Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CULTURE & CIE

lire      écouter  voir  sortir   personnalités           films      expos  musique    news art    romans    concerts     ...

Rechercher

CULTURE CIE & VOUS

PARTENAIRES

13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 00:36
Thomas-Dutronc.jpg
Il paraît qu'il faut avoir vingt ans, pour percer, aujourd'hui, dans la musique. Peut-être mais jeune, Thomas "ne savait rien". Alors il a attendu et, du haut de ses trente-quatre ans, Thomas Dutronc sort son premier album: "Comme un manouche sans guitare". Humour décapant et rythmes enlevés sont au rendez-vous.

La petite histoire...

Pas vraiment né dans la rue Thomas, alors désolé pour le chapitre "conte de fées" de l'artiste: il est bien "fils de" mais pourtant il a attendu, en bon perfectionniste, avant de nous présenter sa musique. Alors, manouche Thomas ? Et bien à dix-huit ans, bac en poche et fac d'art en cours,  il tombe amoureux des roulottes Rom et des campements sauvages tout fumant de jazz manouche ! Une vraie conversion, doublée d’une longue, humble et patiente initiation…

En quelques années de totale immersion, Thomas ne vit plus qu’en maltraitant dans l’allégresse ses malheureux dix doigts - moins un, qui reste obstinément en l’air, sans doute par esprit de contradiction - sur les cascades de notes brûlantes jadis déversées sur une planète blême d’ébahissement par un Django Reinhardt aussi désinvolte qu’intouchable. Vous parlez d’une ascèse dans un monde formaté à la minute de vide vendue au kilo de pub ! Mais Thomas n’en a cure. Tout à la fois la proie et l’aiguillon de sa passion, il mène son chemin, gagne ses galons et le respect de ses rudes pairs, tel Bireli Lagrene, qui est à Django ce que Stevie Ray Vaughan est à Jimi Hendrix, excusez du peu !

Quand Thomas ne joue pas à perdre haleine avec ses amis manouches, il bricole des chansons avec ses copains d’enfance, parce que ça le travaille aussi, évidemment. Et petit à petit, les expériences acquises et les rencontres de hasard aidant, tout ça le mène vers un spectacle fait de pans de rêves éparpillés, de sketches foutraques, de bouts de ficelles incandescentes et, surtout, surtout, de fraternelle créativité : « Thomas Dutronc et les esprits manouches »…

Au départ, le disque n’existait même pas à l’état de projet secret, mais il faut bien faire entendre des bouts de ce qu’on mitonne aux gens que ça concerne… Et comme de bout en bout, le temps a passé, et que 75 représentations de plus en plus torrides en deux ans l’ont comblé, ce qui n’était que grappes de samples et d’extraits est devenu le disque que voilà... pour le plus grand bonheur du public !

La bonne surprise...

Ce qui est extra chez Thomas Dutronc, c'est qu'en plus d'être un excellent musicien au grand coeur, c'est un très grand humoriste. On dit que les premiers disques ou les premiers romans ne sont pas le fruit de quelques mois de travail mais de toute une vie. Et bien, c'est ce qui se dégage de ce premier album : trente-quatre années de vies et d'influences et plus d'une facette d'une personnalité étonnante. Un grand sérieux, du n'importe quoi, de la profondeur, du jeu, du sarcasme... Thomas Dutronc nous donne à entendre les multiples visages de son nomadisme musical.

Les influences ? S'il est évident que cet album ne ressemble à aucun autre, on peut avouer avoir pensé aux "deux guitares" d'Aznavour et à sa mama yiddishe en entendant l'air transportant de "Veish a no drom" mais... quand Thomas chante, c'est autre chose: "N.A.S.D.A.Q." (Thomas Dutronc / Jérome Ciosi) s'éclate à se moquer gentiment des jeunes financiers tandis que "Je les veux toutes"  (Thomas Dutronc / Thomas Dutronc & Bertrand Papy) avoue une gourmandise insatiable pour les femmes. Des mélodies tziganes, des racines jazzy qui ne sont pas sans rappeler Django, des ralentis qui évoquent le dernier Salvador ("Viens dans mon île") ou Françoise Hardy, comme la voix de Marie Modiano avec laquelle Thomas chante des coeurs solitaires troublants... ingénieux mélange des genres que cet opus, qui surfe en permanence entre les styles, posant la variété française sur des airs brésiliens ou des textes barrés sur des hymnes à l'amour.

L'humour y est disséminé avec plus ou moins de cynisme et d'ironie, de souvenirs aussi, comme avec une "malus track" qui s'exaspère et qui s'amuse de ces autres qui ne parlent que du papa Dutronc. Bel hommage que ce "houdon jazz", clin d'oeil à Jacques que l'on retrouve dans "J'aime plus Paris", au creux d'un des jeux de mots dont Thomas a le secret. Miroir amusé de la morosité ambiante et de la fin d'une ville qui reste la plus belle, le titre remporte notre coup de coeur: rythme enlevé, solo de guitare et textes justes en font une chanson incontournable, qui s'inscrit quant à elle parfaitement dans l'atmosphère de la nouvelle scène française. Mais le titre le plus incroyable reste sans aucun doute "Des frites bordel", hymne déroutant qui nous piège avec sa mélancolie accrocheuse pour se lâcher totalement dans un humour clownesque... Thomas Dutronc est barré et l'assume et nous, on adore.

Au final l'album de Thomas Dutronc s'écoute, se lit, se regarde: on s'esclaffe, on se perd entre les fous-rires et la nostalgie, et on est ainsi tenu en haleine, sur le fil très personnel d'un acrobate étourdissant.

Le teaser...

 



A noter...

Thomas Dutronc
"Comme un Manouche sans Guitare"
Sortie le 30 octobre 2007
Chez ULM
14,50 euros
Lien Amazon

Thomas Dutronc est à l'Olympia les 20 et 21 novembre 2008

Site officiel : www.thomasdutronc.fr

www.myspace.com/thomasdutronc

Voir aussi sur CultureCie...


a-new-day-yesturday-bonamassa.jpgcopie_de_vanessa_paradis_2007.jpgcopie_de_jeanne_cherhal_01-_v.archeno.jpg

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Axelle Emden - dans CDs
commenter cet article

commentaires