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CULTURE & CIE

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 09:17

Chen Jiagang a été architecte, homme d'affaires puis conservateur de musée avant de se consacrer à ses propres créations. Fondateur de l'Upriver, premier musée privé de Chine inauguré dans les années 1990, Chen Jiagang est une figure incontournable de l’art contemporain chinois.

Ces cinq dernières années, Chen Jiagang s’est consacré à une ambitieuse série photographique intitulée « The Third Front », capturant l'abandon d'une région désertée par l'industrie et ses salariés. Dans les années 60 et 70, les usines militaires et industrielles ont quitté le nord de la Chine pour la frontière du sud-ouest du pays  (dans les provinces du Guizhou, Suchan et Yunnan), afin de renforcer la défense nationale chinoise. Des millions de salariés migrants ont suivi les usines sur ce qu'on appelait alors la "troisième ligne", protégé dans les régions montagneuses. Mais à mesure que la productivité baissait et que la Chine ouvrait ses frontières commerciales, les usines ont peu à peu été abandonnées, à partir du début des années 80 puis progressivement, au rythme de la  politique d’ouverture de Deng Xiaoping

Loin d’un projet documentaire, les images monumentales de Chen Jiagang racontent l’histoire de ces villes abandonnées qui incarnaient, à l’époque, tout à la fois un idéal social et la gloire d’un pays, et qui sont devenues de véritables cimetières industriels.

De ces no man's land, il fait le théâtre d'une photographie poétique, y mettant constamment en scène une femme observatrice, songeuse, seule et vivante... un fantôme en costume traditionnel croisant le temps et l'espace, le flou et le net, un témoin d'un monde parallèle: celui d'hier ou de demain, celui de l'imagination qui prend son envol ou qui s'envole en fumée. Tout à la fois sobre, rêveuse et nostalgique sur le plan esthétique, sa série est habitée par l'inquiétude de ce qui n'est plus visible là mais qui est désormais ailleurs. Car ailleurs les métropoles chinoises sont lancées dans un développement économique sans précédent, appelant à elles de nombreux migrants qui abandonnent encore les campagnes. Entre idéalisme et réalisme, la "troisième ligne" de Chen Jiagang a l'air de se demander où est la vie, la vie des siens bien sûr, mais aussi et surtout la vie tout court.


Ce premier grand travail photographique de l'artiste a remporté un grand succès. Ces derniers mois,
Chen Jiagang est devenu « l’homme de l’année dans la photographie chinoise ». Ses photos se sont vendues à plus de 30 000 dollars à Sotheby's et, en 2008, de nombreuses expositions lui sont consacrées aux quatre coins du monde : la Paris-Beijing Photo Gallery a choisi d’exposer ses œuvres lors de la foire Artparis en avril, avant l’exposition personnelle qui lui sera consacrée au Palais de Chaillot puis au Guggenheim de Berlin. Il sera également représenté à l’occasion d’une exposition collective consacrée aux artistes chinois à Séoul, aux côtés de Zhang Xiaogang et Yue Minjun.

Photos : Courtesy Paris-Beijing Photo Gallery / Chen Jiagang

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Published by Axelle Emden - dans Portraits & Bios
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