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CULTURE & CIE

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 02:47
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« Staring Back » est un choix de tirages numériques en noir et blanc présenté pour la première fois à Paris. Après avoir beaucoup voyagé, et avant de rejoindre l’Allemagne, l’exposition de Chris Marker s’installe à la New Galerie de France du 23 février au 5 avril 2008: l'occasion de découvrir
un artiste complet et d’apprécier une partie de son œuvre et de son analyse.

Présentation…

L’exposition complète, composée d’environ 200 images sélectionnées par Chris Marker dans ses archives personnelles, a été produite en 2007 par le Wexner Center for the Arts de Columbus, Ohio. Elle a été reprise chez Peter Blum à New York en septembre 2007 et ouvrira à Zurich en mars 2008 sous le titre : « A Farewell to Movies ». 
  
« Staring Back » met en exergue une série de visages que Chris Marker a croisés au cours de ses voyages. Ils sont devenus, à leur tour, les témoins de son regard incisif. Les événements politiques y occupent une place essentielle : marche du Pentagone en 1967, barricades de mai 68, manifestations au Japon et au Tibet, techno-parade ou encore manifestations anti-CPE de 2006 à Paris ont été photographiés à travers des portraits peu communs. Certains de ces visages sont des figures célèbres, comme Simone Signoret, Akira Kurosawa, Andrei Tarkovsky ou Delphine Seyrig ; d’autres sont de simples inconnus ; d’autres encore sont des portraits d’animaux.

La Critique….

hooligan-moscou-chris-marker-staring-back.jpg Dans l’ensemble, l’exposition de Chris Marker est intimiste. Les 37 clichés présentés, développés en petit format, mettent en scène une série d’événements politiques et sociaux très variés. On y voit un témoignage, comme une marque de son expérience du monde. On se demande d’ailleurs si le voyage est avant tout journalistique ou artistique : peut être les deux. Certaines images nous font penser au photojournalisme alors que d’autres sont des instants volés, des regards posés qui encouragent la rêverie.

La visite s’ouvre sur une œuvre vidéo : « The Hollow Men », inspirée d’un poème de T.S. Eliott : « Les Hommes creux » datant de 1925. A travers une série d’écrans placés à l’horizontale, on découvre alternativement des images fixes de la Première Guerre mondiale  ainsi que des mots tirés du poème. Les images passent du plan d’ensemble au plan rapproché comme si elles venaient au spectateur. On peut ainsi y voir le passé surgissant au présent de manière quasi-fantomatique. Des visages blêmes, des photos de villes bombardées, de personnages errants et constatant le désastre de la guerre donnent à cette installation vidéo une noirceur sans pareil.

Cette partie de l’exposition incite à une approche toute relative des clichés qui suivent. Il n’est pas question d’évaluer le degré de gravité des événements qui jalonnent le travail de l’artiste mais il est évident que l’effet vidéo/image/musique met le spectateur dans un état émotif qui influence la compréhension du reste de l’exposition.

La variété des sujets exposés après cette vidéo est assez déstabilisante : nous passons d’une vision historique et sombre à une peinture socioculturelle du monde. La confusion majeure réside dans le choix des œuvres. Pourquoi mélanger des portraits de célébrités à des événements historiques ou encore à des manifestations culturelles ? L’exposition, pourtant intitulée « Un choix de photographies », ne répond pas à la question. Nous aurions aimé une explication plus évidente de la sélection présentée. Le travail est édifiant mais la façon dont il est présenté manque de précision. L’exposition complète (produite en 2007 par le Wexner Center for the Arts de Colombus, Ohio) rassemblant 200 images, nous pouvons supposer que la sélection est la synthèse précise d’un travail colossal.

L’expérience est néanmoins plaisante, et met en relief la richesse de la photographie, médium fascinant permettant d’exprimer des émotions différentes, tant à travers son sujet qu’à travers  ses caractéristiques techniques : format, brillance, nuances etc… La photo noir et blanc apparaît ici comme un élément autobiographique privilégié, illustant la riche expérience d’un individu. Le témoignage de Chris Marker est celui d’un homme engagé politiquement, ayant voyagé de par le monde et utilisé une multiplicité de moyens pour exprimer son implication humaniste : photo, film, journalisme…

L’approche de Chris Marker est originale sans se vouloir fantaisiste. C’est en cela que le ton reste juste. Le message est clair, l’émotion passe en touchant le spectateur dans sa propre histoire. Car à travers les images historiques, les visages familiers ou non, la photographie noir et blanc a cela de fascinant qu’elle nous ouvre les portes d’une nostalgie toute particulière, à partir de laquelle on se laisse volontiers aller à la mémoire collective. C’est en capturant des regards de près, en sublimant le flou d’un mouvement que la photographie révèle l’impossible : l’instant que l’homme rêve de posséder, une émotion souvent furtive et éphémère.

BarricadesMai68-chris-marker-staring-back.jpg A noter…

Chris Marker : « Staring Back »
« Un choix de photographies »

Du 23 février au 5 avril 2008
Vernissage le samedi 23 février 2008 de 14h à 20h

New Galerie de France
54 rue de la Verrerie
75004 Paris

Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19h
01 42 74 34 67

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Published by Camille Rouanet - dans Photographie
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