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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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13 février 2008 3 13 /02 /février /2008 11:49

undefinedComment êtes-vous arrivée sur le projet ?

Bruno Dega, le réalisateur de « Détrompez-vous » avec qui je tournais, m’a dit qu’une de ses amies allait m’appeler pour son nouveau film. Je savais que Léa Fazer cherchait un vrai couple. Jocelyn et moi voulions tourner de nouveau ensemble. On l’a rencontrée chacun de notre côté. On a lu le scénario. On a tous les deux adoré. On a passé des essais. En fait, c’était une séance de travail pour voir comment ça se passait entre Jocelyn et moi, puis avec Léa. Les essais ont plu. Jocelyn et moi n’avions qu’une trouille : que le film ne se fasse pas car il faut toujours une tête d’affiche !

Ce film est bien plus social et dramatique que tous ceux que vous avez joués jusqu’ici. Pourquoi ce choix ?


J’ai trouvé le scénario brillant dans sa construction. Les gens qui s’expriment ne débitent pas des phrases toutes faites. Quand je lisais les scènes entre mon personnage et sa soeur, j’avais l’impression d’être dans la vie de tous les jours. C’est fin, c’est intelligent. On y aborde des sujets actuels, sociaux sur le couple et la place des femmes dans la société, mais j’y ai aussi vu une histoire d’amour qui m’a plue, des gens qui se battent pour réussir leurs vies professionnelle et privée. On n’est pas dans une comédie dramatique habituelle. Le rire y a un sens.

Donc, c’est un film social très actuel ?

Aujourd’hui on ne peut plus ouvrir un magazine sans voir des articles sur le thème «comment garder un homme ?» ou «comment se comporter au boulot ?». Ce sont des marronniers ! Le film de Léa reprend ces thèmes mais les aborde de manière bien plus profonde.

C’est la première fois qu’une femme vous dirige en tête d’affiche. Verdict ?

J’avais déjà été dirigée par Danièle Thompson sur « Décalage horaire », mais je n’avais que deux jours de tournage. J’avais Jean Reno à ma droite et Danièle en face. C’était mes débuts, j’étais impressionnée. Mais je m’entends très bien avec les réalisateurs car ni eux ni moi ne sommes dans un rapport de séduction. C’est très direct tout de suite. Avec Léa c’était génial car elle a un côté mec, de la poigne, de l’autorité. C’est bien pour tenir un plateau et des comédiens, mais elle fait passer ça de manière douce. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu en elle.

Le féminisme de Léa Fazer vous a plu ?

Léa m’a fait rire. Elle m’a expliqué que les talons ont été inventés pour entraver les femmes car on ne peut pas courir avec ! Elle est engagée et je la comprends.
Il y a des femmes qui devront se battre toute leur vie pour gagner plus d’égalité. Moi, qu’on me rabaisse parce que je suis une femme, ça ne me fait aucun effet. Une fille peut jouer sur tellement d’autres tableaux. C’est aussi ce dont Léa parle dans son film. C’est aussi drôle de pouvoir jouer avec sa séduction, de savoir l’effet qu’on fait à un homme.

Léa Fazer revendique son amour pour les films anglo-saxons. Avez-vous senti cette patte dans le film ?


Je trouve que le film est très français dans les thèmes abordés et le quotidien qui y est dépeint. Mais c’est vrai qu’il y a un style anglo-saxon. Il y a un petit côté Woody Allen. Diane Keaton et Mia Farrow n’y dépareraient pas.

univers17.jpgQue pensez-vous de la structure du scénario en «pile ou face» ?

J’adore ce côté un peu science-fiction du film. Sa construction est originale et ses comédiens ne sont pas que des stars. Scali Delpeyrat, Pascale Arbillot et Julie Ferrier sont des instruments de musique parfaitement accordés. C’est bien de voir enfin des têtes différentes.

Jouer deux versants d’un même personnage, est-ce deux fois plus de travail ?

Mon personnage n’est pas double : il vit deux vies et il est confronté à deux situations différentes : soit elle se retrouve au service de son mari, soit elle devient la patronne de son mari. Et ce n’est évidemment plus la même personne selon qu’elle est choisie ou non comme associée dans le cabinet d’avocats d’affaires. Les circonstances nous façonnent.

Parlez-nous des deux looks de votre personnage.

Dans le film, cette avocate associée doit beaucoup jouer sur son apparence : être bien habillée, bien coiffée, en imposer, séduire. C’est la Margot «working girl» avec le brushing et les robes adaptées. Léa montre comment doit être la femme quand elle est au même niveau que les hommes et qu’elle est à une place d’homme. Ensuite, il y a la Margot qui n’a pas eu le poste d’associée mais qui est toujours avocate et qui, en plus de son travail, doit gérer sa vie de famille, sa vie de couple avec son mec jamais là, les enfants et les problèmes de sa soeur. Ce n’est plus la même femme. Ce sont donc deux schémas différents y compris au niveau du traitement de son apparence.

univers16.jpgComment avez-vous abordé le personnage de la «working girl» ?

