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CULTURE & CIE

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 08:33
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La fondation Cartier présente, pour la première fois en France, les oeuvres récentes du photographe américain Robert Adams, jusqu’au 27 janvier. Connu pour ses travaux sur la décrépitude du paysage américain, il surprend en livrant un véritable hymne à la nature et à l’art.

« On the Edge » : nous sommes dans l’extrême ouest américain, dans l’Etat de l’Oregon où vit Robert Adams. L’exposition, entièrement conçue par l’artiste, réunit environ cent cinquante photographies extraites de trois séries, prises entre 1990 et 2003. Ces séries sont divisées en deux parties qui confrontent deux types de paysage : en se tournant vers l’est, Robert Adams a photographié les vestiges d’une forêt primitive, ravagée par les coupes claires de l’industrie. Tandis qu’en se tournant vers l’ouest, il a photographié le Pacifique, barrière devant laquelle les aventuriers de la conquête de l’ouest n’ont pu que s’arrêter. Fidèle à son travail et à sa pensée qu’il a développés à travers de nombreux ouvrages depuis 1970, Adams tourne le dos à la tradition du paysage sublime américain et opère une déconstruction du mythe de l’Ouest sauvage, loin des clichés sur l’Amérique des grands espaces. Nous sommes en effet loin des paysages grandioses d’Ansel Adams !

Que nous donne t-il ainsi à voir ? Les traces ou plutôt les vestiges d’une des plus belles forêts pluviales du monde. Cette dénonciation écologiste l’a fait se ranger parmi le groupe des « New Topographics », du nom de l’exposition à laquelle Adams et d’autres photographes comme Lewis Baltz ou Frank Gohlke ont participé en 1975 à Rochester. Ils dénonçaient les saccages des paysages naturels causés par l’homme. Cette première partie est sans doute la plus difficile à appréhender : les photographies de petit format, en noir et blanc, se suivent et se répètent de manière assez monotone. Leur austérité, l’apparente distance vis-à-vis du sujet, la bi-dimensionnalité affirmée, la neutralité elle aussi apparente font penser à la photographie de style documentaire, objective et neutre. Mais il y bel et bien une personne derrière la caméra ! Cette simplicité des moyens est en effet mise au service de la dénonciation, de la révélation de ce que nous ne voyons pas.

robert-adams-on-the-edge-oregon.jpgSes oeuvres acquièrent un véritable souffle lorsque le photographe se tourne vers l’océan, et c’est avec cette magnifique série qu’il nous émeut, dépassant le discours écologiste convenu. Toujours pas de grandiloquence cependant : il faut se rapprocher et surtout prendre son temps pour apprécier toute la beauté de ces oeuvres. Car il s’agit bien d’une recherche de la Beauté et de la Forme chez Adams. Abandonnant en effet la clarté de ses débuts, il joue ici avec les ombres et les lumières dans de très subtils dégradés de noir et de blanc. Le rendu du mouvement des vagues, des matières et des détails, en particulier pour les transparences et les reflets sur l’eau, leur confère une véritable qualité picturale. Ses ciels sont aussi beaux que ceux d’Alfred Stieglitz qu’Adams admire tant !

Ses cadrages créent des sortes de compositions abstraites dont les éléments varient peu, à la manière des natures mortes cubistes. C’est peut-être là que l’on saisit le mieux la démarche d’Adams : la beauté est « synonyme de la cohérence et de la structure sous-jacentes à la vie ».

La beauté selon l’artiste a une valeur salvatrice contre la propagation du mal et de la laideur. Tout en nous amenant à prendre nos responsabilités, il nous invite au recueillement et nous offre une réflexion sur le passage du temps, avec ses résonances mélancoliques. Et c’est avec quelque regret que l’on doit s’en séparer…

A noter...

Robert Adams
“On the Edge” à la Fondation Cartier, jusqu’au 27 janvier inclus.

Fondation Cartier
261 bd Raspail 75014 Paris
Métro Raspail

Exposition ouverte tous les jours sauf le lundi de 11h à 20h. Nocturne le mardi jusqu’à 22h.

www.fondation.cartier.com


Deux livres liés à l'exposition sont en vente à la fondation : « Time Passes » et « En longeant quelques rivières ».

Les expos sur CultureCie...

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Published by Elise Coupas - dans Photographie
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