : on pense à
Jamie Cullum, Joss Stone, India Arie, Sophie Milman, Frederika Stahl, Lizz Wright ou même le groupe Tok Tok Tok qui ont su mêler soul, pop ou gospel à leur influence jazz pour trouver leurs propres couleurs. Raya est de ceux-là, et c’est la pop qu’elle a choisi de marier à la musique noire… la pop pour la gaieté, la légèreté et la danse sans doute. Raya Yarbrough a la rigueur d’une jazzwoman et un brun d’énergie des pop-stars !

Come-backs rêvés ou réels ponctuent les chansons d’amour de l’album, de ces deux premiers titres à « Round we go » en passant par la reprise de Queen « Dreamers ball ». Car la belle, en effet, tourne en rond avec ses rêves avant de rebondir sur eux en un éclair. A l’exercice bien difficile des reprises, Raya Yarbrough se montre audacieuse et relève ses défis avec un brio rare. En solo féminin et toujours très nuancé, « Dreamers Ball » prend un lifting inespéré ! Raya vit sa musique et celle des autres avec une intensité évidente. Nul doute qu’elle se retrouve dans les textes qu’elle a choisis d’interpréter à sa manière : quand elle chante les bons souvenirs révolus d’un conte de fées qui s’est mal terminé, les paroles de Brian May sonnent comme le post-scriptum ou les racines des siennes propres.

Car les textes de Raya Yarbrough chantent souvent ses contradictions et ses souffrances sur des mélodies qui sont rarement tristes, un contraste qui a l’air de s’amuser des fatalités de la vie sans s’y résigner. Ainsi  « You’re so bad for me » et « Hollywood love » opposent le fond et la forme, chantant un amour fatal sur des rythmes d’une douceur enfantine. Autodérision, ironie et rictus sont au rendez-vous : elle nous fait rire, Raya, avec cette clairvoyance qui n'empêche personne de tomber dans les panneaux de la vie, et elle a raison: son album sonne comme un "cha cha sarcastique" ! Même distance sur soi dans « Vice and Vanity », titre confessant des regrets et des silences impromptus qui se soldent par un mensonge à la fois honteux et assumé. On lit ce sarcasme bon enfant comme une manière de se prendre comme on est tout en se regardant en face. On lit ses contrastes comme une manière de prendre la vie comme elle vient sans pour autant la prendre à la légère.

Mais pourtant de la légèreté il y en a, de ces confessions de garce à son aventure sans lendemains. Des aventures il en faut, des consolations sans violon qu’elle a appelées « Sorrow’s Eyes » car évidemment les yeux ne mentent pas, et c’est inutile de mentir, inutile et vain, tel est le fond constant des textes de Raya Yarbrough, qui sonnent tous comme une déclaration d’amour… à un homme perdu ou retrouvé, à une amie à consoler ou à une sœur perdue de vue. Avec « Listen Emily », Raya se fait grande sœur universelle, consolant et conseillant avec amour et lucidité son Emily : « It’s not the time girl, let it go then. Boys will we boys ‘till some of them will be men »… no comment !

L’univers mélodique de Raya répond naturellement à sa plume ciselée : des chansons d’amour, oui, mais loin de la mièvrerie du genre. Humour, réalisme et profondeur colorent cet album, dans lequel l’auteur-compositeur semble raconter avec distance des jours et des rêves heureux et malheureux… « all these days, watched from far away »… On n’est pas surpris de voir se clore l’album sur l’impatient « Better days » qui raconte l’urgence d’un crush… annonçant sans doute des jours meilleurs.

On laissera
Raya Yarbrough finir de vous convaincre: « So it sounds like somebody playing guitar on the back porch. Sounds like Imogen Heap and Clifford Brown on a bender. Sounds like a sarcastic cha-cha. Sounds like walking through a mirror maze in New Orleans. Sounds like Jazz. Sounds like blues. Sounds good in your car. »

A noter...

« Raya Yarbrough »
Sortie française le 18 avril 2008
Chez Telarc
12,50 euros
Lien Amazon

Produit par Steve Bartek, on coproduction avec l’ingénieur du son Steve Kaplan
Raya
Yarbrough est accompagnée d’un quartet de jazz, dont le pianiste John Kirby et le guitariste Taeshi Akimoto. En prime, la participation des trompettistes Brian Swarz et Warren Luening, des saxophonistes Katisse Bucinghman, Dan Higgins, Joel Peskin, Keith Fiddmont...

Sur le web...

www.rayayarbrough.com

www.myspace.com/rayayarbrough

Revue de presse...

“In possession of a voice as nakedly pure as a young Lani Hall, the introspective tightrope walking compositional spirit of Phoebe Snow and a penchant for quirky instrumentation and arrangements like Fiona Apple, multi-racial twenty-something singer/songwriter Raya Yarbrough has quite organically come up with one of the most original "jazz vocal" albums in years.” Urban Network

“Not since Norah Jones’ ‘Come Away With Me’ has there been a debut as impressive and solid as Raya Yarbrough’s self-titled major label debut…Yarbrough can whisper in a languid and sultry manner one moment and soar the next…Raya Yarbrough is the debut of a major young talent who exhibits a surprisingly deep maturity and world-weariness not often found in 20-somehting artists.” The Virginian Pilot

“The best way to describe Yarbrough is that she takes up where Cassandra Wilson left off in latter efforts, bringing a sensual organicity to jazz vocals while also pushing the genre toward the mainstream.” All About Jazz

“You’re So Bad for Me, Raya Yarbrough: Yarbrough’s gracefully gritty vocals recall a young Joan Osborne on this reggae-laced number, featured on the 24-year-old singer/songwriter’s self-titled debut.” USA Today

“…she's also got a terrific voice, and her jazz moves are better than Amy Winehouse's.”
Tom Hull’s Blog

“In this Age of Norah, it’s getting to the point where sultry jazz/pop singers are (sure, brother, I can spare) a dime a dozen. But L.A. native Raya Yarbrough is worth a big investment… The band is deft, the production by Steve Bartek is remarkably natural, and — The Voice? Here, supple and floating; there, street-smart. Corinne Bailey Rae, make room for Raya.” Sound & Vision

“Yarbrough’s vocals are both evocative and versatile evidenced by her singing of Clifford Brown’s ‘Joy Spring,’ on which she serves up a performance reminiscent of K.D. Lang’s ‘Miss Chatelaine.’ Cooing ‘Sorrow’s Eyes,’ with creamy chocolate ganache vocals, Yarbrough allows the phrases to linger, and slowly drip from her lips… There is not one weak track on this gorgeous album…” Riveting Riffs

“…a promising and expansive sampler of her eclectic yet distinctive musical method…Much of Yarbrough’s original material mines an updated form of Joni Mitchell’s jazz-enlightened folk stylings, judiciously applying a bit of reggae here and a few alternative rock sensibilities there while maintaining a jazz mood.” Downbeat

“Throughout the set, her lyrics are intelligent and sometimes deal with unexpected issues, while the musicianship of the players is impeccable. All in all, this is a very impressive debut for the eclectic Yarbrough.” All Music Guide

“…the key to everything is Yarbrough’s voice – it’s light and unhurried, evincing composure and passion in well-judged proportion…” HMVChoice (U.K.)

“…massively talented and so eclectic…” Rock N Reel (U.K.)

“…a fine singer…never failed to impress.” Blues in Britain (U.K.)

Jazz & cie sur CultureCie...


La bio de Raya Yarbrough

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Published by AE - dans CDs
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