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CULTURE & CIE

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CULTURE CIE & VOUS

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24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 04:17
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« Je crois que la véritable raison de l’immense succès des Chaussons rouges est la suivante : pendant dix ans on nous avait dit à tous d’aller mourir pour la liberté et la démocratie, et maintenant que la guerre était finie, Les Chaussons rouges nous disaient d’aller mourir pour l’art. » Michael Powell

Le pitch...

Une jeune danseuse, Vickie Page (Moira Shearer) est découverte par un célèbre impresario à la passion dévorante et dévoreuse, Boris Lermontov (Anton Walbrook) qui en fait la vedette d’un ballet créé spécialement pour elle : « Les Chaussons rouges ». Mais son mentor lui demande de sacrifier à sa carrière son amour pour un jeune compositeur. Déchirée entre ses deux passions, elle met fin à ses jours.

La critique...

La réalité de la première partie essentiellement consacrée à la laborieuse genèse du ballet est progressivement envahie par la fiction du conte : l’histoire de la danseuse aux chaussons rouges - qui, ensorcelée par des chaussons maléfiques, meurt d’avoir trop dansé - se superpose alors à celle des personnages au point de bouleverser leur destin.

« Film musical », ce drame en Technicolor pour lequel le chef-opérateur Jack Cardiff remporta l’Oscar en 1947, marqua un basculement dans la représentation de la danse au cinéma. Plus qu’un film sur la danse, c’est un film de danse, car Powell entremêle  savamment danse et cinéma pour créer une œuvre d’un genre nouveau.

Il réussit l’exploit d’intégrer 17 minutes du ballet des Chaussons rouges, mais… ce n’est pas un banal ballet filmé ! Powell crée un véritable ballet cinématographique, mêlant danse et ressources cinématographiques : fondus enchaînés, superpositions et transparences d’images, multiplicité des décors – dont certains semblent avoir été dessinés par De Chirico -, montage elliptique et juxtapositions de séquences rendent compte de l’ampleur et de la magnificence du ballet.

Léonide Massine y compose une interprétation magistrale en cordonnier maléfique, sorte de marionnettiste effrayant. Massine faisait partie des Ballets russes de Diaghilev et en effet, le film semble littéralement hanté par le souvenir de ces Ballets qui furent une source d’inspiration pour de nombreux artistes au début du siècle. On pense notamment à la collaboration entre Jean Cocteau, Picasso, Massine et Diaghilev pour le ballet manifeste « Parade », présenté en 1917 au Théâtre du Châtelet sur une musique d’Erik Satie, et dont on retrouve parfois l’esprit. Massine y interprétait d’ailleurs le rôle du prestidigitateur chinois. 

Toute la force de Powell réside dans le mélange de réalité et de fiction, d’histoire et de conte, de drame et de fantaisie pure, certaines scènes étant tout simplement magiques.
 
En détails...

DVD 1
- Présentation du film par Bertrand Tavernier
- Trois bandes-annonces de la collection Powell

DVD 2
- Souvenirs de Michael par Thelma Schoonmaker-Powell (Episode 1)
- Les audaces d’un aventurier par Bertrand Tavernier
- Autour des Chaussons rouges avec Ian Christie
- Un pas dans la danse par Yorgos Loukos

undefinedA noter...

« Les chaussons rouges » (« The red shoes ») - 1948 - Grande-Bretagne
Réalisateurs : Michael Powell et Emeric Pressburger
D’après le conte d’Andersen
Avec Moira Shearer, Anton Walbrook, Marius Goring, Leonide Massine, Robert Helpmann.
Couleur, 133 min.

Powell, Pressburger & autres classiques sur CultureCie...

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Published by Elise Coupas - dans Films en DVD
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