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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 04:06
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« Connu ou inconnu, qu’importe, le vent de l’Histoire balaiera tout et chacun prendra sa place, je ne sais quelle sera la mienne, mais je sais qu’on ne m’enlèvera pas que ma vie et ma peinture ne furent qu’une seule chose. » (Août 1985)


Maurice Rocher est né en 1918 à Évron, en Mayenne. À 14 ans, il réalise sa première toile sur le motif. Il présente également des dons pour l’écriture. À 18 ans, profondément croyant, il veut devenir moine dominicain : « cela a déterminé une grande partie de ma vie de peintre ». Il décide de prendre une autre voie et de devenir peintre.

Après des études à l’École d’Art Appliqué du Mans de 1934 à 1936, il voyage en Belgique en 1936 et découvre l’Expressionnisme flamand, grand choc de sa vie de peintre.  Il fait alors la rencontre de Maurice Denis à l’abbaye de Solesmes. De 1936 à 39 il parfait sa formation en suivant les cours de l’École des Beaux-Arts de Paris et entre dans les Ateliers d’Art Sacré, fondés par Maurice Denis et Georges Desvallières. Ces deux personnalités, qui œuvrent pour le renouveau de l’art sacré, le conduisent à prendre conscience des virtualités de la peinture comme expression tragique de l’existence.

Appelé sur le front en 1939, il reprend en 41 une activité artistique. C’est alors sa période mystique : peinture à sujets religieux (Pietàs, nativités, crucifixions hiératiques), vitraux à partir de 1943 (Saint Louis de Brest, Abbaye de Landevennec, Sainte Anne d’Auray, chapelle du Juvénat à Châteaulin) et fresques. En cette période il fait de nombreux séjours à l’abbaye de Solesmes.

En 1944, il se marie avec Geneviève Chevard avec laquelle il aura cinq enfants. Il est également professeur aux Ateliers d’Art Sacré et co-fondateur et professeur au Centre d’Art Sacré de 1948 à 1952, date à laquelle il reçoit le Prix de la Jeune Peinture de Paris. De 1944 à 1967, il effectue de nombreux séjours en Espagne, Belgique et Italie, et s’installe dans la région parisienne.

Maurice Rocher voulait constituer une œuvre, mais l'exposer n'était pas sa préoccupation. C’est ainsi de loin qu’il a observé dans les années cinquante le triomphe de l’abstraction, sans dévier de son chemin. Chemin ô combien douloureux : il a perdu la foi, après s’être consacré pendant plus de vingt ans à une peinture d’inspiration religieuse, notamment à travers son engagement dans les Ateliers d’Art Sacré de Maurice Denis et George Desvallières. Maurice Rocher était connu pour son réalisme noir, peignant dans une palette brun sombre les scènes de la Passion, de la Flagellation ou du Christ en souffrance, au détriment des signes de la grâce et de l’espérance.

Mais derrière ces aspirations hautement spirituelles se cachaient des pulsions et des désirs sensuels que l’homme nous livre dans son journal. Et ce n’est qu’en 1965, à 47 ans que Rocher s’est déchargé de cette tension. 1965 est une date clé : Rocher découvre le rouge, délaisse la réalisation de vitraux, et tourne définitivement le dos à un art d’inspiration religieuse. Désormais, il n’aura de cesse de représenter l’Homme dans sa totalité. « Le rouge a tout pris, tout envahi, tout a éclaté, la forme comme la couleur, c’était le sang, la violence, cette révolte qu’il fallait que j’assume un jour ou l’autre ». Mais la liberté, elle, n’est venue que bien plus tard.

Voir aussi sur CultureCie...

L'expo de Maurice Rocher à la Galerie Deborah Zafman (2008)

La rubrique "Portraits & Bios"

La rubrique "Art"


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Published by Elise Coupas - dans Portraits & Bios
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