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CULTURE & CIE

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4 octobre 2007 4 04 /10 /octobre /2007 11:49
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Le dernier roman de Maurice G. Dantec est l'addition de trois nouvelles qui n'en font qu'une. Trois nouvelles, en apparence, éloignées les unes des autres. En apparence seulement. L'apparence étant durant 566 pages l’une des clefs d’Artefact, machine à écrire 1.0, on a envie de s’y pencher pour entrevoir ce qu’elle cache.

1 + 1 + 1 = 1. A part le fil rouge du simulacre, pour parler comme Baudrillard, l’autre principe d’Artefact est la trinité: avion / tour / feu pour la première fiction ; narrateur / machine à écrire / papier pour la deuxième ; image/Net/PC pour la dernière. Quant aux trois personnages principaux, ne sont-ils pas en fin de compte la même et unique personne ?

Un an après « Grande Jonction », Maurice G. Dantec continue à questionner ce qui unit créateur, narrateur et lecteur. Un lecteur qui sera, lui, baladé par le narrateur au cœur même du processus. Là ou justement se situe la plus intéressante des trois fictions, là où le pli fait joindre deux extrémités, référence à Deleuze oblige.

Cette seconde fiction met le lecteur en face de lui même. Les deux autres nouvelles n'étant que des projections inversées l'une de l'autre. Un héros, mi-homme mi-extraterrestre qui sauve une fille dans les Twin Towers en feu et un tueur qui s'associe au démon pour diffuser ses messages de mort via le web. D'un côté un héros, de l'autre un monstre. Au milieu la synthèse des deux : le lecteur.

Maurice G. Dantec, comme il le répète souvent dans ses interviews, veut entrer dans les cortex de ses lecteurs via les phrases qu'il tape sur son Macintosh. Précisons que « l'auteur nord américain de langue française » ne se prend pas pour le très haut, même après avoir été baptisé ! Mais il semble que depuis sa conversion, toute l'exégèse biblique inspire à Dantec un avenir christique mis en fiction. Le catholique du futur est-il en train de se répéter depuis déjà l'immense Villa Vortex? Ou bien tente t-il d’approcher les thèmes paranoïaques et métaphysiques de son mentor Philip K. Dick ?

L'auteur polémiste est peut être difficile à cerner tant il bouscule le premier commandement de la littérature : un auteur raconte une histoire à un lecteur. Un peu comme Mark Z. Danielweski qui, lui, déstructure la forme de l’écrit, Dantec préfère perdre son lecteur sur le fond. Embarquement immédiat pour les abysses. A charge pour celui-ci de trouver les raisons qui l'ont poussé à faire défiler les lettres du roman, de gauche à droite.

Comment conclure et donner envie de lire ce roman atypique ? Peut être en laissant de côté les polémiques médiatiques du prophète de malheur et simplement en se réjouissant d'avoir là un écrivain capable de faire vivre une expérience à son lecteur... le but inavoué de toute littérature n’est-il pas de bouleverser une existence ?

A noter...

Paru en août 2007
Chez Albin Michel
566 pages
23 euros

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Published by Yacim Bensalem - dans Romans & Nouvelles
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