Je l’ai un peu en moi à dire vrai. Quand je passe des essais, quand je rencontre des gens que je n’ai jamais vus de ma vie, j’y vais avec l’envie de plaire. Dans ce métier, on doit toujours prouver qu’on est capable, qu’on est à la hauteur. Alors évidemment, quand je joue Margot l’associée qui arrive devant des hommes d’affaires qui la dévisagent, ça n’est pas loin de moi. Je vis ça en permanence.

Quelle est votre position par rapport à l’absence de parité homme-femme dans le travail ou à la maison ?

Dans le film, et c’est toute son ironie, que ce soit Margot ou Victor qui ait le poste d’associé, la parité est respectée : c’est la catastrophe ! Mon personnage est obligé de coucher avec son patron, Victor doit presque fatalement se taper sa secrétaire. C’est la place du couple dans cette société qui est finalement la plus problématique. Il ne faut pas oublier que c’est le fondement de tout. Voilà pourquoi ça se passe mal entre eux : le couple passe à chaque fois à la trappe. Mais ils sont touchants, ils se battent, ils veulent y arriver.

En quoi ces trentenaires sont-ils différents de ceux qu’on voit habituellement au cinéma ?

 Ce ne sont pas des trentenaires qui cherchent un amoureux ou une amoureuse, c’est déjà une grande différence. Ce sont des trentenaires plongés dans le monde du travail et qui commencent à avoir plus de responsabilités, des postes plus importants. Ce n’est pas un film de trentenaires sur la vie de couple. C’est la place du couple dans la société qui est mise en avant.

Quelle vision avez-vous du monde des avocats ?

univers13.jpg Depuis quelque temps j’ai une avocate et je découvre ce monde-là. C’est un univers très dur. J’ai l’impression que c’est «oeil pour oeil, dent pour dent». Les hommes doivent être super forts et les femmes doivent être des hommes mais attention, des hommes sexy, perchés sur des talons !! Mon avocate est toujours habillée en petite robe, talons hauts, bien coiffée, très jolie. Vivre ça tous les jours, un cauchemar...

Dans le film, Thierry Lhermitte dit à votre personnage que pour être avocate associée il faut «avoir un sentiment de légitimité, s’assumer». Quelle réaction cela vous inspire ?


Je trouve que c’est avec ce genre de propos que Léa s’affirme pleinement. Cela sonne vrai. Au début du film, quand mon personnage a le poste d’associée, elle ne l’assume pas, elle n’est pas à sa place, c’est Victor qui aurait dû l’avoir. «Accrocher ce sentiment de légitimité», ça veut dire quelque chose pour moi. Le sentiment de légitimité en tant qu’actrice est venu au fil du temps. Au début, je me suis sentie un peu illégitime : c’est impressionnant quand ça commence à marcher. C’est un métier qui m’aime pour l’instant mais qui pourrait ne plus m’aimer. Si ça m’arrive, j’espère que je serai suffisamment forte et intelligente pour comprendre qu’il y a d’autres choses dans la vie.

Le monde du cinéma est-il aussi cruel et impitoyable que celui des affaires et des avocats dépeint dans le film ?

Je pense que le monde des affaires est vraiment abominable. Nous, on n’est que comédiens finalement. On est au service du désir des autres. Mais on ne met pas notre vie en jeu. À mon stade, je ne trouve pas que le monde des acteurs soit cruel, surtout que ça se passe bien. Que certains nous aiment et que d’autres nous tapent dessus, ce n’est pas vraiment la fin du monde.

Jouer un couple à l’écran quand on l’est déjà à la ville, c’est facile à gérer ?

Beaucoup plus que je ne l’imaginais. Ça a été ma première angoisse. Elle s’est estompée dès qu’on a passé nos essais avec Jocelyn, car je me suis rendue compte qu’on se renvoyait parfaitement la balle. Je pensais être gênée de jouer, de mentir et de faire semblant devant lui. Et bien non, j’ai adoré ! Maintenant on sait qu’on peut jouer ensemble, même si on a une façon de travailler qui est assez différente.

univers10.jpgEt face à un monstre de comédie comme Thierry Lhermitte, c’était angoissant au début ?

J’ai fait mon premier film avec Thierry. C’était « La Bande du Drugstore ». On était déjà amants à l’écran. Maintenant on a l’habitude ! Avec Thierry, on n’a pas le même rythme de comédie car on n’est pas de la même génération. Il a trente ans d’expérience. Moi, j’en ai cinq. Ce sont deux rythmes très intéressants quand on est face à face et qu’ils se mélangent. C’est une troisième voie qui émerge.

Quelle est la morale du film ?

La morale, c’est qu’il faut toujours vivre les choses à fond, ne pas avoir peur des conséquences, ne pas se demander si c’est trop risqué et aller au bout des choses. La plus belle chose dans la vie c’est justement la façon dont on gère les accidents qui en découlent...


d--trompez-vous.jpgundefined"Notre Univers impitoyable" & Alice Taglioni sur CultureCie...

La critique de "Notre Univers impitoyable

La bio d'Alice Taglioni

L'interview & la bio de Jocelyn Quivrin

La bio de Thierry Lhermitte

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La bio de Julie Ferrier

La critique de "Détrompez-vous" avec Alice Taglioni

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Published by AE - dans Interviews
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