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CULTURE & CIE

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 16:52
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Raphaël Zarka définit sa pratique de la sculpture selon trois types : la réplique d’objets existants, la reprise d’une œuvre et la déduction d’une forme existante. L’exposition présente ainsi trois éléments autonomes qui rentrent en résonance et concentrent différents centres d’intérêts et curiosités : les formes circulaires et géodésiques, l’histoire des inventions et de la perspective.

Du plan incliné de Galilée à l’aérotrain de Bertin, en passant par le skate et autres surfaces glissantes. Raphaël Zarka travaille comme le « curieux » qui rassemble à l’intérieur de son cabinet les bases d’un véritable monde en miniature. Son oeuvre se situe à la frontière entre la sculpture et la photographie, dans une forme hybride et changeante qui fait écho aux préoccupations de l'artiste.

La photographie d'Eric Antoine, reproduite sur le carton de la première exposition personnelle de Raphaël Zarka à Paris présente un skateur exécutant un backside smith grind sur une sculpture moderne. Si, depuis l'écriture de son livre « Une journée sans vague, Chronologie lacunaire du skateboard, 1779-2005 », le nom de Raphaël Zarka est largement associé au skate, le lien avec son travail plastique est plus indirect qu'il n'y paraît.

Dans la série « Riding Modern Art », dont est tirée l'image du carton, c'est avant tout l'usage physique et la dynamisation du fossile urbain qui fascinent l'artiste.  « Padova », une sculpture en forme de plan incliné, s'étire au sol de la galerie. Il s'agit cette fois d'une réplique d'un objet scientifique destiné à étudier la chute des corps et leur accélération le long d'un plan incliné, créé par un artisan du XVIIIème siècle à partir des expériences décrites dans les traités de Galilée. S'inscrivant dans la lignée d'une conception de l'objet par interprétations successives, Raphaël Zarka conserve le squelette de la structure initiale - et avec elle, son identité partielle – sans pour autant chercher à produire la copie fidèle du modèle d'origine. Il dépouille la forme classique de ses détails décoratifs, la rationalise, et la fait dériver vers l'abstraction. Libéré du poids de son histoire, l'objet scientifique d'utilité aujourd’hui obsolète s'ouvre désormais à un nouveau champ de potentialité.

Composant la partition de l'exposition, les « Mystery Board » déclinent par séries des formes géométriques. Tel les Story boards de futurs films d'animation, ils proposent de mystérieuses grilles constituant le terrain de jeu, d'expérimentations et de synthèse du travail de l'artiste.

Chez Raphaël Zarka, pas de date de péremption de l'objet qui tienne, ni de pétrification de la forme, mais des déclinaisons à l'infini et des combinaisons illimitées. Si l'artiste affectionne tou tparticulièrement cette formule de Borges : « c'est presque insulter les formes du monde de penser que nous pouvons inventer quelque chose ou que nous ayons même besoin d'inventer quoi que ce soit. », c'est e npratiquant l'emprunt et l'anachronisme, que son œuvre assure la permanence de l'objet, paradoxalement sans cesse métamorphosé. Par procédé de transformation, de propagation ou de contamination, ce collectionneur obstiné s'attache non seulement aux multiples possibilités qu'offrent les formes et les objets mais également aux histoires qu'ils cristallisent.

A noter...

Exposition "Padova" de Raphaël Zarka

Exposition du 19 mars au 26 avril 2008
Du mercredi au samedi, de 15h à 19h
Vernissage le mardi 18 mars à 18h

La Vitrine de l'Ecole Nationale Supérieure d'arts Paris-Cergy
24, rue Moret - 75011 Paris
M° Parmentier – Couronnes
www.ensapc.fr/lavitrine

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