Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CULTURE & CIE

lire      écouter  voir  sortir   personnalités           films      expos  musique    news art    romans    concerts     ...

Rechercher

CULTURE CIE & VOUS

PARTENAIRES

18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 00:25

R.-Rogers.jpg
Le Centre Pompidou, qui fête cette année ses trente ans, rend hommage à Richard Rogers, architecte de son bâtiment avec Renzo Piano.
Sur 1150m2, cette rétrospective (bilingue français-anglais) propose une sélection des projets les plus représentatifs du travail de l’agence Richard Rogers, qui rend compte d'une véritable conception du monde et de la société derrière des maquettes et des dessins particulièrement bien agencés. Portrait d'un homme, d'une équipe et d'un art, l'exposition est aussi ludique qu'enrichissante.


L'espace dans le temps...


L’exposition "Richard Rogers + Architectes" présente le travail de Richard Rogers et de ses associés : des premières réalisations effectuées avec Norman Foster et Wendy Foster ainsi qu’avec Su Rogers, au sein de "Team 4" dans les années 1960, aux projets actuels de l’Agence "Rogers Stirk Harbour + Partners". Portrait architectural d'une facette de notre temps, l'exposition est aussi l'histoire d'une vie, d'une équipe et... d'une conception intime de l'architecture et de ses composantes.

RICHARD-ROGERS.jpgRogers n'est pas n'importe quel architecte: cette rétrospective est l’occasion de revenir sur la conception du Centre Pompidou dans les années 1970. Du bâtiment de la Lloyd’s à Londres au récent Terminal 4 de l’aéroport Barajas de Madrid en passant par la Zip-Up House de 1968 aux projets d’urbanisme de Lu Jia Zui à Shanghai, de nombreux projets sont ainsi abordés au travers de documents d’archives, de maquettes, de dessins, de photographies, de films et de textes spécialement produits pour l’occasion, le tout étant particulièrement convivial et pédagogique.

Croquis pour le Centre Pompidou © Piano+Rogers


L’exposition s’ouvre sur une fresque chronologique couvrant un mur de trente mètres qui permet au visiteur de saisir la richesse de plus de quarante ans de réflexion et de création. Chaque projet, réalisé ou non, est illustré d’une photo ou d’un dessin, faisant de ce panorama une véritable clef de lecture. Là, le spectateur est invité à partager la frustration de l'agence quant à certains projets: comme on est déçu que l'espace de congrès culturel espagnol n'ait jamais vu le jour !

Au bout de cette ligne du temps est diffusée une interview filmée de l’architecte et de ses collaborateurs qui présentent leur travail et leurs influences. Au cours de son interview, Rogers évoque les clés de son évolution: incroyable mais vrai, l'architecte a commencé par un projet ruineux et très ambitieux - la maison de ses beaux-parents - puis s'est ensuite concentré sur des matériaux moins chers et plus rapidement réalisables, non seulement à cause de cette expérience mais aussi parce qu'il avoue que ces réalisations lui paraissaient être en grand décalage avec la crise du logement qui sévissait alors à Londres. Il se concentre donc ensuite sur des projets moins élitistes et crée avec sa femme la "Zip up house", une maison industrielle qui casse les codes classiques avec des cubes osés et des couleurs inattendues.

L'espace d'une société...

C'est sans doute dans cette prise de conscience et cette envie de coller à son temps que s'enracine tout le travail à venir de Rogers et de son agence. Car
la présentation de cet ensemble conséquent de travaux passés et en cours permet d’illustrer la vision de Richard Rogers sur le rôle central que l’architecture peut jouer dans la constitution et le développement de nos sociétés: l'exposition rend très bien compte des préoccupations centrales de l'architecte, et dessine d'ailleurs une véritable "conception du monde", peut-être présente derrière tout travail d'architecture. L’architecture de Richard Rogers est fortement marquée par l’École anglaise des années 1970 ainsi que par ses origines italiennes, sensiblement perceptibles dans sa conception de la ville. Mais on retrouve dans ses soucis les inquiétudes majeures de notre temps: transparence, développement durable, lisibilité sont des mots qui font écho à tout citoyen du XXème siècle, qu'ils soient en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie.

La cinquantaine de projets présentés est donc répartie entre huit thèmes majeurs. Ces îlots urbains évoquent chacun un mot clef dans le vocabulaire architectural: "lisibilité", "transparence",
"public", "systèmes", "environnemental", "légèreté", "urbain", "travaux en cours". Les ensembles se distinguent les uns des autres grâce aux couleurs spécifiques des tables présentoirs. Dans chaque groupe, six ou sept projets sont étudiés, à travers des Richard-Rogers---archi.jpgmaquettes, des photos, des dessins et des films. Un ou plusieurs projets, particulièrement emblématiques du thème, sont mis en avant. Ainsi, le visiteur découvrira quelques réalisations incontournables de l’architecte à travers le monde, pénétrant cet univers particulier : le siège de la Lloyd’s (Londres), le Centre Pompidou (Paris), la Cour de Justice de Bordeaux, l’Assemblée Nationale du Pays de Galles (Cardiff), le Dôme du Millenium (Londres), un projet d’urbanisme à Shanghai, le Terminal 4 de l’aéroport Barajas (Madrid), le 88 Wood Street (Londres), ou encore l’immeuble Leadenhall (Londres). Ce dernier s’entoure des travaux en cours de l’agence "Rogers Stirk Harbour + Partners", au sein d’une thématique intitulée "Travaux en cours".


Tour Kabuki Cho, Richard Rogers Partnership © Katsuhisa Kida


L’ensemble intègre une "piazza" où les visiteurs sont invités à s’asseoir afin de découvrir le catalogue de l’exposition et d’autres publications relatives au travail de Richard Rogers, explorer le site internet de l’agence "Rogers Stirk Harbour + Partners", ou encore visionner les films réalisés sur les projets présentés.

La réussite d'une philosophie...

Les relations entre l’environnement urbain et l’intégration sociale fondent la vision de l’architecture de Rogers, et l’exposition témoigne de ces réflexions en mettant particulièrement en avant la problématique du développement durable qui influence son travail depuis le début de sa carrière.

Nouvelle-image--1-.jpgPortrait de l'un des architectes majeurs de notre temps, l'exposition est aussi une biographie très personnelle: à travers elle transpire une vision d'un métier, une conception d'un territoire évidemment mais aussi une conception de la société - société tout court, société "entreprise" aussi. C'est à la fois d'une approche artistique et d'une approche politique qu'il s'agit. Politique car il s'agit d'aménager des espaces publics, politique car il s'agit de diriger une agence et... si Rogers a une politique, il semblerait qu'elle soit particulièrement humaniste, ou paternaliste dans le bon sens du terme: protéger l'environnement, protéger les membres de son équipe, concevoir une entreprise "familiale"... comme on créerait une maison ?

Dans son interview, Rogers évoque ses premières influences: un père scientifique et une mère poète. Cette évidence, selon laquelle l'architecture se situerait parfaitement à mi-chemin entre une approche artistique et une approche mathématique, ressort particulièrement de cette exposition. A ces approches s'ajoute, chez Rogers tout du moins, une approche politique qui fait de l'architecture un art majeur et... le plus beau métier du monde ?

"Je suis heureux qu'une exposition présente le travail que nous avons réalisé, mes associés et moi-même, ces quarante dernières années. Je suis particulièrement excité qu'elle ait lieu au Centre Pompidou dans le cadre de la célébration de son trentième anniversaire. Concevoir et bâtir le Centre Pompidou a été l'une des meilleures expériences de ma carrière", confie Richard Rogers, qui a reçu le Prix Pritzker récompensant l’ensemble de son oeuvre en juin dernier.

L'exposition, qui
sera présentée au cours du printemps 2008 au Design Museum de Londres, a de quoi donner aux plus jeunes l'envie de se risquer à ce métier difficile. Portrait d'une vie "comme les autres", faite de concours de circonstances, de victoires et de hasards, de projets réalisés et d'entreprises avortées, l'exposition est surtout l'histoire d'une réussite, la réussite d'une carrière, mais aussi la réussite d'une philosophie, qui n'était pas promise à gagner.

A noter...

21 novembre 2007 - 3 mars 2008
11h00 - 21h00
Galerie sud, niveau 1
10€, 8€
Richard-Rogers---Architectes.jpg
Site du Centre Pompidou

Richard Rogers sur CultureCie...

La biographie de Richard Rogers
Le catalogue de l'exposition

Les expos sur CultureCie...

AR-Penck-Standart-70-72-Culturecie.jpgundefinedundefinedundefined




Partager cet article

Repost 0
Published by Axelle Emden - dans Architecture et design
commenter cet article

commentaires